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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2400319

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2400319

mardi 4 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2400319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formationjuge unique (2)
Avocat requérantSELARL DEHAN SCHINAZI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B... qui demandait l’annulation du refus implicite du ministre de l’intérieur de retirer des retraits de points sur son permis de conduire. Pour les infractions des 22 avril et 30 septembre 2021, le tribunal a constaté qu’aucune trace de ces infractions ou retraits de points n’existait dans le relevé d’information intégral, rendant les conclusions irrecevables. Concernant l’infraction du 10 juillet 2015, le retrait de points était devenu définitif depuis la notification de la décision 48 SI le 15 juin 2017, et le ministre était en compétence liée pour rejeter la demande. La solution retenue s’appuie sur les dispositions du code de la route et du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 11 janvier 2024, Mme A... B..., représentée par Me Dehan, demande au tribunal :


1°) d’annuler la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a implicitement rejeté sa demande de retrait des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 10 juillet 2015, 22 avril 2021 et 30 septembre 2021 ;


2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de créditer, au solde de son permis de conduire, 3 points afférents à l’infraction du 10 juillet 2015, 4 points afférents à l’infraction du 22 avril 2021 et 4 points afférents à l’infraction du 30 septembre 2021.


Elle soutient que la décision contestée méconnaît les dispositions de l’article L. 223-1 du code de la route dès lors que les infractions en cause ne sont pas définitives, ayant été contestées devant la juridiction judiciaire.


Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2024, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.


Il fait valoir que :

- le relevé d’information intégral de l’intéressée ne fait aucune mention des infractions commises les 22 avril 2021 et 30 septembre 2021 de sorte que les conclusions dirigées contre des décisions de retraits afférentes à ces infractions sont irrecevables ;

- les conclusions à fin d’annulation de la décision de retrait de points afférente à l’infraction du 10 juillet 2015 doivent être rejetées comme dépourvues d’objet dès lors que la décision 48 SI, portant notification notamment de ce retrait de points, lui a été notifiée le 15 juin 2017 ;

- les conclusions dirigées contre cette décision de retrait de points sont en tout état de cause tardives ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 223-1 du code de la route n’est pas fondé dès lors que la requérante n’apporte pas la preuve d’avoir formé une réclamation et que celle-ci, considérée comme recevable, aurait entraîné l’annulation du titre exécutoire.


La clôture d’instruction a été fixée au 2 mai 2024 à 12 h 00 par une décision du 1er février 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.


En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. Fabre pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Sur sa proposition, le rapporteur public a été dispensé de prononcer ses conclusions à l’audience en application de l’article R. 732-1-1 du code de justice administrative par le président de la formation de jugement.

A été entendu au cours de l’audience publique du 14 octobre 2025 le rapport de M. Fabre, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A... B..., née le 16 septembre 1988 à Maubeuge, a commis une série d’infractions au code de la route, répertoriées dans son relevé d’information intégral. Par un courrier du 24 juillet 2023, Mme B... a demandé au ministre de l’intérieur de retirer les décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 10 juillet 2015, 22 avril 2021 et 30 septembre 2021. Par une décision, dont la requérante demande l’annulation, le ministre de l’intérieur a implicitement rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
En ce qui concerne les infractions commises les 22 avril 2021 et 30 septembre 2021 :
2. Le relevé d’information intégral de la requérante, produit par le ministre de l’intérieur en défense, ne fait pas état d’infractions qui auraient été commises les 22 avril 2021 et 30 septembre 2021 pas plus que de retraits de points afférents à ces prétendues infractions. Par suite, les conclusions à fin d’annulation de la décision du ministre de l’intérieur en tant qu’elle a refusé de retirer des décisions de retraits de points afférents à des infractions qui n’existent pas, ne peuvent qu’être rejetées.
En ce qui concerne l’infraction commise le 10 juillet 2015 :
3. Il ressort de son relevé d’information intégral que l’intéressée a fait l’objet d’un retrait de deux points pour une infraction commise le 10 juillet 2015 à 17 h 25 à La Flamengrie. Par une décision 48 SI mentionnant les voies et délais de recours, notifiée à l’intéressé le 15 juin 2017 par lettre recommandée avec avis de réception, le ministre de l’intérieur l’a informée de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Cette décision, qui récapitule les pertes de points et les infractions commises, comportait nécessairement mention de cette infraction et du retrait de points afférent. En tout état de cause, Mme B..., qui dispose de la décision 48 SI puisqu’elle lui a été notifiée, ne rapporte pas la preuve contraire. Par conséquent, Mme B... a eu connaissance de la décision de retrait de points afférente à l’infraction du 15 juillet 2015 au plus tard le 15 juin 2017. Lorsque, par lettre du 23 juillet 2023, elle a demandé au ministre de l’intérieur de retirer cette décision de retrait de points, cette dernière était devenue définitive et le ministre était en compétence liée pour rejeter sa demande.
4. Il s’en suit que les conclusions à fin d’annulation de la décision par laquelle le ministre de l’intérieur a implicitement rejeté sa demande de retrait de la décision de retrait de points afférente à l’infraction du 10 juillet 2015 doivent être rejetées.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d’injonction également présentées.




D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.


Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2025.


Le magistrat désigné,

Signé

X. FABRE


Le greffier,

Signé

A. DEWIERE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.



Pour expédition conforme,
Le greffier,


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