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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2400378

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2400378

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2400378
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMETANGMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 28 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Metangmo, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 31 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer favorablement sa demande de titre de séjour portant la mention " salarié ou travailleur temporaire " ou au besoin de lui attribuer tout autre titre de séjour conforme à sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Metangmo, avocate de M. B, de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2024, le préfet du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ". L'article R. 776-5 du code de justice administrative prévoit que : " I. - Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné à l'article R. 776-2 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été adressé par voie postale à M. B à l'adresse fournie par l'intéressé à l'administration lors du dépôt de sa demande de titre de séjour. Le pli a été présenté le 6 novembre 2023, puis mis à sa disposition durant 15 jours sur le site de La Poste et retourné à la préfecture. La notification de cet arrêté mentionnait les voies et délais de recours. M. B doit être regardé comme en ayant eu connaissance à cette date. La requête présentée par M. B tendant à l'annulation l'arrêté du 31 octobre 2023 a été enregistrée au greffe le 12 janvier 2024, soit après l'expiration du délai de trente jours prévu par les dispositions précitées. Par suite, cette requête, qui est tardive en dépit de la demande d'aide juridictionnelle présentée le 12 janvier 2024 et qui ne saurait donc être régularisée, doit être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Metangmo et au préfet du Nord.

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Lille, le 8 octobre 2024.

Le président de la 7ème chambre,

Signé

M. C

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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