mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2203081 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 avril 2022 et 5 décembre 2022, Mme C A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le préfet du Nord a classé sans suite sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa situation.
Elle soutient que :
- elle n'a jamais reçu les convocations de la préfecture ;
- le préfet aurait dû s'assurer que ses convocations lui étaient bien parvenues ou lui adresser par un autre moyen.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boileau a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A B, ressortissante camerounaise née le 28 novembre 1985, était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans en qualité de salariée, valable jusqu'au 5 avril 2021. Elle a sollicité la délivrance d'une carte de résident auprès de la préfecture du Nord le 23 mars 2021. Elle a été munie d'un récépissé de demande valable du 12 octobre 2021 au 11 avril 2022 et, par une décision du 7 mars 2022, le préfet du Nord a classé sa demande sans suite et l'a invitée à présenter une nouvelle demande. Par la présente requête, Mme A B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 433-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 426-18, l'étranger qui séjourne en France au titre d'un visa de long séjour tel que défini au 2° de l'article L. 411-1, d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle peut solliciter la délivrance de la carte de résident () ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " La délivrance ou le renouvellement du titre de séjour à un étranger est subordonné à la collecte, lors de la présentation de sa demande, des informations le concernant qui doivent être mentionnées sur le titre de séjour selon le modèle prévu à l'article R. 431-1, ainsi qu'au relevé d'images numérisées de sa photographie et, sauf impossibilité physique, des empreintes digitales de ses dix doigts aux fins d'enregistrement dans le traitement automatisé mentionné à l'article R. 142-11. ".
3. Si le préfet peut constater le renoncement à une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour après l'absence du demandeur aux convocations, il doit s'assurer que cette absence n'est pas due à des circonstances extérieures à la volonté de l'administré.
4. Mme A B soutient n'avoir reçu aucune des convocations de la préfecture. D'une part, s'il ressort des pièces du dossier que le préfet du Nord a envoyé des convocations à l'adresse mail de Mme A B les 24 mars 2021, 28 mai 2021, 6 juillet 2021 et 21 septembre 2021, aucun élément ne vient prouver la réception de ces mails. D'autre part, Mme A B a contacté la préfecture les 8 juin 2021 et 4 août 2021 pour faire part de son inquiétude de n'avoir eu aucun retour sur sa demande de carte de résident. Le préfet aurait dû, au regard des démarches effectuées par Mme A B, adresser une convocation au domicile de l'intéressée, comme il l'a au demeurant fait pour lui notifier son récépissé de demande de carte de séjour et la décision contestée, avant de classer sans suite sa demande. Par suite, Mme A B est fondée à demander l'annulation de la décision du 7 mars 2022.
5. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement que le préfet du Nord réexamine la situation de Mme A B. Il y a par suite lieu d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à ce réexamen dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 7 mars 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de réexaminer la demande de Mme A B, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au préfet du Nord.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
M. Perrin, premier conseiller,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOILEAU
La présidente,
signé
A-M. LEGUIN La greffière,
signé
S. SING
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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