lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2404980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DELGORGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mai 2024, M. C A, représenté par Me Dramé, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 13 mars 2024 par laquelle le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) d'enjoindre au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord de le réintégrer provisoirement dans ses effectifs dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de reconstituer sa carrière et de lui verser les revenus qui lui sont dus depuis le 13 mars 2024 ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision le licenciant le prive de tout revenu et a entraîné l'expulsion de son logement de fonctions ce qui crée une situation d'urgence financière ;
- cette décision est insuffisamment motivée en fait, en méconnaissance des dispositions des articles L.211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public alors en outre que l'administration en ce qu'elle liste des reproches non datés sans renvoyer aux enquêtes qui auraient permis de les fonder, n'explique pas les motifs ayant justifié que l'avis défavorable du conseil de discipline ne soit pas suivi ;
- la procédure disciplinaire a été méconnue faute de précision suffisante, dans l'avis d'engagement des poursuites, des faits et circonstances justifiant cette procédure ;
- la réalité des quatre manquements qui sont formulés dans l'arrêté attaqué et tenant à une implication insuffisante dans l'encadrement des agents placés sous son autorité, une organisation insuffisante des tâches de ces agents, une implication insuffisante dans les relations avec les partenaires extérieurs et des carences dans le domaine de la sécurité des bâtiments et dans l'élaboration d'un inventaire des types d'équipements, n'est pas corroborée par les éléments du dossier et ceux des faits qui ont été pris en compte par le conseil de discipline sont, au demeurant, insuffisants à justifier un licenciement pour insuffisance professionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2024, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord, représenté par Me Delgorgue, du cabinet Urbis Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-la condition d'urgence n'est, à la date de l'audience, pas remplie dès lors qu'une indemnité de licenciement de près de 25 000 euros a été versée au requérant le 27 avril 2024, outre le paiement de ses jours monétisables de son compte épargne temps et le solde de ses congés payés, soit 4 000 euros, alors qu'il peut également prétendre au versement de l'allocation de retour à l'emploi ;
- en outre, l'intéressé a quitté son logement de fonctions dès le mois d'octobre 2023, la suppression de ce logement, décidée dans le cadre d'une réorganisation du service antérieure, n'étant donc pas une conséquence de la procédure de licenciement ;
-l'arrêté attaqué est largement motivé en droit comme en fait et n'avait pas à comporter de motif spécifique justifiant que l'avis du conseil de discipline ne soit pas suivi par l'autorité territoriale ;
- le requérant a été dûment avisé des motifs de la procédure engagée à son encontre et cette dernière n'est donc pas irrégulière ;
- les motifs retenus pour justifier l'insuffisance professionnelle ne sont entachés d'aucune inexactitude matérielle et chacun d'eux est étayé par les évaluations antérieures, ainsi que les éléments recueillis tant au cours des enquêtes qui ont été diligentées qu'au cours des constatations opérées lors d'audits ultérieurs.
Vu :
- la requête enregistrée le 15 mai 2024 sous le n° 2404981 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 85-186 du 7 février 1985 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 30 mai 2024 :
- le rapport de M. B ;
- les observations de Me Dramé représentant M. A, qui reprend le contenu de ses écritures, tant s'agissant de l'urgence, eu égard à sa situation financière qui le contraint à être hébergé chez son fils, que de la légalité de l'arrêté attaqué, l'administration entretenant la confusion entre une prétendue insuffisance professionnelle et le caractère disciplinaire des griefs qui sont articulés contre lui, alors que le conseil de discipline a largement balayé les reproches qui lui ont été adressés et que ses évaluations professionnelles sont, depuis 21 ans, favorables ;
- les observations de Me Delgorgue, représentant le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord, qui reprend le contenu de ses écritures, confirmant l'absence de démarche disciplinaire de l'administration et l'exactitude matérielle de chacun des groupes d'éléments qui ont justifié la qualification d'insuffisance professionnelle.
A la demande du juge des référés, M. A a confirmé avoir quitté son logement depuis le mois d'octobre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, technicien territorial principal de 1ère classe affecté au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord depuis 2003, assurait la responsabilité de responsable des services techniques au siège et sur un centre de concours et d'examens. Plusieurs dysfonctionnements et incidents ont conduit l'administration du centre de gestion à diligenter des enquêtes administratives, en 2021, sur la manière pour M. A d'accomplir ses missions et dont le contenu a mis en évidence des insuffisances, dont la persistance, constatée au cours des deux années suivantes, l'ont amenée à engager, le 13 novembre 2023, une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle. Bien que le conseil de discipline, saisi dans les conditions prévues, en pareil cas, par les dispositions du décret du 18 septembre 1989 visé ci-dessus, ait émis, à l'issue de sa séance du 22 janvier 2024, un avis défavorable à la mesure envisagée, le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord a néanmoins, par arrêté du 8 mars 2024, décidé le licenciement de M. A pour insuffisance professionnelle à compter de la date de notification de cette décision. C'est l'arrêté dont M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aucun des moyens invoqués par M. A à l'appui de ses conclusions, n'est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord décidant de le licencier pour insuffisance professionnelle. La décision de la directrice des affaires juridiques du CHBA a, comme elle était tenue de le faire, refusé de lui reconnaître le bénéfice du dispositif de rupture conventionnelle prévu par les dispositions de l'article 72 de la loi du 6 août 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonctions :
4. La présente ordonnance de rejet n'implique aucune mesure d'exécution et il en résulte que les conclusions aux fins d'injonctions présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Ces dispositions font obstacle au versement, par le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord, qui n'est pas la partie perdante, de quelque somme que ce soit à M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par ce centre de gestion tendant au bénéfice des mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord.
Fait à Lille, le 3 juin 2024
Le juge des référés
signé
Eric B
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026