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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2403475

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2403475

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2403475
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par M. A, ressortissant tunisien, d’un recours pour excès de pouvoir contre le rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de parent d’enfant français. En cours d’instance, le préfet du Nord lui a délivré une carte de séjour pluriannuelle, ce qui a conduit M. A à se désister de sa requête. Le tribunal a donné acte de ce désistement et a condamné l’État à verser 800 euros à son avocat au titre des frais de justice, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 avril 2024, M. B A, représenté par Me Gommeaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour formée par lettre recommandée avec accusé de réception reçue le 11 avril 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de résident dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, ou à défaut de lui délivrer une carte pluriannuelle " vie privée et familiale " dans ce même délai, ou à titre infiniment subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa demande dans un délai de quinze jours, en toute hypothèse sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Gommeaux, son avocat, de la somme de 2 000 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation, en l'absence de réponse apportée à la demande de communication des motifs de la décision implicite de rejet ;

- elle est entachée d'un vice de procédure le privant d'une garantie, dès lors qu'il n'est pas établi que la commission du titre de séjour ait été saisie de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.

Par un mémoire, enregistré le 6 novembre 2024, M. A conclut qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête, précisant cependant maintenir ses conclusions relatives aux frais liés au litige.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Fougères a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 28 décembre 1983 à Gafsa (Tunisie), a obtenu une carte de séjour en qualité de parent d'enfant français, valable du 21 mai 2019 au 20 mai 2020, titre renouvelé pour une durée de deux années, soit jusqu'au 20 mai 2022. Il a présenté le 11 avril 2022 une demande tendant au renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, M. A a sollicité l'annulation de la décision implicite de rejet de cette demande. Le 27 septembre 2024, le préfet du Nord lui a délivré une carte de séjour pluriannuelle valable du 9 septembre 2024 au 8 septembre 2026.

2. Si M. A a présenté le 6 novembre 2024 des conclusions à fin de non-lieu, la décision attaquée a produit des effets avant son abrogation. La requête n'est pas ainsi devenue sans objet. Dès lors, ces conclusions équivalent à un désistement pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il soit donné acte de ce désistement.

3. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Gommeaux, conseil de M. A, d'une somme de 800 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.

D É C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. A.

Article 2 : L'Etat versera à Me Gommeaux, conseil de M. A, une somme de 800 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Nord.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cotte, président,

M. Fougères, premier conseiller,

M. Goujon, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

V.Fougères

Le président,

signé

O. Cotte La greffière,

signé

C. Lejeune

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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