Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés, les 18 août 2022 et 21 février 2023, l’association Groupement pour la défense de l’environnement de Montreuil et du Pas-de-Calais demande au tribunal :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 25 novembre 2021 par lequel le maire de Saint-Josse-sur-Mer a délivré à M. B... A... un permis de construire pour l’édification d’une maison individuelle sur un terrain cadastré 752 ZA 111, situé route départementale 139, sur le territoire communal ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Josse-sur-Mer la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le gestionnaire de la voie publique n’a pas été consulté, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme ;
- le dossier de permis de construire est incomplet sur l’état initial du terrain et ses abords, notamment sur la végétation et les éléments paysagers existants, sur les plantations prévues et le parti d’aménagement retenu ; il est également incomplet en ce qu’il est silencieux sur les risques liés aux phénomènes de retrait et gonflement d’argile, ainsi que de remontée des nappes ;
- le classement en zone UB de la parcelle d’assiette du projet autorisé, dont l’illégalité est invoquée par voie d’exception, est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;
- l’arrêté attaqué méconnait les dispositions de l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 novembre 2022, M. B... A..., représenté par Me Voituriez, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- elle est également irrecevable en l’absence d’un intérêt à agir suffisant et compte tenu de l’absence de qualité pour agir du directeur de l’association.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2022, la commune de Saint-Josse-sur-Mer, représentée par Me Desmazières, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- elle est également irrecevable en l’absence d’un intérêt à agir suffisant et compte tenu de l’absence de qualité pour agir du directeur de l’association.
Par un courrier du 2 décembre 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer sur la requête dans l’attente de la régularisation des vices tenant au défaut d’avis du gestionnaire de la voie départementale quant à la création d’un accès ainsi qu’à l’insuffisance du dossier quant à la présentation de l’état initial du terrain et des plantations à conserver.
Des observations présentées pour la commune de Saint-Josse-sur-Mer en réponse à ce moyen relevé d’office ont été enregistrées le 8 décembre 2025 et communiquées le même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Boileau,
- et les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 25 novembre 2021, le maire de Saint-Josse-sur-Mer a accordé à M. A... un permis de construire pour l’édification d’une maison individuelle sur la parcelle cadastrée 752 ZA 111, située route départementale 139, sur le territoire communal. Par sa requête, l’association Groupement pour la défense de l’environnement de Montreuil et du Pas-de-Calais (GDEAM) demande au tribunal d’annuler cet arrêté.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
En premier lieu, aux termes de l’article R. 600-2 du code de l’urbanisme : « Le délai de recours contentieux à l’encontre d’une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d’un permis de construire, d’aménager ou de démolir court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15 ». Aux termes de l’article R. 424-15 de ce code : « Mention du permis explicite ou tacite ou de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l’extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l’arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. Cet affichage n’est pas obligatoire pour les déclarations préalables portant sur une coupe ou un abattage d’arbres situés en dehors des secteurs urbanisés (…) ».
Pour justifier de l’affichage continu de la mention du permis de construire durant deux mois, le pétitionnaire produit un procès-verbal d’huissier dressé le 13 septembre 2022, depuis son officine. Il ressort de ce procès-verbal qu’un panneau d’affichage a été photographié par la famille du pétitionnaire et lui-même les 4 décembre 2021 et 1er février 2022. Seule la photo du 4 décembre 2021 permet d’apprécier le contenu de ce panneau d’affichage. Les autres photos produites à l’huissier sont datées des 20 juin et 30 janvier, sans que l’année soit précisée. Le pétitionnaire produit également des attestations d’intervenants sur le chantier et d’un voisin, témoignant de la présence d’un panneau d’affichage à différentes dates comprises entre fin décembre 2021 et mai 2022, sans précision des mentions portées sur ledit panneau. L’association requérante, quant à elle, produit deux attestations de ses membres déclarant être passés régulièrement devant la parcelle de M. A... et n’avoir constaté la présence du panneau d’affichage relatif au permis de construire accordé qu’à partir du mois de juin 2022. Il ressort également des pièces du dossier que le panneau figurant sur les photos reprises dans le constat d’huissier n’est pas le même que celui figurant sur la photo produite par le GDEAM. Au regard de ces éléments, le pétitionnaire et la commune ne démontrent pas avec suffisamment de certitude que le panneau d’affichage du permis de construire en litige aurait été affiché de manière continue et visible depuis la voie publique, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l’article R. 424-15 du code de l’urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir opposant la tardiveté de la requête doit être écartée.
