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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2305646

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2305646

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2305646
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABARET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 juin 2023, 22 juin 2023 et 21 août 2023, Mme A B, représentée par Me Cabaret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 30 mai 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 432-2, L. 423-3, L. 423-5 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 5221-2, R. 5221-1 et R. 5221-2 du code du travail et R. 431-16, L. 414-12, L. 421-1 et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jaur, première conseillère,

- et les observations de Me Cabaret pour Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante malaisienne née le 20 octobre 1993, est entrée en France le 7 novembre 2018 sous couvert de son passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 27 octobre 2018 au 27 octobre 2019, qui lui avait été délivré en sa qualité de conjointe d'un ressortissant français. Elle a été munie, en cette même qualité, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention, valable du 10 janvier 2020 au 9 janvier 2022. Le 8 novembre 2021, elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour en raison de ses " liens personnels et familiaux " ou la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 30 mai 2023, dont Mme B demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

Sur le refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, même si elle n'évoque pas les violences conjugales alléguées, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 432-2 du même code : Le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à l'étranger qui cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de cette carte dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations. / () ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " Lorsque la rupture du lien conjugal ou la rupture de la vie commune est constatée au cours de la durée de validité de la carte de séjour prévue aux articles L. 423-1 ou L. 423-2, cette dernière peut être retirée. / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ". Aux termes de l'article L. 423-5 de ce code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. / En cas de rupture de la vie commune imputable à des violences familiales ou conjugales subies après l'arrivée en France du conjoint étranger, mais avant la première délivrance de la carte de séjour temporaire, le conjoint étranger se voit délivrer la carte de séjour prévue à l'article L. 423-1 sous réserve que les autres conditions de cet article soient remplies ".

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement " conjoint de français " mais sur celui de " liens personnels et familiaux ". Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 432-2, L. 423-3, L. 423-5 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 421-1 du même code : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail () ". Aux termes de l'article L. 414-12 du même code : " La délivrance des cartes de séjour portant la mention "salarié" (), respectivement prévues aux articles L. 421-1 (), est subordonnée à la détention préalable de l'autorisation de travail prévue aux articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. Cette autorisation est délivrée dans les conditions prévues par le code du travail ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail ". Aux termes de l'article L. 5221-5 de ce code : " Un étranger autorisé à séjourner en France ne peut exercer une activité professionnelle salariée en France sans avoir obtenu au préalable l'autorisation de travail mentionnée au 2° de l'article L. 5221-2. / () ". Aux termes de l'article R. 5221-1 de ce code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Étranger non ressortissant d'un État membre de l'Union européenne, d'un autre État partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur. / () La demande peut également être présentée par une personne habilitée à cet effet par un mandat écrit de l'employeur ou de l'entreprise. / () ".

6. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ou d'un contrat lui permettant d'exercer une activité ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, de motifs exceptionnels exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que, par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour. Si l'article L. 435-1 ne dispense pas l'étranger d'obtenir l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du code du travail avant que ne soit exercée l'activité professionnelle considérée, la demande présentée par un étranger sur le fondement de l'article L. 435-1 n'a pas pour autant à être instruite dans les règles fixées par le code du travail relativement à la délivrance de cette autorisation. Il s'ensuit que le préfet n'est pas tenu d'accorder ou de refuser, préalablement à ce qu'il soit statué sur la délivrance du titre de séjour, l'autorisation de travail visée à l'article L. 5221-5 du code du travail. La demande d'autorisation de travail pourra, en tout état de cause, être présentée lorsque l'étranger disposera d'un récépissé de demande de titre de séjour ou même du titre sollicité.

7. D'une part, pour justifier son refus de délivrance du titre de séjour portant la mention " salarié ", le préfet du Nord s'est fondé sur l'absence de production d'une autorisation de travail par Mme B. En effet, il ressort des pièces du dossier que Mme B n'était pas, lorsqu'elle a présenté sa demande de titre de séjour, titulaire d'une autorisation de travail conformément aux dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code du travail.

8. D'autre part, Mme B se prévaut de l'obtention d'un contrat de travail au sein de la société Booking.com qui a été rompu en raison de sa situation irrégulière sur le territoire français. Par suite, en admettant même que la seule absence d'une autorisation de travail ne soit pas un motif suffisant de rejet d'un titre de séjour portant la mention " salarié " au motif d'une admission exceptionnelle au séjour au regard de l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en dépit des efforts d'intégration de Mme B, ces seuls éléments ne démontrent pas une intégration sociale et professionnelle d'une particulière intensité. Dans ces conditions, la requérante ne saurait être regardée comme faisant état de motifs exceptionnels justifiant la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. Enfin, la circonstance que Mme B ait été autorisée à travailler sous couvert de son visa long séjour et de sa carte de séjour " vie privée et familiale " est sans influence sur la légalité de la décision attaquée.

10. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 5221-2, R. 5221-1 et R. 5221-2 du code du travail et R. 431-16, L. 414-12, L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

11. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France en 2018 munie de son passeport revêtu d'un visa de long séjour " vie privée et familiale " pour s'être mariée le 21 janvier 2016, avec un ressortissant français duquel elle a divorcé en 2021. Elle se prévaut d'un concubinage récent avec un ressortissant italien. Elle est sans charge de famille et ne fait état d'aucune autre attache privée et familiale en France alors que ses parents, frères et sœur habitent en Malaisie et qu'elle envoie régulièrement des sommes d'argent à l'attention de sa famille en Malaisie. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle, doit être écarté.

Sur la décision faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :

12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 11 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

13. Il résulte de ce qui a été dit au point 12 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

14. Aux termes de l'article L. 612-8 du même code, alors en vigueur : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L.612-10 du même code, alors en vigueur : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

15. Il ressort des termes mêmes des dispositions précitées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.

16. Si Mme B résidait sur le territoire national depuis, moins de cinq ans à la date de la décision attaquée, il est constant qu'elle n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence ne représente pas une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit au point 8, elle a fourni des efforts d'intégration. Dans ces conditions, le préfet du Nord a entaché d'une erreur d'appréciation sa décision faisant à l'intéressée interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision, que Mme B est seulement fondée à demander l'annulation de la décision du 30 mai 2023 par laquelle le préfet du Nord lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de Mme B tendant à l'annulation des décisions du 30 mai 2023 par lesquelles le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, n'appelle aucune mesure d'exécution, l'annulation de la décision du même jour par laquelle cette autorité lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an n'impliquant pas qu'elle lui délivre le titre de séjour qu'elle a sollicité ou qu'elle réexamine sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par Mme B doivent dès lors être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, le versement à Mme B, de la somme qu'elle demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La décision du 30 mai 2023 par laquelle le préfet du Nord a fait interdiction à Mme B de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, est annulée.

Article 2 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Riou, président,

- Mme Jaur, première conseillère,

- Mme Célino, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A. JaurLe président,

Signé

J.-M. RiouLe président,

La greffière,

Signé

S. Ranwez

La greffière,

S. RANWEZ

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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