mardi 30 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2404719 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VERGNOLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 mai 2024, M. C B A, représenté par Me Vergnole, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 29 avril 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités portugaises ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale et de lui remettre un dossier en vue de saisir l'OFPRA, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'un vice de procédure tiré de la violation des dispositions de l'article 5 du règlement 604/2013, article 35 et article 4.4 directive 2013/112/UE ;
- méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bonhomme en application de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonhomme, magistrate désignée ;
- les observations de Me Vergnole, avocate de M. B A, non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'elle développe ;
- le préfet du Nord n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant angolais né le 28 novembre 1996, a déposé une demande d'asile en France enregistrée le 30 novembre 2023 par les services de la préfecture du Nord. A la suite de cette demande, le préfet du Nord, constatant que l'intéressé était entré en France sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa court séjour délivré par les autorités consulaires portugaises périmé depuis moins de six mois, a saisi les autorités portugaises d'une demande de prise en charge le 29 décembre 2023. Le Portugal a accepté sa responsabilité le 26 février 2024. M. B A demande au tribunal l'annulation de l'arrêté en date du 29 avril 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. / () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B A est arrivé en France le 13 octobre 2023 accompagné de son père, lequel présente d'importants problèmes de santé. Les pièces médicales produites aux débats par le requérant attestent que son père a été hospitalisé du 29 octobre 2023 au 13 février 2024 au centre hospitalier de Lille et qu'à la date de l'arrêté en litige, il était toujours pris en charge dans le cadre d'une hospitalisation à domicile. Ces documents soulignent par ailleurs la présence de M. B A auprès de son père et la nécessité de son soutien dans la prise en charge des pathologies dont souffre ce dernier ainsi que pour le quotidien. A cet égard, il est établi que, depuis la sortie d'hôpital du père de M. B A, tous deux résident ensemble au sein du centre d'hébergement Pradha Adoma à Roncq. S'il ressort des termes de l'arrêté en litige que le père de M. B A ferait également " l'objet d'une décision idoine de transfert " aux autorités portugaises, de sorte que la décision attaquée " n'aurait pas pour but de [] séparer [M. B A] de son père ", le requérant conteste toutefois que son père fasse l'objet d'une telle décision. Il fait valoir que son père n'a pu se rendre en préfecture du fait de son état de santé et soutient qu'aucune décision de transfert ne lui a été notifiée. Ses allégations sont corroborées par les pièces médicales précédemment mentionnées qui confirment que son père a fait l'objet d'une longue hospitalisation, rendant peu probable sa venue en préfecture alors que le préfet du Nord, qui n'a pas produit de mémoire en défense et n'est pas intervenu à l'audience, ne produit quant à lui aucun élément de nature à démontrer que, ainsi qu'il l'affirme, le père du requérant ferait également l'objet d'une décision de transfert vers les autorités portugaises. Dans ces conditions, M. B A est fondé à soutenir que le préfet du Nord, lorsqu'il a pris la décision attaquée, n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté en date du 29 avril 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de le transférer aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. L'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit statué à nouveau sur la situation de M. B A. Il y a lieu dès lors d'enjoindre le préfet du Nord d'y procéder, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B A ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de son avocate à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de ce dernier le versement à Me Vergnole de la somme de 1 000 euros.
DÉCIDE :
Article 1er : M. B A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté en date du 29 avril 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé de transférer M. B A aux autorités portugaises pour l'examen de sa demande d'asile est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Nord de procéder au réexamen de la situation de M. B A dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Vergnole renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera à Me Vergnole, avocate de M. B A la somme 1 000 (mille) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à Me Marion Vergnole et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2024.
La magistrate désignée,
signé
F. BONHOMMELa greffière,
signé
F. JANET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026