Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2400452

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2400452
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2024, Mme C D, représentée par Me Zambo Mveng demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 décembre 2023 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler sa carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de conjointe de français ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. En l'espèce, Mme D demande au tribunal d'annuler la décision du 12 décembre 2023 par laquelle le préfet du Pas-de-Calais a refusé de renouveler sa carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de conjointe de français.

3. En premier lieu, si la requérante soutient que la décision a été prise par une autorité incompétente, par un arrêté n° 2020-10-30 du 24 août 2020, publié le 25 du même mois au recueil spécial n° 50 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Pas-de-Calais a donné délégation à M. B A, chef du bureau du contentieux du droit des étrangers, signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer, notamment, la décision contestée. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l'incompétence du signataire de cette décision est manifestement infondé.

4. En deuxième lieu, si la requérante soutient que la décision en litige est insuffisamment motivée, celle-ci mentionne les circonstances de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Pas-de-Calais s'est fondé pour l'édicter. Ces mentions ont mis l'intéressée à même de discuter les motifs de cette mesure et permettent au juge de vérifier qu'un examen effectif de sa situation a été opéré. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation et de l'absence d'examen sérieux de la situation de la requérante sont manifestement infondés.

5. En troisième lieu, si la requérante soutient également que la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 423-1, L. 423-5, L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle se borne à relever que la décision attaquée contrevient à ces dispositions et qu'elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, sans assortir ces moyens d'une quelconque précision. Dès lors, ces moyens ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de Mme D n'étant assorties que de moyens de légalité externe manifestement infondés ainsi que de moyens qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, le délai de recours contentieux étant par ailleurs expiré, il y a lieu de les rejeter en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au paiement de frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et au préfet du Pas-de-Calais.

Fait à Lille, le 4 avril 2024.

La présidente de la 3ème chambre,

Signé

J. FÉMÉNIA

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier