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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2306184

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2306184

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2306184
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B, ressortissant tchadien, qui contestait l'arrêté du préfet du Nord du 30 janvier 2023 lui refusant le renouvellement de son titre de séjour "étudiant", l'obligeant à quitter le territoire et lui interdisant le retour pour un an. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, dont ceux tirés de l'incompétence du signataire, de la méconnaissance des articles L. 422-1 du CESEDA et 8 de la CEDH, ainsi que de l'erreur de fait. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant ainsi la légalité des décisions préfectorales fondées sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire en réplique et des pièces, enregistrés les 6 juillet 2023, 11 janvier 2024 et 11 octobre 2024, non communiquées, M. C E B, représenté par Me Clément, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 janvier 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour et de prendre une nouvelle décision dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- il n'est pas établi que la décision contestée ait été signée par une personne qui était compétente pour ce faire ;

- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale dès lors que le préfet n'a pas, avant l'édiction de la décision, saisi les services de police ou de gendarmerie nationale, ni même le procureur de la République afin d'obtenir des informations complémentaires concernant les interpellations dont il a fait l'objet ;

- la décision contestée méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de fait dès lors que les faits reprochés concernant son irrespect des lois de la République ne sont pas établis ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnait son droit à être entendu, tel que garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision de refus de titre;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- il excipe, à l'encontre de cette décision, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6, L. 612-8 et L. 612-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2023, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B par une décision du 13 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E B, né le 4 septembre 1999 au Tchad et de nationalité tchadienne, est entré en France le 20 septembre 2020 muni de son passeport revêtu d'un visa long séjour de type " D ", portant la mention " étudiant ", valable du 9 septembre 2020 au 9 septembre 2021. Le 5 novembre 2021, il a sollicité de la préfecture du Nord le renouvellement de son titre de séjour " étudiant ". Par un arrêté du 30 janvier 2023, dont le requérant demande l'annulation, le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, l'arrêté préfectoral contesté a été signé, pour le préfet du Nord et par délégation, par M. A D, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et du droit des étrangers, qui était compétent pour ce faire en vertu d'un arrêté en date du 13 octobre, régulièrement publié le même jour, au recueil des actes administratifs de la préfecture du Nord n° 245. Le moyen tiré du vice d'incompétence doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, () les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : 1° Les personnels de la police et de la gendarmerie habilités selon les modalités prévues au 1° et au 2° du I de l'article R. 40-28 ; / () / 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code () ".

4. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Nord s'est notamment fondé, suite à la consultation du traitement des antécédents judiciaires, sur l'interpellation de M. B pour des faits de " viol " commis le 14 août 2021 et pour des faits de " circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance " commis le 26 décembre 2022. S'il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait, avant d'édicter la décision en litige à l'encontre de M. B, saisi le procureur de la République d'une demande d'information sur les suites judiciaires apportées aux faits précités, conformément aux dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, il est toutefois constant que le préfet du Nord ne s'est pas fondé sur ces seuls faits pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par le requérant, mais lui a également opposé la circonstance qu'il ne justifiait plus du caractère réel et sérieux de ses études, ni d'un certificat de scolarité au titre de l'année 2022-2023 ainsi que son absence d'attaches privées et familiales sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ".

6. Il résulte de ces dispositions que le renouvellement de la carte de séjour portant la mention " étudiant " est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu'il a déclaré accomplir. Il appartient ainsi au préfet de rechercher à partir de l'ensemble du dossier et notamment au regard de sa progression dans le cursus universitaire, de son assiduité aux cours et de la cohérence de ses choix d'orientation, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant avec sérieux les études entreprises.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis en deuxième année de licence d'économie et de management au titre de l'année universitaire 2020-2021. Il a toutefois été déclaré " défaillant " et ajourné, faute de s'être présenté à l'ensemble des épreuves. M. B a ensuite redoublé cette année en 2021-2022 mais a été à nouveau déclaré " défaillant ", faute d'avoir effectué l'ensemble des épreuves de la première session. Il ne s'est pas non plus présenté aux rattrapages et n'a pas été autorisé à redoubler. M. B n'a donc validé aucune année universitaire et a manqué de nombreuses épreuves, les difficultés liées au Covid-19, à sa situation financière ainsi qu'à son adaptation au système d'enseignement français, ne pouvant, à elles seules, justifier cette situation. Par ailleurs, quand bien même M. B produit à l'instance, une attestation d'inscription universitaire à une école de commerce de Lyon pour l'année 2023-2024, il ne justifiait, à la date où le préfet a statué sur sa demande de renouvellement, d'aucune inscription dans un établissement universitaire au titre de l'année 2022-2023. Dès lors, au vu de ces éléments, et sans qu'ait d'incidence le fait que l'autorité administrative se soit fondée sur des éléments ayant trait à l'ordre public non matériellement établis, le préfet du Nord a pu, à bon droit, considérer que le requérant ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études et rejeter la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par le requérant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans charge de famille. Il ne se prévaut d'aucun lien personnel sur le territoire français et ne justifie de son intégration sociale et professionnelle que par l'exercice de diverses missions intérimaires et ses deux années de scolarité. Par ailleurs, le requérant n'est pas dépourvu de toute famille au Tchad où résident, a minima, ses deux parents et où il a vécu jusqu'à ses 21 ans. Par suite, la décision contestée n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. B à mener une vie privée et familiale normale. Les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'ont ainsi pas été méconnues.

10. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'énoncés aux points 7 et 9, la décision contestée n'est pas entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.

13. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, qui relève des droits de la défense figurant au nombre des droits fondamentaux faisant partie intégrante de l'ordre juridique de l'Union européenne et qui est d'ailleurs consacré au paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, dans le cas où, comme en l'espèce, la décision faisant obligation de quitter le territoire français est prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français découle nécessairement du refus de titre de séjour. Le droit d'être entendu n'implique alors pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu avant que n'intervienne la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M B aurait été privé de la possibilité de faire valoir, à l'occasion de l'instruction de sa demande de titre de séjour, tous les éléments nouveaux et pertinents en faveur de son maintien sur le territoire français. Ainsi, quand bien même il n'aurait pas été spécifiquement informé de la possibilité pour l'administration de l'obliger à quitter le territoire français en cas de rejet de sa demande, il n'a pas été privé de son droit d'être entendu préalablement à l'édiction de cette mesure, en violation du droit de la défense consacré comme principe fondamental par le droit de l'Union européenne.

15. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux relevés au point 9.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

17. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le délai de départ volontaire doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

19. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit, en tout état de cause, être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an :

21. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour doit en tout état de cause, être écarté.

22. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'un délai de départ volontaire lui a été accordé.

23. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-9 du code précité est dépourvu des précisions nécessaires permettant d'en apprécier l'éventuel bien fondé.

24. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".

25. Compte tenu de la faiblesse des liens du requérant avec la France et de la durée limitée de son séjour en France, quand bien même il n'a pas déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il n'est pas établi qu'il constitue une menace pour l'ordre public, le préfet du Nord n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en édictant une décision d'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.

26. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetées.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 par le requérant doivent l'être également.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E B et au préfet du Nord.

Copie en sera transmise pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

M. Lemée, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.

Le président-rapporteur,

Signé

X. FABRE

L'assesseur le plus ancien,

Signé

A.-L. MONTEIL

Le greffier,

Signé

A. DEWIERE

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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