jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2305588 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 juin 2023, le 21 juin 2023, le 20 juillet 2023, le 23 octobre 2023 et le 25 janvier 2024, Mme B G, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le maire de Pérenchies (Nord) ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 059457 23 S0041 déposée par Mme D C en vue du retrait de la haie existante et de l'installation d'une palissade en plastique sur dalle de béton sur la parcelle cadastrée AD 109, située au 5, rue de Lorraine à Pérenchies ;
2°) de condamner, d'une part la commune de Pérenchies à lui verser une somme de 2 000 euros en réparation des préjudices qu'elle affirme avoir subi du fait de l'illégalité de l'arrêté litigieux et, d'autre part Mme D C et M. F A à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages et intérêts et à remettre en état à leurs frais la haie mitoyenne de troènes retirée en application de l'arrêté litigieux ;
3°) de prendre un " arrêté de péril " compte tenu de la dangerosité de la palissade en cause ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Pérenchies les frais exposés dans la présente instance et non compris dans les dépens au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. En premier lieu, Mme G doit être regardée, par la présente requête, comme demandant la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le maire de Pérenchies (Nord) ne s'est pas opposé à la déclaration préalable n° DP 059457 23 S0041 déposée par Mme D C en vue du retrait de la haie existante et de l'installation d'une palissade en plastique sur dalle de béton sur la parcelle cadastrée AD 109, située au 5, rue de Lorraine à Pérenchies. Il résulte toutefois de l'instruction qu'à la date d'introduction de la présente demande en référé, les travaux dont la réalisation a été autorisée par l'arrêté litigieux avaient été totalement exécutés. La requête de Mme G, en ce qu'elle tend à la suspension de l'exécution de l'arrêté du maire de Pérenchies du 17 mai 2023, était ainsi dépourvue d'objet dès son introduction. Par suite, elle est, à ce titre, manifestement irrecevable.
3. En deuxième lieu, il n'entre pas dans l'office du juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur des demandes indemnitaires, a fortiori lorsqu'elles sont dirigées contre des personnes privées. Ainsi, les conclusions de la requête de Mme G tendant à la condamnation de la commune de Pérenchies et de Mme C et M. A au versement d'une somme d'argent en réparation des préjudices que la requérante allègue avoir subi sont, également, manifestement irrecevables.
4. En troisième et dernier lieu, seul le maire ou, le cas échéant, le représentant de l'Etat est compétent pour édicter les arrêtés prévus par les articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Les conclusions de la requête de Mme G tendant à ce que le juge des référés prenne lui-même un tel arrêté sont, ainsi, manifestement irrecevables.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme G doit être rejetée y compris la demande, au demeurant non chiffrée, présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme G est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B G
.
Fait à Lille, le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
signé
Y. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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