lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2301448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (6) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2023, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 2 février 2023, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Nord a confirmé sa décision rejetant sa demande de carte de mobilité inclusion, mention " stationnement ".
Il soutient que sont état de santé est précaire ; son activité est réduite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2023, le président du conseil départemental du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la décision est fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné M. Cotte, vice-président, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cotte, magistrat désigné,
- les observations de M. B, fils du requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a sollicité l'attribution de la carte de mobilité inclusion, mention " stationnement ", le 31 mai 2022. Le président du conseil départemental du Nord a rejeté sa demande le 30 août 2022. Le 14 décembre, l'intéressé a formé un recours administratif préalable contre la décision de refus. Le 31 janvier 2023, le président du conseil départemental du Nord a maintenu sa décision de refus de lui délivrer la carte demandée. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette dernière décision.
2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, applicable au litige : " I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9 [c'est-à-dire de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées de la maison départementale des personnes handicapées]. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () / 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. / () ". Aux termes de l'article R. 241-12-1 du même code : " I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement. / () ".
3. L'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans un déplacement individuel, pris pour l'application de l'article R. 2411-12-1 précité, prévoit que le critère relatif à la " réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied " est rempli soit lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres, soit lorsqu'elle a systématiquement recours à une aide humaine, à une prothèse de membre inférieur, à une canne ou à tout autre appareillage manipulé à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs, par exemple à un déambulateur, à un véhicule pour personnes handicapées, notamment un fauteuil roulant, soit enfin lorsqu'elle a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie.
4. Il résulte de ces dispositions que l'arrêté du 3 janvier 2017 définit, en application du IV de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, de sorte que seule peut être regardée comme ayant droit à l'attribution de la carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " une personne qui satisfait aux critères fixés par cet arrêté, c'est-à-dire, s'agissant du critère de réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, qui se trouve dans l'une des trois situations qu'il prévoit.
5. En l'espèce, l'intéressé fait valoir que son état de santé est précaire et que son activité est réduite. Le certificat médical produit par le défendeur, établi par le médecin généraliste de l'intéressé, précise que son périmètre de marche est inférieur à 500 mètres. Ce certificat indique qu'il peut marcher et de déplacer à l'extérieur avec difficulté, mais sans aide humaine et qu'il peut se déplacer à l'intérieur sans difficulté et sans aucune aide. Bien que le périmètre de marche soit effectivement inférieur à 500 mètres, les allégations de l'intéressé ne sont pas étayées par des pièces médicales démontrant qu'il souffre d'une déficience physique réduisant de manière significative et durable sa capacité et son autonomie à marcher sur une distance inférieure à 200 mètres. Il n'est pas non plus établi qu'il doive systématiquement recourir, pour ses déplacements extérieurs, à une aide humaine, un appareillage, un véhicule pour personnes handicapées ou une oxygénothérapie. De plus, aucune pièce médicale n'atteste d'une altération de ses fonctions mentales, cognitives, psychiques ou sensorielles nécessitant qu'il soit accompagné par une tierce personne lors de tous ses déplacements.
6. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à contester la décision lui refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion, mention " stationnement ".
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Nord.
Copie pour information sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
signé
O. Cotte
La greffière,
signé
C. Lejeune
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026