LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2402164

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2402164

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2402164
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2024, M. B D, représenté par Me Marseille, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté en date du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de délai de quinze jours, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) en cas d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ; ou, en cas de refus d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement entre ses mains de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision faisant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 15 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;

- les observations de Me Marseille, avocate de M. D, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ; elle soulève en outre à l'encontre de la décision faisant obligation à M. D de quitter le territoire français le moyen tiré de l'erreur de fait, en ce que, contrairement à ce qu'a retenu le préfet du Nord, l'intéressé est marié et père de deux enfants, son épouse et sa deuxième fille l'accompagnant, ainsi que le moyen tiré de la violation de l'article 3,1 de la convention internationale des droits de l'enfant, au regard notamment de la demande d'asile présentée au nom de sa fille qui est toujours en cours ; elle soutient en outre que les décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité de la décision faisant obligation de quitter le territoire français ; elle soulève enfin à l'encontre de la décision faisant le moyen tiré de la violation de l'article 3,1 de la convention internationale des droits de l'enfant :

- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui indique s'en rapporter à la justice ;

- et les observations de M. D assisté de M. A, interprète en langue soussou.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant guinéen né le 10 février 1994, est entré en France en 2016 selon ses déclarations. Il a déposé une demande d'asile, qui a été rejetée par une décision de l'Office français des réfugiés et des apatrides (OFPRA) du 6 avril 2021, notifiée le 20 avril 2021. Par une ordonnance du 31 août 2021, notifiée le 27 septembre 2021, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté le recours présenté par M. D contre la décision de l'OFPRA. Par une décision du 18 avril 2023, notifiée le 27 avril 2023, l'OFPRA a rejeté la demande de réexamen présentée par M. D. Le 27 février 2024, M. D a été interpellé à Lille à l'occasion d'un contrôle d'identité. Ne pouvant justifier de son droit à circuler ou à séjourner en France, il a été placé en retenue administrative aux fins de vérification de ce droit. Par un arrêté du 27 février 2024, dont M. D demande l'annulation, le préfet du Nord a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. D s'étant vu accorder l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 15 avril 2024, ses conclusions tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Il ressort des termes de la décision par laquelle le préfet du Nord a fait obligation à M. D de quitter le territoire français, que l'autorité préfectorale a retenu que ce dernier était célibataire et sans enfant à charge et que les membres de sa famille résidaient dans son pays d'origine. Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment du formulaire de demande d'asile complété par le requérant ainsi que des attestations de demandeur d'asile qui lui ont été délivrées les 12 août 2019, 7 décembre 2020 et 16 mars 2023, que M. D a toujours indiqué être marié. Il ressort en outre du formulaire de demande d'asile du 14 décembre 2020 que M. D a déclaré que son père était décédé et être dans l'ignorance du lieu où réside sa mère. Par ailleurs, le requérant justifie que son épouse, avec laquelle il démontre être marié depuis le 20 février 2015, résidait, à la date de la décision attaquée, avec lui en France et avait déposé une demande d'asile enregistrée par les services de la préfecture du Nord le 16 mars 2023 et pour laquelle un recours contre la décision de rejet opposée par l'OFPRA était toujours pendant devant la CNDA. Il justifie en outre que son épouse et lui-même sont parents d'une enfant, C, née à Lille le 27 octobre 2023, et au nom de laquelle une demande d'asile a été déposée le 26 décembre 2023 auprès des services de la préfecture du Nord. Dès lors que le préfet du Nord ne démontre pas avoir tenu compte de l'ensemble de ces éléments, dont il avait nécessairement connaissance et qui, s'ils avaient été pris en compte, auraient été susceptibles d'avoir une influence sur la décision prise, M. D est fondé à soutenir que l'autorité préfectorale n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle avant de l'obliger à quitter le territoire français.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du 27 février 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français. Il y a lieu, par voie de conséquence, d'annuler les décisions du même jour par laquelle le préfet du Nord a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a fait interdiction au requérant de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

5. L'exécution du présent jugement implique, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'autorité préfectorale procède au réexamen de la situation de M. D et qu'elle lui délivre, en l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet du Nord d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés à l'instance :

6. M. D ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions précitées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Marseille, avocate de M. D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Marseille de la somme de 1 000 euros.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions de M. D tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : L'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord a fait obligation à M. D de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la situation de M. D dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, en l'attente, une autorisation provisoire de séjour.

Article 4 : L'Etat versera à Me Marseille, avocate de M. D, la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Marseille renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Héloïse Marseille et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

La magistrate désignée,

signé

F. BONHOMMELa greffière

signé

N. BELHARRET

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions