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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2300950

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2300950

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2300950
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (6)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B, qui contestait le refus du département du Pas-de-Calais de lui délivrer une carte de mobilité inclusion portant la mention "stationnement". Le juge a estimé que les éléments fournis par le requérant, notamment ses douleurs à la jambe et l'usage d'une béquille, ne démontraient pas une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied, conformément aux critères stricts fixés par l'arrêté du 3 janvier 2017. La décision s'appuie sur les articles L. 241-3 et R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 25 août 2022, enregistrée le 1er février 2023 au greffe du tribunal, la présidente du pôle social du tribunal judiciaire d'Arras a transmis au tribunal la requête présentée par M. A B.

Par une requête, enregistrée au greffe du pôle social du tribunal judiciaire de d'Arras le 23 mai 2022, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 6 mai 2022, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé sa décision rejetant sa demande de carte de mobilité inclusion, mention " stationnement ".

Il soutient que :

- sa jambe droite le fait souffrir à la suite d'un accident de la route en 1999 ;

- il se déplace avec des difficultés et utilise une béquille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 août 2023, le département du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que le certificat médical, joint à la demande de l'intéressé, ne fait pas mention d'un périmètre de marche limité, il n'a pas besoin d'une aide humaine ou technique systématiquement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Cotte a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a sollicité l'attribution de la carte de mobilité inclusion mention " stationnement " le 15 novembre 2021. Après évaluation de l'équipe pluridisciplinaire le 11 janvier 2022 et avis de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a rejeté sa demande le 1er février 2022. M. B a formé un recours administratif préalable le 24 février 2022 contre cette décision. Le 6 mai 2022, après un nouvel avis de la CDAPH, le président du conseil départemental du Pas-de-Calais a maintenu sa décision initiale.

2. Le 23 mai 2022, l'intéressé a demandé au pôle social du tribunal judiciaire d'Arras d'annuler cette décision prise sur recours administratif préalable obligatoire. Par une ordonnance du 25 août 2022, la présidente du pôle social du tribunal judiciaire d'Arras a rejeté la requête comme étant portée devant une juridiction incompétente pour en connaître, au motif que la requête ressortissait de la compétence du tribunal administratif.

3. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, applicable au litige : " I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9 [c'est-à-dire de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées]. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () ". Aux termes de l'article R. 241-12-1 du même code : " I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire

mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. / () ".

4. L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 2411-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la " réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied " est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie.

5. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit.

6. En l'espèce, l'intéressé soutient souffrir de la jambe droite à la suite d'un accident survenu en 1999 et avoir besoin d'une béquille pour se déplacer. Toutefois, le certificat médical produit, daté du 23 septembre 2021, s'il mentionne que l'intéressé présente un ralentissement moteur nécessitant des pauses, n'indique pas que son périmètre de marche serait inférieur à 200 mètres. De plus, il est côté en " B ", correspondant à une marche réalisée avec difficulté mais sans aide, tant pour les déplacements à l'extérieur qu'à l'intérieur. Comme le fait valoir le département en défense, les allégations du requérant sur ses difficultés de déplacement ne sont étayées par aucune pièce médicale permettant d'établir qu'il souffrirait d'une déficience physique ayant pour effet de réduire de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied sur une distance inférieure à 200 mètres. Il n'est pas prouvé non plus qu'il ait l'obligation de recourir systématiquement, pour ses déplacements extérieurs, à une aide humaine, à un appareillage, à un véhicule pour personnes handicapées ou à une oxygénothérapie, ni qu'il souffrirait d'une altération de ses fonctions mentales, cognitives, psychiques ou sensorielles nécessitant qu'il soit accompagné par une tierce personne dans tous ses déplacements.

7. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à contester la décision lui refusant la délivrance d'une carte " mobilité inclusion ", mention " stationnement ".

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Pas-de-Calais.

Copie pour information sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

signé

O. Cotte

La greffière,

signé

C. Lejeune

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

No 2300950

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