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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2401501

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2401501

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2401501
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête en référé suspension de M. A, ressortissant irakien, visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 27 octobre 2023 ordonnant son expulsion du territoire français. Le juge a estimé qu'aucun des moyens invoqués, notamment l'insuffisance de motivation, la méconnaissance des droits de la défense, de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ou de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée sans examen de la condition d'urgence, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 février 2024, M. C A, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 27 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord a ordonné son expulsion du territoire français et fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande de carte de résident et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient :

Sur l'urgence, que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement pour l'exécution de laquelle il a été placé en rétention administrative ;

- cette condition est réputée satisfaite s'agissant d'une mesure d'expulsion ;

Sur le doute sérieux, que :

En ce qui concerne la décision portant expulsion du territoire français :

- la mesure contestée est insuffisamment motivée ;

- elle a été édictée au terme d'une procédure irrégulière, méconnaissant le principe général du respect des droits de la défense ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant expulsion du territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant irakien né le 1er janvier 1984, déclare être entré en France le 15 septembre 2008. Il a été admis au statut de réfugié par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 15 janvier 2009. Il a bénéficié d'une carte de résident dont la durée de validité a expiré le 4 août 2019. Par une décision du 28 décembre 2020, notifiée le 17 février 2021, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a mis fin à son statut de réfugié au motif que celui-ci a été condamné en dernier ressort, en France, pour une infraction passible de dix ans d'emprisonnement en France et que sa présence sur le territoire national représente une menace grave pour la société française. Par un arrêté du 27 octobre 2023, le préfet du Nord a ordonné son expulsion du territoire français et a fixé le pays de destination. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. En l'état de l'instruction, il est manifeste qu'aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu ni d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ni d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, que sa requête doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant au versement d'une somme au titre des frais de l'instance, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à Me Danset-Vergoten.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord .

Fait à Lille, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

Y. B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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