Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2403856
lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2403856 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 avril 2024 et 24 avril 2024, M. C A, représenté par Me Olivier Maricourt, demande au tribunal :
- d'annuler les décisions du 11 avril 2024 par lesquelles le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays dont il la nationalité comme pays de destination et interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Il soutient :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- qu'elle a été signée par une autorité administrative incompétente pour ce faire ;
- qu'elle est insuffisamment motivée ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- qu'elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :
- qu'elle a été signée par une autorité administrative incompétente pour ce faire ;
- qu'elle est insuffisamment motivée ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- qu'elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- qu'elle a été signée par une autorité administrative incompétente pour ce faire ;
- qu'elle est insuffisamment motivée ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- qu'elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des libertés fondamentales et des droits de l'homme ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- qu'elle a été signée par une autorité administrative incompétente pour ce faire ;
- qu'elle est insuffisamment motivée ;
- qu'elle a été prise en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- qu'elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales signée le 4 novembre 1950 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné M. Olivier Huguen en application de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience :
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huguen, magistrat désigné ;
- les observations de Me Maricourt, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- les observations de M. A, assisté de Mme B, interprète assermentée en langue arabe ;
- les observations de Me Kerrich, pour le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant tunisien, est né le 30 mars 1995 à Monastir (République tunisienne). Il est également connu, dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED), sous l'identité d'Amine Elssid, né le 30 mars 1995 à Tripoli (Lybie). Lors de son audition par les services de police le 10 avril 2024, il a déclaré être entré en France irrégulièrement et ne pas être en possession d'un passeport tunisien, d'un titre de séjour en cours de validité ni n'avoir entrepris aucune démarche tendant à la régularisation de sa situation au regard du droit au séjour. Par un arrêté en date du 11 avril 2024, le préfet du Nord a obligé M. A à quitter le territoire français, lui a refusé un délai de départ volontaire, a fixé le pays dont il a la nationalité comme pays de destination et interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté distinct daté du même jour, qui n'est pas contesté, le préfet du Nord a prononcé l'assignation à résidence de M. A. M. A demande l'annulation des décisions contenues dans le premier arrêté du 11 avril 2024.
Sur les moyens communs invoqués à l'encontre des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 5 mars 2024, publié le même jour au recueil n° 2024-097 des actes administratifs de la préfecture du Nord, le préfet du Nord a donné délégation à Mme E D, adjointe à la cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, à l'effet de signer, notamment, les décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit, par suite, être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 11 avril 2024 en litige comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait propres à la situation personnelle de M. A sur lesquelles le préfet du Nord a entendu fonder chacune des décisions attaquées. Ces considérations de fait et de droit sont suffisamment développées pour mettre utilement en mesure M. A d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en toute connaissance de cause. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
4. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 du même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (.) ". Le droit d'être entendu préalablement à toute décision qui affecte sensiblement et défavorablement les intérêts de son destinataire constitue l'une des composantes du droit de la défense, tel qu'il est énoncé notamment au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et fait partie des principes généraux du droit de l'Union européenne ayant la même valeur que les traités. Il garantit à toute personne la possibilité de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours de la procédure administrative, afin que l'autorité compétente soit mise à même de tenir compte de l'ensemble des éléments pertinents pour fonder sa décision. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
5. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 10 avril 2024, le fonctionnaire de police a posé à M. A un total de 25 questions portant sur son identité, sur les raisons de son départ de Tunisie et son parcours, sur sa situation familiale et son pays d'origine, sur sa situation administrative, sur l'absence de remise de son passeport ou d'une pièce d'identité, sur ses moyens de subsistance et son viatique et sur les faits de l'espèce. M. A, au nombre de ces questions, a été invité à présenter ses observations sur l'éventuelle mesure d'éloignement qui pouvait être prise à son encontre. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que, par la nature des questions posées, il n'aurait pas été entendu de manière effective. En tout état de cause, ainsi qu'il a été énoncé au point précédent, le droit d'être entendu implique seulement que l'intéressé soit mis en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou orales sans qu'il soit nécessaire pour le préfet de l'inviter spécifiquement à formuler de telles observations. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Nord aurait méconnu le droit de M. A d'être entendu doit être écarté.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1- Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2- Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui " ;
7. M. A soutient séjourner en France depuis 2014, disposer d'un logement et être en cours de signature d'un contrat à durée indéterminée pour exercer un emploi de technicien en fibres optiques. Toutefois, selon ses déclarations aux services de police, M. A, qui n'a, en près de 10 ans de présence en France, entrepris aucune démarche tendant à la régularisation de sa situation au regard du droit au séjour, est célibataire et n'a pas d'enfants à charge. Il a également déclaré que les membres de sa famille résidaient en Tunisie et qu'il ne disposait, comme seule source de revenus, que le produit d'un travail dissimulé. Dès lors, compte tenu de ces circonstances, et nonobstant celle qu'il bénéficierait d'un contrat à durée indéterminée pour exercer un emploi de technicien en fibres optiques, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, par la décision attaquée, méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que, ce faisant, le préfet du Nord aurait entaché la décision attaquée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
Sur la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire
10. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2, 3, 5 et 7 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire serait illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
11. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : ( ) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;/ () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ;/ 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () ".
12. Il est constant que M. A ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, s'est soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement prononcées les 20 novembre 2017 et 27 mai 2020 et ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord, en refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, aurait méconnu les dispositions des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de destination :
14. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2, 3, 5 et 7 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision fixant le pays de destination serait illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
15. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet du Nord aurait, par la décision attaquée, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
16. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ". Il résulte de ces dispositions combinées que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
18. Il est constant que M. A n'a entrepris aucune démarche tendant à la régularisation de sa situation au regard du droit au séjour et qu'il s'est soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement prononcées les 20 novembre 2017 et 27 mai 2020. En outre, il est connu défavorablement des services de police pour avoir été impliqué dans des faits de vol en réunion (22 octobre 2014), de détention de produits stupéfiants (3 septembre 2015), d'usage illicite de stupéfiants et d'entrée irrégulière d'un étranger en France (14 janvier 2018), de cambriolage de lieux d'habitation principale (20 janvier 2015 et 30 janvier 2015), de recel de vol et de tentative de vol en réunion précédée de dégradation (8 février 2015), d'outrage à un agent d'exploitation de réseau de transport public de personnes (11 septembre 2018), de vol simple (16 décembre 2019) et de recel provenant d'un vol (3 novembre 2020 et 25 novembre 2020). Dès lors, compte tenu de ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en interdisant son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, le préfet du Nord aurait, dans les circonstances de l'espèce, méconnu les stipulations des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
19. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2, 3, 5 et 7 du présent jugement, M. A n'est pas fondé à soutenir, par la voie de l'exception, que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Nord a interdit son retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
21. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2024 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à C A, à Me Olivier Maricourt et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé,
O. HUGUEN
La greffière,
Signé,
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2403856
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