jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2402176 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VERGNOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 février 2024, M. B C A, représenté par Me Vergnole, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que la décision attaquée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;
- les observations de Me Vergnole, avocate de M. C A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ; elle soulève en outre le moyen tiré du défaut de base légale dès lors que la décision faisant obligation à M. C A de quitter le territoire français n'a pas été régulièrement notifiée à l'intéressé et que, faute pour cette décision d'être exécutoire, elle ne peut servir de fondement à la décision attaquée assignant M. C A à résidence ;
- les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête de M. C A au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- et les observations de M. C A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant angolais né le 4 septembre 1994, demande l'annulation de l'arrêté en date du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ". Aux termes de l'article L. 732-1 du même code : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".
5. Il ressort des termes mêmes de la décision assignant M. C A à résidence que celle-ci comporte, avec une précision suffisante, les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. La circonstance que cette décision ne mentionne pas l'existence d'une précédente mesure d'éloignement en date du 1er février 2023 ainsi que l'annulation de cette mesure par un jugement du tribunal administratif de Lille du 23 mai 2023 n'est pas de nature à entacher la décision attaquée d'un défaut de motivation. En tout état de cause, la décision en litige mentionne l'arrêté du 9 octobre 2023 faisant obligation de quitter le territoire français lequel rappelle, dans ces motifs, l'annulation du précédent arrêté du 1er février 2023. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté en date du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord a assigné M. C A à résidence serait insuffisamment motivé doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet du Nord ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation de M. C A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 613-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une décision portant obligation de quitter le territoire français est informé, par cette notification écrite, des conditions, prévues aux articles L. 722-3 et L. 722-7, dans lesquelles cette décision peut être exécutée d'office ". Aux termes de l'article L. 722-3 de ce code : " L'autorité administrative peut engager la procédure d'exécution d'office de la décision portant obligation de quitter le territoire français dès l'expiration du délai de départ volontaire ou, si aucun délai n'a été accordé, dès la notification de l'obligation de quitter le territoire français ou, s'il a été mis fin au délai accordé, dès la notification de la décision d'interruption du délai ". Enfin, aux termes de l'article L. 722-7 du même code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. / (.). / Les dispositions du présent article s'appliquent sans préjudice des possibilités d'assignation à résidence et de placement en rétention prévues au présent livre ".
8. Il résulte de ces dispositions que l'obligation de quitter le territoire français ne peut faire l'objet d'une exécution d'office avant l'expiration du délai de départ volontaire ou, si aucun délai n'a été accordé, avant l'expiration du délai de recours contentieux, et, s'il est saisi, avant que le tribunal administratif n'ait statué. Ces dispositions n'ont en revanche ni pour objet ni pour effet de suspendre le délai de départ volontaire qui court à compter de la notification de l'obligation de quitter le territoire français, ni d'empêcher l'assignation à résidence d'un étranger qui s'est maintenu sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire qui lui a été accordé.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C A a fait l'objet d'un arrêté en date du 9 octobre 2023 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Cet arrêté a été adressé à l'intéressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et il ressort du tableau de suivi émanant des services de la Poste que cette lettre, n'ayant pu être distribuée le 13 octobre 2023, a été mise à disposition au bureau de poste dès le lendemain, pour une durée de quinze jours. Le pli n'ayant pas été retiré par le destinataire à l'issue de ce délai, il a été retourné à l'expéditeur. Si M. C A soutient qu'en l'absence d'enveloppe, il n'est pas établi que le tableau de suivi produit au débat concernerait le pli contenant l'arrêté du 9 octobre 2023, il ne produit aucun élément de nature à remettre en cause les mentions figurant sur ce tableau de suivi. Par ailleurs, si M. C A soutient que l'adresse du foyer Aida qui figure sur l'arrêté du 9 octobre 2023 et à laquelle a été manifestement adressé le pli contenant cet arrêté ne correspond pas à l'adresse qu'il avait communiquée aux services de la préfecture dans le cadre du réexamen de sa situation que le préfet était tenu de faire à la suite du jugement du 23 mai 2023 du tribunal de Lille, il ne produit, dans le cadre de la présente instance, aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait informé les services de la préfecture de son changement d'adresse. Dans ces conditions, il est établi que l'arrêté du 9 octobre 2023 faisant obligation à M. C A de quitter le territoire français dans le délai de trente jours a été régulièrement notifié à l'intéressé le 13 octobre 2023, de sorte que le délai de départ a commencé à courir à compter de cette date et qu'il était donc expiré le 27 février 2024, lorsque le préfet du Nord a pris l'arrêté attaqué par lequel il a assigné le requérant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision assignant M. C A à résidence serait entachée d'un défaut de base légale doit être écarté.
10. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C A réside au 10 rue des Vosges à Roubaix. Il est célibataire et sans enfant. Il est actuellement sans activité professionnelle. S'il fait valoir que la décision attaquée l'assignant à résidence l'empêche de faire des démarches, notamment auprès de son employeur, en vue de régulariser sa situation, il ne produit aucun élément à l'appui de ses allégations. En tout état de cause, cet élément n'est pas de nature à établir que le préfet du Nord aurait, en prenant la décision attaquée, commis une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 février 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions qu'il a présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DÉCIDE :
Article 1er : M. C A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Marion Vergnole et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
La magistrate désignée,
Signé,
F. BONHOMMELa greffière,
Signé,
N. BELHARRET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2402176
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026