lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405343 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, M. A Rinaldi, représenté par Me Blanco, demande au juge des référés :
1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 mars 2024 du maire de la commune de La Madeleine (Nord) réglementant l'affichage d'opinion, d'expression libre et de publicité ;
2°) de mettre à la charge de la commune de La Madeleine une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence, que :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lille n°2404856 du 14 mai 2024 est entachée d'une erreur matérielle et la mesure contestée affecte les expressions non seulement politiques mais aussi syndicales ;
Sur le doute sérieux, que :
- la mesure contestée est entachée d'incompétence ;
- son article 4 est entaché d'illégalité, en ce que le délai d'affichage qu'il prescrit est dépourvu de base légale, ainsi que l'interdiction de la superposition des affiches, et que les modalités de dépose des affiches par les services municipaux ne permettent pas de s'assurer du respect de la libre expression des opinions ;
- son article 6 est également entaché d'illégalité, en ce que la police spéciale de l'affichage prévue par l'article L. 581-1 du code de l'environnement ne permet pas de réglementer l'affichage pour des motifs d'ordre public ;
- en tout état de cause, l'arrêté litigieux est illégal en ce qu'il substitue un régime d'autorisation préalable à un régime de sanction des atteintes avérées à l'ordre public, ce régime étant au demeurant disproportionné au regard des motifs d'intérêt général qui le fondent ;
- l'arrêté litigieux porte une atteinte excessive à la liberté d'expression.
Vu :
- la copie de la requête de M. Rinaldi tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Par un arrêté du 14 mars 2024, le maire de la commune de La Madeleine a réglementé l'affichage d'opinion, d'expression libre et la publicité relative aux activités des associations sans but lucratif sur la commune. M. Rinaldi, conseiller municipal de la commune, par une requête enregistrée le 13 mai 2024, a demandé au juge des référés du Tribunal administratif de Lille de suspendre l'exécution de cet arrêté. Par une ordonnance n°2404856 du 14 mai 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Lille a rejeté sa requête au motif que la condition d'urgence posée par l'article, L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être regardée, en l'espèce, comme remplie. Par la présente requête, M. Rinaldi demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 14 mars 2024 du maire de la Madeleine.
3. Pour justifier de l'existence d'éléments nouveaux justifiant de l'urgence qui s'attache, selon lui, à la suspension de l'exécution de l'arrêté en litige du 14 mars 2024, M. Rinaldi soutient que l'ordonnance n°2404856 du 14 mai 2024 est entachée d'une erreur matérielle, qu'il justifie être membre d'un mouvement politique et que la mesure contestée affecterait les expressions non seulement politiques mais aussi syndicales. Toutefois, ces circonstances ne sont pas de nature à caractériser, à eux seuls, l'existence d'une situation d'urgence, le requérant n'invoquant, par ailleurs, aucune opinion ou expression qu'il serait, à très brève échéance, empêché d'afficher sur le territoire communal par cet arrêté. Par suite, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. Rinaldi doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. Rinaldi est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A Rinaldi.
Une copie sera adressée pour son information à la commune de La Madeleine.
Fait à Lille, le 9 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
Y. B
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026