mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2209613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | juge unique (6) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 octobre 2022, enregistrée le 12 décembre 2022 au greffe du tribunal, la présidente du pôle social du tribunal judiciaire de Valenciennes a transmis au tribunal la requête présentée par Mme B A.
Par une requête, enregistrée au greffe du pôle social du tribunal judiciaire de Valenciennes le 24 octobre 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2022, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé sa décision rejetant sa demande de carte de mobilité inclusion mention " stationnement ".
Elle soutient que :
- elle est atteinte d'une hépatite B chronique traitée depuis plusieurs années par un antiviral ; le traitement a des effets secondaires indésirables ; elle ne travaille plus à cause de ces désagréments ;
- la capacité au niveau de ses mains est également réduite en raison de son syndrome de Raynaud ;
- son état de santé ne lui permet pas de longs déplacements.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 février 2023, le président du conseil départemental du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. Cotte a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A a sollicité l'attribution de la carte de mobilité inclusion mention " stationnement " le 24 mars 2022. Le 4 mai 2022, le président du conseil départemental du Nord a rejeté sa demande. Le 15 juillet, l'intéressée a formé un recours administratif préalable contre la décision de refus. Le 2 septembre 2022, le président du conseil départemental du Nord a maintenu la décision de refus de lui délivrer la carte demandée. Le 24 octobre 2022, Mme A a demandé au tribunal judiciaire de Valenciennes d'annuler cette décision rendue sur recours administratif préalable obligatoire. Par une ordonnance du 28 octobre 2022, la présidente du pôle social du tribunal judiciaire de Valenciennes a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître, au motif que la requête relevait de la compétence du tribunal administratif.
2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, applicable au litige : " I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9 [c'est-à-dire de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées]. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () ". Aux termes de l'article R. 241-12-1 du même code : " I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. / () ".
3. L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 2411-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la " réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied " est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie.
4. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit.
5. Il résulte de l'instruction que Mme A est atteinte d'une hépatite virale chronique et du syndrome de Raynaud, trouble temporaire de la circulation du sang dans les petits vaisseaux au niveau des doigts. Elle soutient que le traitement antiviral qui lui est prescrit lui cause des effets indésirables tels que des douleurs abdominales, de la fatigue ou encore la chute de cheveux, qui la gêne dans sa vie quotidienne et l'empêche d'exercer une activité professionnelle. Toutefois, ni ces effets secondaires ni les documents versés au dossier par la requérante ne sont de nature à démontrer que son handicap constitue une réduction importante de sa capacité et de son autonomie dans ses déplacements à pied. Son médecin traitant a notamment précisé, dans le certificat médical adressé à la maison départementale des personnes handicapées, que Mme A pouvait marcher et se déplacer à l'extérieur avec difficulté mais sans aide humaine et que son périmètre de marche était " normal mais sur courte distance ", ce qui ne suffit pas pour considérer qu'il serait inférieur à 200 mètres. Dans ces conditions, Mme A ne justifiant pas des conditions nécessaires pour se voir attribuer la carte de mobilité inclusion mention " stationnement ", sa requête ne peut être que rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département du Nord.
Copie pour information sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
O. Cotte
La greffière,
signé
B. Deltour
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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