En deuxième lieu, aux termes de l’article 5 des statuts du GDEAM : « (…) Le président, un administrateur ou un salarié de l’association désigné par le conseil d’administration (comité) a qualité pour ester en justice au nom de l’association avec l’autorisation du conseil d’administration (comité) (…) ». Aux termes de l’article 8 de ces statuts : « Aucune délibération du comité ne peut avoir lieu hors de la présence d’au moins sept membres. Les décisions sont prises à la majorité. En cas de partage, la voix du président est prépondérante. ».
Une association est régulièrement engagée par l’organe tenant de ses statuts le pouvoir de la représenter en justice, sauf stipulation de ces statuts réservant expressément à un autre organe la capacité de décider de former une action devant le juge administratif. Il appartient à la juridiction administrative saisie, qui en a toujours la faculté, de s’assurer, le cas échéant et notamment lorsque cette qualité est contestée sérieusement par l’autre partie ou qu’au premier examen, l’absence de qualité du représentant de la personne morale semble ressortir des pièces du dossier, que le représentant de cette personne morale justifie de sa qualité pour agir au nom de cette partie. A ce titre, si le juge doit s’assurer de la réalité de l’habilitation du représentant de l’association qui l’a saisi, lorsque celle-ci est requise par les statuts, il ne lui appartient pas, en revanche, de vérifier la régularité des conditions dans lesquelles une telle habilitation a été adoptée.
Il ressort des pièces du dossier que, par délibération du 31 août 2022, le conseil d’administration du GDEAM a, d’une part, décidé de contester devant la juridiction administrative compétente le permis de construire n° 62 752 21 00021 accordé à M. A... et, d’autre part, donné mandat à son directeur pour défendre ses intérêts, engager toutes actions utiles en ce sens et le représenter. Par suite, dès lors qu’il n’appartient pas au juge administratif de vérifier la régularité des conditions dans lesquelles est intervenue cette délibération, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité à agir du directeur du GDEAM doit être écartée.
En dernier lieu, aux termes de l’article L. 142-1 du code de l’environnement : « (…) Toute association de protection de l’environnement agréée au titre de l’article L. 141-1 (…) [justifie] d’un intérêt pour agir contre toute décision administrative ayant un rapport direct avec leur objet et leurs activités statutaires et produisant des effets dommageables pour l’environnement sur tout ou partie du territoire pour lequel elles bénéficient de l’agrément dès lors que cette décision est intervenue après la date de leur agrément ».
Il ressort des pièces du dossier que le GDEAM, qui bénéficie d’un agrément au titre de l’article L. 141-1 du code de l’environnement, exerce ses activités dans le département du Pas-de-Calais et a notamment pour but, en vertu de l’article 2 de ses statuts, de défendre « la nature et l’environnement », d’œuvrer en faveur « d’un aménagement du territoire et d’un urbanisme respectueux de l’environnement ». Cet objet statutaire, s’il ne mentionne pas expressément la contestation des documents d’urbanisme, revêt un caractère suffisamment précis et présente en outre un lien direct avec l’acte litigieux qui, en autorisant la construction d’une maison individuelle à proximité d’une zone naturelle, est susceptible d’avoir un impact sur l’environnement. Par suite, la fin de non-recevoir tiré du défaut d’intérêt à agir du groupement requérant doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En premier lieu, aux termes de l’article R. 423-53 du code de l’urbanisme : « Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ».
Il ressort du dossier de permis de construire que la desserte de la construction autorisée se fera par la création d’un accès à la route départementale 139. Or, il n’est pas établi que le président du conseil départemental, qui en est l’autorité gestionnaire, aurait été consulté à ce sujet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article R. 423-53 doit être accueilli.
En deuxième lieu, aux termes de l’article R. 431-8 du code de l’urbanisme : « Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L’état initial du terrain et de ses abords indiquant, s’il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants (…) e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer (…) ».
La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l’ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l’urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n’est susceptible d’entacher d’illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l’appréciation portée par l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
Il ressort des pièces du dossier que le fond de la parcelle d’assiette du projet est bordé par une haie identifiée au plan local d’urbanisme comme un élément de paysage remarquable à préserver, comme le permettent les dispositions de l’article L. 151-23 du code de l’urbanisme. Or, ni l’existence de cette haie ni le traitement qui lui est réservé ne sont évoqués dans le dossier de demande de permis de construire. Cette omission est de nature à avoir faussé l’appréciation de l’autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance du dossier doit être accueilli.
En troisième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l’article L. 121-3 du code de l’urbanisme : « Le schéma de cohérence territoriale précise, en tenant compte des paysages, de l'environnement, des particularités locales et de la capacité d'accueil du territoire, les modalités d'application des dispositions du présent chapitre. Il détermine les critères d'identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés prévus à l'article L. 121-8, et en définit la localisation ». Aux termes de l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme : « L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs (…) ».
