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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2307364

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2307364

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2307364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (5)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de M. B... demandant la remise gracieuse d’un indu d’aide personnalisée au logement de 423,03 euros. La caisse d’allocations familiales du Pas-de-Calais avait déjà annulé cette dette, rendant la demande sans objet. Le juge a constaté que le requérant n’était plus redevable de la somme, ce qui a conduit à l’irrecevabilité de ses conclusions. Aucune restitution n’a été ordonnée, faute de retenues préalables sur ses prestations.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 août 2023, M. A... B... doit être regardé comme demandant au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette portant sur un indu d’aide personnalisée au logement d’un montant de 423,03 euros.

Il soutient qu’il se trouve dans une situation de précarité financière qui ne lui permet pas de s’acquitter du montant dont il a été désigné débiteur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2024, la caisse d’allocations familiales du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que la requête est irrecevable dès lors que l’intéressé ne peut bénéficier d’une remise de dette concernant un trop-perçu inexistant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Beaucourt, conseillère, pour statuer sur le litige en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.




La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Beaucourt, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique à l’issue de laquelle la clôture de l’instruction a été prononcée, en application de l’article R. 772-9 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 821-1 du code de la construction et de l’habitation : « (…) Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L’aide personnalisée au logement (…) ». L’article L. 822-5 de ce code dispose que : « Les aides personnelles au logement ne sont dues qu’aux personnes payant un minimum de loyer, compte tenu de leurs ressources et de la valeur en capital de leur patrimoine, lorsque cette valeur est supérieure à un montant fixé par voie réglementaire (…) ». Par ailleurs, aux termes l’article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d’indu d’aide personnelle au logement en vertu de l’article L. 823-9 du code de la construction et de l’habitation : « Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. (…) ». En vertu du cinquième alinéa de ce même article, la créance de l’organisme peut toutefois être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration.

Sur les conclusions à fin de remise gracieuse :

Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d’être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision. En particulier, lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu d’aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif de rechercher si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

En l’espèce, l’actualisation par la caisse d’allocations familiales du Pas-de-Calais du droit de M. B... à l’aide personnalisée au logement a entraîné un trop-perçu de 423,03 euros pour la période comprise entre les mois de janvier à décembre 2022, notifié par une décision du 17 décembre 2022. Par une décision du 24 février 2023 du directeur de la caisse d’allocations familiales du Pas-de-Calais, une remise totale de cette dette a été accordée à M. B.... Il ressort des termes mêmes des écritures du requérant que son recours tend au bénéfice d’une remise gracieuse de cette dette d’aide personnalisée au logement à la suite de la réception de la décision rectificative du 24 juillet 2023. Toutefois, cette décision, qui se borne à informer M. B..., ainsi que l’explique l’organisme payeur en défense, que la régularisation intervenue dans son dossier allocataire a eu pour effet d’entraîner l’annulation, dans sa totalité, de l’indu d’aide personnalisée au logement notifié par une décision du 17 décembre 2022 ainsi que, par voie de conséquence, la décision lui en accordant la remise gracieuse, implique nécessairement que le requérant n’est plus redevable de cette dette.

Dans ces conditions, il y a lieu d’accueillir la fin de non-recevoir soulevée en défense et ce faisant, de rejeter comme irrecevables les conclusions de M. B... tendant à la remise gracieuse d’une dette inexistante.

Sur les conclusions à fin de restitution :

Il résulte pas de l’instruction que l’indu d’aide personnalisée au logement aurait donné lieu, préalablement à son annulation, à des retenues sur les droits à prestations de M. B.... Dans ces conditions, les conclusions de la requête à fin de restitution doivent être rejetées.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la caisse d’allocations familiales du Pas-de-Calais.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2026.


La magistrate désignée,
Signé
P. Beaucourt
La greffière,
Signé
O. Monget


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,


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