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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205254

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205254

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205254
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formationjuge unique (6)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2022, Mme C B demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 3 octobre 2022, prise sur recours administratif préalable, par lesquelles la caisse d'allocations familiales du Nord, sur avis de la commission de recours amiable, a confirmé les décisions du 3 décembre 2020 lui notifiant des indus :

- de prime d'activité d'un montant de 324,74 euros (IM3001) pour la période de décembre 2019 à avril 2020 ;

- des aides exceptionnelles de fin d'année 2019 et 2020 pour la somme totale de 304,90 euros (ING/001 et ING/002) ;

- d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant total de 300 euros (INQ/001 et INQ/002) pour la période de mai à novembre 2020 ;

2°) d'annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le président du conseil départemental du Nord sur son recours administratif préalable, adressé le 11 juillet 2022, contre la décision du 3 décembre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales du Nord lui a notifié deux indus de revenu de solidarité active (INK/008 et INK/009) d'un montant total initial de 2 803,77 euros.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- elle ne se trouve pas en situation en maritale avec M. A ;

- elle ne lui reste que 756 euros par mois pour vivre.

Par des mémoires, enregistrés le 20 juillet 2022 et le 22 novembre 2022, la caisse d'allocations familiales du Nord conclut :

1°) à sa mise hors de cause s'agissant du revenu de solidarité active ;

2°) au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- les indus relatifs au revenu de solidarité active relèvent de la compétence du président du conseil départemental ;

- le contrôle effectué par l'agent assermenté et agréé démontre une communauté d'adresse, une vie commune au 14 septembre 2019 et d'une communauté d'intérêts affectifs et financiers ;

- lors de la grossesse durant l'année 2020, elle a déclaré être en situation de célibat ;

- la requérante et son compagnon n'ont pas déclaré les changements de situation professionnelle intervenus en 2018, ni l'intégralité des ressources perçues ;

- la perte du bénéfice du revenu de solidarité active pour la période de novembre 2019 à mai 2021 entraîne la perte du bénéfice des aides exceptionnelles de fin d'année pour les années 2019 et 2020 ; de même pour les aides exceptionnelles de solidarité de mai et novembre 2020.

Par un mémoire, enregistré le 6 juin 2024, le département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'il doit être mis hors de cause en ce qui concerne les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité et que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code civil ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 ;

- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Riou a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un contrôle mené par un agent agréé et assermenté de la caisse d'allocations familiales du Nord le 16 juin 2021, il a été constaté que Mme C B, allocataire, qui avait déclaré être célibataire, vivait avec, M. A, son compagnon, depuis le 14 septembre 2019. Les deux compagnons ont omis de déclarer leur changement de situation professionnelle et les changements de ressources perçues. A la suite d'une régularisation du dossier de M. A, ce dernier a été informé, par plusieurs courriers du 10 mai 2020, que les indus visés ci-dessus de revenu de solidarité active, de prime d'activité, d'aides exceptionnelles de fin d'années 2019 et 2020 et d'aide exceptionnelle de solidarité, pour une période comprise entre novembre 2019 et février 2021 allaient être transférées sur le compte allocataire du couple, sous le numéro d'allocataire 1295703 de Mme B. Par un recours administratif préalable obligatoire le 11 juillet 2022, reçu le jour même, Mme B a saisi la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'ensemble de ces indus. Par des décisions rendues le 3 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales a confirmé les indus prononcés. Par une décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le président du conseil départemental du Nord, l'indu de revenu de solidarité active a, également, été confirmé. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme contestant les décisions précitées.

Sur les demandes de mise hors de cause :

2. D'une part, la caisse d'allocations familiales du Nord, chargée du service de l'allocation du revenu de solidarité active pour le compte du département du Nord, est fondée à demander sa mise hors de cause en ce qui concerne l'indu de revenu de solidarité active.

3. D'autre part, le département du Nord est fondé à demander sa mise hors de cause pour les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité, relatifs à des aides versées pour le compte de l'Etat.

Sur l'office du juge :

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, la prime d'activité, d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du président du conseil départemental du Nord :

5. Aux termes de l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles : " Le revenu de solidarité active a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle ". Aux termes de l'article L. 262-2 de ce code : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " () / L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 262-6 dudit code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. / () ".

6. De plus, aux termes de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. ".

7. Il résulte de ces dispositions que les ressources prises en considération pour le calcul du revenu de solidarité active sont celles qui sont perçues par le bénéficiaire, son conjoint, son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité et les personnes vivant habituellement au foyer. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.

8. Et aux termes de l'article L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale () ". Aux termes de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés () le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. (). Les constatations établies à cette occasion par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. "

