jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2204270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, M. B A, représenté par Me Lequien, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 11 avril 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours dirigé contre la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Nord a refusé de renouveler sa carte d'agent privé de sécurité ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer la carte professionnelle sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle méconnaît l'article L. 612-20-4° bis du code de la sécurité intérieure ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juillet 2024.
Les parties ont été informées de ce que, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, la décision était susceptible d'être fondée sur un moyen d'ordre public tiré de ce que la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS était en situation de compétence liée pour refuser de délivrer au requérant la carte professionnelle sollicitée, dès lors qu'à la date de la décision attaquée, ce dernier n'était pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Jouanneau,
- et les conclusions de Mme Dang, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 22 décembre 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle (CLAC) Nord a refusé à M. A le renouvellement de sa carte d'agent privé de sécurité. M. A a exercé un recours administratif, reçu par la commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 11 février 2022. Une décision implicite de rejet est née le 11 avril 2022. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par une décision explicite du 21 juillet 2022, la CNAC du CNAPS a rejeté le recours de M. A contre la décision de la CLAC Nord refusant de renouveler sa carte d'agent privé de sécurité. M. A doit ainsi être regardé comme demandant l'annulation de cette décision, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet précédemment née du silence gardé par la CNAC sur son recours administratif préalable obligatoire reçu le 11 février 2022.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable à la décision en litige : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / () 4° bis Pour un ressortissant étranger ne relevant pas de l'article L. 233-1 du même code, s'il n'est pas titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne justifie pas de la détention d'un titre de séjour depuis au moins cinq ans à la date de la décision en litige. En effet, il était sans titre de séjour au cours des périodes du 17 novembre 2016 au 18 septembre 2017, du 19 septembre 2018 au 21 octobre 2019 et du 22 avril 2020 au 1er novembre 2020. Dans ces conditions, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS, qui était tenue de refuser à l'intéressé la délivrance de la carte professionnelle demandée sur le fondement du 4° bis de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, a fait une exacte application des dispositions précitées, qui n'opèrent aucune distinction, suivant qu'il s'agisse d'une première demande ou d'une demande de renouvellement de carte professionnelle.
5. En troisième lieu, M. A ne peut utilement invoquer ses références professionnelles ou les conséquences de la décision de refus qui lui a été opposée sur sa situation personnelle.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de la décision de la CNAC du CNAPS doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Barre, conseillère,
M. Jouanneau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
S. JOUANNEAU
Le président,
Signé
M. PAGANEL La greffière,
Signé
D. WISNIEWSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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