LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2209383

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2209383

jeudi 5 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2209383
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMINIER MAUGENDRE ET ASSOCIEES

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'annulation du refus de reconnaissance de l'imputabilité au service d'un congé de maladie lié à un état de covid long, et demande d'expertise médicale. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lille (4ème Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal ordonne une expertise médicale avant de statuer sur le fond de la requête, estimant qu'elle est utile pour déterminer l'existence d'un lien entre la pathologie de l'agent et son service, au vu des éléments contradictoires du dossier (rapports médicaux divergents). **Textes appliqués** : Article R. 621-1 du code de justice administrative (pouvoir d'ordonner une expertise).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 décembre 2022 et le 11 janvier 2024, Mme B... A... demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, d’annuler pour excès de pouvoir les arrêtés du 20 juillet 2022 par lesquels la directrice des ressources humaines du groupe hospitalo-universitaire (GHU) de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) Université Paris-Saclay a refusé de reconnaître imputable au service la période d’arrêt de travail du 28 février 2022 au 29 avril 2022 ;

2°) à titre subsidiaire, d’ordonner une expertise afin de déterminer si cette période d’arrêt de travail est imputable à sa contamination, le 18 mars 2020, par le Sars-cov19.

Elle soutient que :
- ces arrêtés sont entachés d’erreurs de droit ;
- ils sont entachés d’une erreur d’appréciation dès lors qu’elle souffre d’un covid long et qu’aucune consolidation n’a été constatée ;
- le covid long a été diagnostiqué par un pneumologue le 20 juillet 2022 et une expertise est nécessaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 décembre 2023 et le 23 février 2024, l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), représentée par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 800 euros soit mise à la charge de Mme A... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- les moyens soulevés par Mme A... ne sont pas fondés ;
- l’expertise sollicitée par la requérante n’est pas utile.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Bergerat, première conseillère ;
- et les conclusions de Mme Courtois, rapporteure publique.



Considérant ce qui suit :

Mme A..., aide-soignante de classe supérieure, exerce ses fonctions à l’hôpital maritime de Berck, rattaché à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le 18 mars 2020, elle a contracté le Sars-cov19 et a été placée en congé de maladie du 18 mars au 26 avril 2020, lequel congé a été reconnu imputable au service par deux arrêtés du 6 août 2020 et du 15 septembre 2020. Elle a été placée, de nouveau, en congé de maladie du 28 février au 29 avril 2022 pour être prise en charge en unité de réhabilitation respiratoire. Par trois arrêtés du 20 juillet 2022, la directrice des ressources humaines du groupe hospitalo-universitaire de l’AP-HP a refusé de reconnaître imputable au service les trois congés de maladie accordés à Mme A... du 28 février au 29 avril 2022. Par la présente requête, Mme A... demande l’annulation de ces trois arrêtés.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

L’article R. 621-1 du code de justice administrative dispose que : « La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation. ».

Il résulte des dispositions précédentes que la prescription d’une mesure d’expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure, indépendamment d’une demande formée par l’une des parties à l’instance. L’appréciation de l’utilité de l’expertise se fait au vu des pièces du dossier versées aux débats.

Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser l’imputabilité au service des congés de maladie de Mme A... pendant la période courant du 28 février au 29 avril 2022, dont le motif était de prendre en charge le syndrome d’hyperventilation majeur dont elle souffre, l’AP-HP a considéré que le lien direct entre ce congé de maladie et le service n’était pas établi. L’AP-HP se prévaut à cet égard du rapport d’un médecin agréé, établi le 6 mai 2022, mentionnant que le nodule pulmonaire que présente Mme A... n’est pas imputable au Sars-Cov19, et des observations du 23 novembre 2023 d’un médecin du service central de médecine statutaire de l’AP-HP indiquant que les signes cliniques d’essoufflement de Mme A... ne peuvent être considérés comme en relation directe et certaine avec son infection au Sars-Cov19, compte tenu notamment de l’absence de lésions fibreuses scanographiques et dès lors que le lien direct et certain du syndrome d’hyperventilation majeur avec le Sars-Cov19 n’a jamais été démontré. Toutefois, Mme A... produit, notamment, un compte rendu de scanner réalisé le 25 mars 2021 indiquant l’apparition d’une « coiffe apicale bilatérale isolée d’allure fibreuse non nodulaire » ainsi que les certificats d’un pneumologue établis le 21 mars et le 20 juillet 2022, indiquant que l’intéressée est porteuse d’un « covid long » dominé par ce syndrome et qu’un bilan exhaustif a éliminé les autres causes de ce syndrome.

En cet état de l’instruction, le tribunal n’est pas en mesure de se prononcer sur l’existence d’un lien entre la pathologie en litige et l’exercice des fonctions ou les conditions de travail de la requérante, et par suite sur les droits de celle-ci. Par suite, l’expertise sollicitée est utile et ne présente aucun caractère frustratoire ni dilatoire.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu, avant qu’il soit statué sur les conclusions de la requête n° 2209383, d’ordonner une mission d’expertise aux fins précisées dans le dispositif du présent jugement.



D E C I D E :



Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme A..., procédé à une expertise médicale, en présence de l’intéressée et de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.

Article 2 : L’expert sera désigné par le président du tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal.

Article 3 : L’expert aura pour mission de :

1°) prendre connaissance de l’entier dossier médical de Mme A... en se faisant communiquer tous les documents et pièces nécessaires à la bonne exécution de sa mission en application de l’article R. 621-7-1 du code de justice administrative ;

2°) examiner Mme A... ;

3°) décrire l’évolution de l’état de santé de Mme A... entre le 26 avril 2020 et le 28 février 2022, et notamment préciser si celui-ci a été consolidé au cours de cette période ; en cas de réponse positive, déterminer la date de cette consolidation ;

4°) dans l’hypothèse où l’état de santé de Mme A... n’a pas été consolidé entre le 26 avril 2020 et le 28 février 2022, indiquer si la consolidation de son état de santé a été acquise à une autre date ;

5°) déterminer la nature de la pathologie respiratoire présentée par Mme A... entre le 28 février et le 29 avril 2022 et en indiquer l’origine et l’importance, ainsi que son évolution jusqu’au jour de l’examen ; déterminer si cette pathologie est en lien avec la contamination de Mme A... par le SARS Cov-19 le 18 mars 2020 ;

6°) si la pathologie dont a été atteinte Mme A... entre le 28 février et le 29 avril 2022 est en lien avec sa contamination par le Covid du 18 mars 2020, déterminer si ce lien est direct et exclusif ou non ;

7°) décrire l’état de santé de Mme A... avant sa contamination par le SARS Cov-19 le 18 mars 2020 ; si Mme A... présentait un état antérieur en indiquer la nature et déterminer si ledit état antérieur a entraîné, à lui seul, la pathologie présentée par l’intéressée du 28 février au 29 avril 2022 ;

8°) donner, plus généralement, toutes les informations qui lui paraîtront utiles à l’appréciation de la situation de Mme A....

Article 4 : L’expert, qui sera désigné par le président du tribunal conformément aux dispositions de l’article R. 621-2 du code de justice administrative, accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il pourra recourir à un sapiteur avec l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 5 : L’expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. Des copies seront notifiées aux parties par l’expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique. L’expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n’est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu’en fin d’instance.

























Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et à l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.

Délibéré après l'audience du 5 février 2026, à laquelle siégeaient :

- Mme Hamon, présidente,
- Mme Bergerat, première conseillère,
- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2026.


La rapporteure,


Signé

S. Bergerat

La présidente,


Signé

P. HamonLa greffière,

Signé


S. Ranwez

La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions