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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2402689

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2402689

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2402689
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme C visant à suspendre le refus implicite du préfet du Nord de délivrer un titre de voyage à sa fille mineure, bénéficiaire de la protection internationale. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne justifiant pas de raisons impérieuses pour un voyage au Mali programmé en août 2024, ni de l'impossibilité de confier l'enfant à un tiers de confiance en France. La requête a donc été rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 mars 2024, Mme A C, agissant tant en son nom propre qu'en qualité de représentante légale de sa fille mineure B C, représentée par Me Schryve, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de délivrer à la jeune B C un titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de délivrer le titre de voyage sollicité dans le délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros qui sera versée à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle ou, dans le cas où elle ne serait pas admise au bénéfice de cette aide, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu

- la requête de Mme C tendant à l'annulation de la décision attaquée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme C, ressortissante guinéenne née le 20 mars 1986, est la mère, notamment, des jeunes B et E C, nées le 25 septembre 2018 et admises l'une et l'autre au statut de réfugié par décision du 31 janvier 2020. Mme C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de délivrer à la jeune B C un titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

4. Pour caractériser l'urgence qui s'attache, selon elle, à la suspension de la décision contestée, Mme C soutient que la délivrance d'un titre de voyage pour étranger bénéficiaire de la protection internationale à sa fille mineure B C, lui est nécessaire en vue d'effectuer un voyage au Mali, Etat où peuvent se rendre les filles aînées de la requérante, ce voyage étant programmé au mois d'août 2024. Toutefois, Mme C ne démontre pas, d'une part que la réalisation de ce voyage était justifiée à bref délai par des raisons impérieuses qui ne sauraient se déduire de la seule durée de sa séparation avec ses filles aînées, ni d'autre part qu'elle ne pourrait confier la jeune B aux soins d'un tiers de confiance résidant en France pendant son voyage. Par suite, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'admettre à titre provisoire Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle, que la requête de l'intéressée, y compris sa demande présentée au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à Me Schryve.

Fait à Lille, le 20 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

Y. D

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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