Il résulte de ces dispositions que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les secteurs déjà urbanisés caractérisés par un nombre et une densité significatifs de constructions mais qu’aucune construction ne peut en revanche être autorisée, même en continuité avec d’autres constructions, dans les espaces d’urbanisation diffuse éloignées de ces agglomérations et villages. La nature de l’opération foncière ayant présidé à la création d’un secteur déjà urbanisé est sans incidence pour apprécier s’il caractérise une agglomération ou un village existant au sens de cet article. Un projet de construction situé en continuité avec un secteur urbanisé issu d’une opération de lotissement peut, ainsi, être autorisé si le nombre et la densité des constructions de ce lotissement sont suffisamment significatifs pour qu’il caractérise une agglomération ou un village existant au sens de cet article. Le respect du principe de continuité posé par l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme s’apprécie en resituant le terrain d’assiette du projet dans l’ensemble de son environnement, sans s’en tenir aux constructions situées sur les seules parcelles limitrophes de ce terrain. A ce titre, l’autorité administrative s’assure de la conformité d’une autorisation d’urbanisme avec l’article L. 121-8 de ce code compte tenu des dispositions du schéma de cohérence territoriale (SCoT) applicable, déterminant les critères d’identification des villages, agglomérations et autres secteurs déjà urbanisés et définissant leur localisation, dès lors qu’elles sont suffisamment précises et compatibles avec les dispositions législatives particulières au littoral.
Il ressort des pièces du dossier que le terrain d’assiette du projet est bordé au nord, à l’est et au sud de vastes espaces vierges de toute construction. La première construction se trouve située à une cinquantaine de mètres à l’ouest et est séparée du projet par un chemin et une parcelle à l’état naturel. Il ressort également des pièces du dossier que le centre du village se trouve à environ 800 mètres, que le bâti existant est implanté pour l’essentiel de manière linéaire, le long de la route départementale 139, et que l’intensité des constructions, correspondant à des maisons individuelles implantées sur des parcelles comportant de grands jardins, se réduit progressivement jusqu’à n’atteindre que quelques habitations situées d’un seul côté de la route. Par ailleurs, la parcelle du projet en litige n’est raccordée par aucun réseau. Dans ces conditions, le projet de construction litigieux ne peut pas être regardé comme s’inscrivant en continuité d’un secteur urbanisé présentant un nombre et une densité de constructions suffisamment significatifs pour caractériser une agglomération ou un village existant au sens de l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme. Si le document d’orientation et d’objectif du SCoT applicable au territoire de Saint-Josse-sur-mer a identifié le lieu-dit « Villiers » comme étant un village, l’insuffisante précision de ce document d’urbanisme ne permet toutefois pas de déterminer si la parcelle porteuse du projet en litige fait partie des espaces identifiés comme urbanisés. A supposer qu’elle soit incluse dans ces espaces, il résulte de ce qui précède que ces dispositions ne sont pas compatibles, s’agissant du terrain d’assiette du projet, avec les dispositions particulières du littoral et ne pouvaient, par suite, être prises en compte dans l’appréciation de la demande de permis. Par suite, l’arrêté attaqué méconnait le principe de continuité posé à l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme.
Pour l’application de l’article L. 600-4-1 du code de l’urbanisme, aucun des autres moyens soulevés dans la requête n’apparaît, en l’état du dossier, susceptible de fonder l’annulation de l’arrêté attaqué.
En ce qui concerne la mise en œuvre des dispositions de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme :
La méconnaissance de l’article L. 121-8 du code de l’urbanisme, qui affecte l’ensemble du projet, ne peut faire l’objet d’une régularisation au titre de l’article précité du code de l’urbanisme. Elle entraine donc l’annulation totale de l’arrêté du 25 novembre 2021.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du GDEAM, qui n’est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que la commune de Saint-Josse-sur-Mer et M. A... demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a par ailleurs lieu de rejeter la demande présentée au même titre par le GDEAM, qui ne justifie pas avoir engagé des frais dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du 25 novembre 2021 du maire de Saint-Josse-sur-Mer est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. A... et par la commune de Saint-Josse-sur-Mer au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l’association Groupement pour la défense de l’environnement de Montreuil et du Pas-de-Calais, à la commune de Saint-Josse-sur-Mer et à M. B... A....
Délibéré après l'audience du 9 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Piou, première conseillère,
M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2025.
Le rapporteur,
signé
C. Boileau
La présidente,
signé
A-M. Leguin
La greffière,
signé
O. Monget
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,