LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2205550

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2205550

mardi 4 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2205550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantINGELAERE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme C..., attachée territoriale de la région Hauts-de-France, qui demandait réparation pour harcèlement moral et discrimination. La requérante n'a pas apporté d'éléments suffisants pour caractériser des agissements de harcèlement, et l'administration a démontré que les faits invoqués (surcharge de travail, contrôle, refus d'aménagements) étaient justifiés par des considérations objectives. Le tribunal a appliqué l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique et la jurisprudence relative à la charge de la preuve en matière de harcèlement moral.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juillet 2022, Mme B... C..., représentée par la SELARL Ingelaere & Partners - avocats, demande au tribunal :

1°) de condamner la région Hauts-de-France à lui verser la somme de 20 000 euros en réparation du préjudice qu’elle estime avoir subi ;

2°) de mettre à la charge de la région Hauts-de-France la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- elle a été victime d’agissements discriminants et constitutifs de harcèlement moral ;
- elle a subi un préjudice moral.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2023, la région Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- sa responsabilité ne peut être engagée ;
- la réalité de préjudice allégué n’est pas démontrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Boileau,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- les observations de Mme C...,
- et les observations de Mme A..., représentant la région Hauts-de-France.


Considérant ce qui suit :

Mme B... C..., titulaire du grade d’attaché territorial, est employée par la région Hauts-de-France en qualité de chargée de mission et est affectée à la direction Europe où elle instruit les dossiers du programme du Fonds social européen. Le 12 avril 2022, elle a demandé à la région Hauts-de-France de l’indemniser du préjudice subi en raison du harcèlement moral et de la discrimination dont elle estime avoir été victime. Par une décision du 23 mai 2022, le président de la région Hauts-de-France a rejeté sa demande.

Sur les conclusions indemnitaires :

Aux termes de l’article L. 133-2 du code général de la fonction publique : « Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ».

Il appartient à l’agent public qui soutient avoir été victime de discriminations ou d’agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de caractériser l’existence de tels agissements. Il incombe à l’administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à toute discrimination et à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d’apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au regard de ces échanges contradictoires, qu’il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d’instruction utile. En outre, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu’ils sont constitutifs d’un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte de l’ensemble des faits qui lui sont soumis, y compris des comportements respectifs de l’agent auquel il est reproché d’avoir exercé de tels agissements et de l’agent qui estime avoir été victime d’un harcèlement moral.

Pour démontrer l’existence d’agissements constitutifs de harcèlement moral, Mme C... se prévaut d’abord d’une surcharge de travail et d’un contrôle excessif de ses prestations. Il résulte de l’instruction que si Mme C..., qui exerçait au demeurant ses fonctions à temps complet, a pris en charge autant de dossiers que ses collègues, il n’est pas établi que la région Hauts-de-France lui aurait demandé de compenser ses absences justifiées. Par ailleurs, si la requérante se prévaut de ce que son travail aurait fait l’objet d’une mesure d’audit, il résulte également de l’instruction que le choix des dossiers audités est fait par la commission interministérielle de coordination et de contrôle et non par la région et que cette commission a ciblé comme prioritaire une thématique sur laquelle Mme C... travaille. L’intéressée ne conteste pas qu’elle a été déchargée des entretiens induits par cet audit, qui ont été assurés par son supérieur. En outre, il résulte de l’instruction que ses évaluations sont laudatives quant à ses qualités professionnelles.

Mme C... se prévaut ensuite de refus opposés à ses demandes d’aménagement de ses conditions de travail. S’il résulte de l’instruction que la requérante a souhaité réaliser ses déplacements professionnels avec son véhicule personnel, aucun élément ne vient établir que ce choix serait justifié par le refus de la région de mettre à sa disposition un véhicule équipé d’une boite automatique. Il ne résulte pas plus de l’instruction que l’intéressée aurait sollicité une participation financière de la région pour l’achat de son véhicule. Mme C... soutient également que la région ne lui a pas remboursé les frais médicaux liés à sa maladie professionnelle. Toutefois, à l’exception de deux refus justifiés par l’absence de lien avec la pathologie de l’intéressée, il ne résulte pas de l’instruction que la requérante aurait adressé des demandes de prise en charge des frais de santé qui auraient été refusées par l’administration. S’agissant de la communication des expertises médicales, il résulte de l’instruction que si la région avait initialement opposé un refus, ces expertises ont été communiquées à la requérante le 18 décembre 2019, soit quelques jours après la saisine de la Commission d’accès aux documents administratifs. Mme C... soutient également que son employeur n’a pas tenu compte des difficultés d’organisation auxquelles elle était confrontée en sa qualité de mère d’un enfant porteur d’un handicap. S’il résulte de l’instruction qu’un refus a été initialement opposé à sa demande tendant à bénéficier d’une journée d’absence pour enfant malade le 4 décembre 2019, au motif que les autorisations spéciales d’absence pour enfant malade ne pouvaient être accordées pour couvrir un jour de grève dans un établissement scolaire, cette autorisation lui a été accordée dès qu’elle a produit un certificat médical pour son enfant. S’agissant de la période liée aux confinements dus à l’épidémie de covid-19, il ne résulte pas de l’instruction que sa situation de mère d’un enfant handicapé n’ait pas été prise en compte par l’employeur de Mme C..., qui n’a fait que rappeler les règles applicables tout en faisant par ailleurs preuve d’une certaine souplesse à son égard. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction qu’une délégation syndicale ait été refusée à Mme C....

Mme C... se prévaut également de ce qu’elle aurait été délibérément placée en situation d’isolement sur son lieu de travail. Il résulte de l’instruction que si l’intéressée a dû changer de bureau en mai 2020 afin d’accueillir un nouveau collègue, elle n’a à aucun moment sollicité les services techniques de la région pour l’assister lors du déménagement de ses affaires. De la même manière, l’absence de téléphone dans ce nouveau bureau s’explique par une panne dont le temps de réparation est imputable à la désorganisation liée à la période d’épidémie. Si la requérante se prévaut d’erreurs et de retards pris dans la gestion de sa situation administrative, il ne résulte pas de l’instruction que la région se serait montrée défaillante voire malveillante à cet égard, comme le démontre la prise en compte dans un délai plus que raisonnable de la déclaration faite par Mme C... d’un accident de service survenu le 21 juin 2021.

Il résulte de tout ce qui précède que les faits énoncés ne peuvent être considérés comme traduisant des agissements constitutifs de harcèlement moral à l’égard de Mme C.... Par suite, l’intéressée n’est pas fondée à soutenir que la région Hauts-de-France aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité et les conclusions indemnitaires présentées doivent être rejetées.

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la région Hauts-de-France, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C... demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.



D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... et à la région Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,
Mme Piou, première conseillère,
M. Boileau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2025.


Le rapporteur,
signé
C. Boileau
La présidente,
signé
A-M. Leguin


La greffière,

signé


S. Sing



La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,




Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions