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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2300162

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2300162

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2300162
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantDALIL ESSAKALI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a annulé l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais assignait à résidence M. A C, ressortissant tunisien, pour une durée maximale de six mois. La décision a été censurée pour vice de forme, l'ampliation notifiée ne comportant ni signature ni mention lisible du prénom, nom et qualité de son auteur, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a ainsi accueilli le recours pour excès de pouvoir sans examiner les autres moyens, et a rejeté les conclusions relatives aux frais de justice faute de demande d'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 janvier 2023, M. B A C, représenté par Me Moulay Abdeljalil Dalil Essakali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a assigné à résidence pour une durée maximale de six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué n'est pas signé ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- il est dépourvu de base légale ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet du Pas-de-Calais a produit des pièces qui ont été enregistrées le 18 janvier 2023 et communiquées.

Par une ordonnance du 18 janvier 2023, la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 24 février 2023 à 14 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sanier,

- et les observations de Me Dalil Essakali, représentant M. A C.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, M. A C, ressortissant tunisien né le 31 juillet 1995, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l'a assigné à résidence pendant une durée maximale ne pouvait excéder six mois, renouvelable une fois.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

3. En l'espèce, l'ampliation de l'arrêté attaqué notifiée au requérant n'est pas signée et ne comporte pas l'indication du prénom, du nom et de la qualité de son auteur. Aucune autre mention de ce document ne permet d'identifier la personne qui en est l'auteur. Le préfet du Pas-de-Calais n'a pas davantage produit l'arrêté attaqué comportant la mention lisible des éléments précités. Par suite, M. A C est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 5 janvier 2023.

Sur les frais liés au litige :

5. M. A C n'a pas présenté de demande d'aide juridictionnelle. Par suite, il ne peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions tendant à l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 5 janvier 2023 par lequel le préfet du Pas-de-Calais a assigné M. A C à résidence est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet Pas-de-Calais.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Stefanczyk, présidente,

Mme Barre, conseillère,

Mme Sanier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

L. SANIER

La présidente,

Signé

S. STEFANCZYK

La greffière,

Signé

O. LEFEBVRE

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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