9. Il résulte de l'instruction que le contrôleur assermenté et agréé de la caisse d'allocations familiales du Nord, qui a effectué un contrôle de la situation de Mme B et de M. A, a conclu, par un faisceau d'indices, que les intéressés présentaient une communauté d'adresse depuis l'année 2014, une communauté de vie à compter du 14 septembre 2019 en l'absence de justificatifs de la part de M. A de recherche d'un logement indépendant et en raison d'échanges financiers, portant notamment sur les prestations touchées par M. A et ses salaires, et une communauté de vie affective résultant de la naissance D le 8 février 2021, date à laquelle Mme B a déclaré une communauté de vie maritale au service de la caisse d'allocations familiales. Il résulte, en outre, de l'instruction et notamment du rapport d'enquête dressé le 26 janvier 2022, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que l'intéressée admet qu'ils sont " amis ", que M. A est hébergé gracieusement depuis 2014, ce qui a entraîné des échanges financiers entre les deux, même si ces échanges résultent, également, de problèmes bancaires rencontrés par M. A. Par suite, si l'intéressée explique que les échanges bancaires entre les deux intéressés résultent de la fermeture de leur compte bancaire respectif, ces seuls éléments ne sont pas suffisants pour remettre en cause les constations mentionnées dans le rapport d'enquête et à caractériser l'absence de vie d'adresse, de communauté de vie et une communauté d'intérêt de vie affective. Dans ces conditions, les éléments révélés par le contrôle de la caisse d'allocations familiales du Nord constituent un faisceau d'indices suffisamment précis, circonstanciés et concordants conduisant à prendre en compte, depuis le 14 septembre 2019, la communauté de vie et les ressources des deux membres du foyer. Par conséquent, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle le président du conseil département du Nord a confirmé l'indu de revenu de solidarité active.

Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions du 3 octobre 2022 :

En ce qui concerne la prime d'activité :

10. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. ". Aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ". Aux termes de l'article R. 842-3 de ce code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ; et / 3° Des enfants et personnes à charge remplissant les deux conditions suivantes : / a) Ouvrir droit aux prestations familiales ou avoir moins de vingt-cinq ans et être à la charge effective et permanente du bénéficiaire ou de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité à condition, en cas d'arrivée au foyer après le dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou son partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus ; / b) Ne pas bénéficier ou avoir bénéficié, au cours de l'année civile de droit, de la prime d'activité en tant que bénéficiaire ou conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité d'un bénéficiaire. ".

11. En application de l'article R. 846-5 du même code, il appartient au bénéficiaire de la prime d'activité de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. L'article R. 844-1 du même code précise qu'ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent l'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée.

12. Aux termes de l'article 1302 du code civil : " Tout paiement suppose une dette ; ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution / () ". Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () ".

13. En l'espèce, il résulte du rapport d'enquête dressé le 26 janvier 2022, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme B n'a pas déclaré l'ensemble de ses salaires. En soulignant le caractère non intentionnel de cette omission et en se bornant, dans son recours administratif, à indiquer " elle n'a pas gagné grand-chose " avec son travail d'aide à domicile, Mme B ne remet pas en cause le bien-fondé de l'indu. Par suite, pour les motifs qui précédent et du fait de cette omission, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'indu de prime d'activité d'un montant de 324,74 euros (IM3001) pour la période de décembre 2019 à avril 2020.

En ce qui concerne les aides exceptionnelles de fin d'année au titre des années 2019 et 2020 :

14. Aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d''année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite, repris en termes identiques pour l'année 2020 par le décret du 29 décembre 2020 visé ci-dessus : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code. / Une seule aide est due par foyer ". Aux termes de l'article 6 du décret : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue. ".

15. Il résulte de ces dispositions que les aides exceptionnelles au titre des années 2019 et 2020 ne devaient être versées qu'aux allocataires du revenu de solidarité active qui avaient droit à cette allocation au titre du mois de novembre de chacune de ces années. Toutefois, ainsi qu'il a été dit précédemment, Mme B n'avait pas droit au revenu de solidarité active pour la période de novembre 2019 à mai 2021. Par conséquent, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des indus de primes exceptionnelles de fin d'année pour la somme totale de 304,90 euros (ING/001 et ING/002).

En ce qui concerne les aides exceptionnelles de solidarité des mois de mai et de novembre 2020 :

16. Aux termes de l'article 1 du décret du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires : " I. Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins l'une des allocations suivantes : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " I. - Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er du présent décret ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois d'avril ou de mai ne soit pas nul. () ". Et aux termes de l'article 4 du même décret : " I. - Tout paiement indu de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle le versement de l'aide exceptionnelle a été perçu. II. - Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale () sont applicables au recouvrement des montants indûment versés de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret par les caisses d'allocations familiales () ".

17. Aux termes de l'article 1 du décret du 27 novembre 2020 : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : / 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " I. - Les bénéficiaires du revenu de solidarité active mentionné au 1° de l'article 1er ont droit, au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité, à un versement de 150 euros sous réserve que le montant de leur allocation dû au titre du mois de septembre ou d'octobre ne soit pas nul. () ". Et aux termes de l'article 4 du même décret : " I. - Tout paiement indu de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle le versement de l'aide exceptionnelle a été perçu. II. - Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale () sont applicables au recouvrement des montants indûment versés de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret par les caisses d'allocations familiales () ".

18. Il résulte de ces dispositions que le paiement des aides exceptionnelles de solidarité était subordonné au bénéfice du revenu de solidarité active. Pour les mêmes motifs qui précèdent au point 17 du présent jugement, Mme B n'avait pas droit au revenu de solidarité active pour la période de novembre 2019 à mai 2021. Par conséquent, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des indus de primes exceptionnelles de fin d'année pour la somme totale de 300 euros (INQ001 et INQ002).

19. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La caisse d'allocations familiales du Nord est mise hors de cause s'agissant de la contestation de l'indu de revenu de solidarité active.

Article 2 : Le département du Nord est mis hors de cause s'agissant de la contestation des indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité.

Article 3 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au département du Nord et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie pour information sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J.M. Riou

La greffière,

signé

I.Baudry

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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