jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405450 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 mai 2024, Mme A B demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 7 mai 2024 par laquelle le président de l'université d'Artois a rejeté sa demande d'admission préalable en première année de licence " sciences, technologies, santé mention sciences de la vie " pour l'année 2024/2025, au sein de la faculté des sciences Jean Perrin à Lens ;
2°) d'enjoindre au président de l'université d'Artois de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 9 mai 2005, déclare avoir sollicité, par une demande déposée le 15 décembre 2023 auprès des services de l'université d'Artois, son admission préalable en première année de licence " sciences, technologies, santé mention sciences de la vie " pour l'année 2024/2025, au sein de la faculté des sciences Jean Perrin à Lens. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 7 mai 2024 par laquelle le président de l'université d'Artois a rejeté cette demande.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier l'urgence qui s'attache, selon elle, à suspendre l'exécution de la décision en litige, Mme B soutient que celle-ci porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle, dès lors qu'elle fait obstacle à ce qu'elle puisse suivre un cursus universitaire en France. Toutefois, la décision en litige, qui se borne à rejeter sa demande, présentée au titre de l'article D. 612-2 du code de l'éducation, d'admission en première année de licence " sciences, technologies, santé mention sciences de la vie " pour l'année 2024/2025, au sein de la faculté des sciences Jean Perrin à Lens, n'a aucunement pour objet, ni pour effet d'empêcher cette dernière d'entreprendre des études supérieures dans son pays d'origine. Si Mme B soutient à cet égard qu'en raison d'un taux de chômage élevé chez les jeunes diplômés au Cameroun, elle ne dispose d'aucune perspective professionnelle dans son pays d'origine, le risque ainsi allégué de ne pas trouver un emploi en poursuivant ses études supérieures dans son pays d'origine présente un caractère purement hypothétique et ne saurait, en tout état de cause, être regardé comme résultant de la décision en litige. La circonstance selon laquelle, eu égard aux délais d'instruction des requêtes au fond par la juridiction administrative, la situation de Mme B ne serait pas examinée à temps, ce qui aurait pour conséquence de lui faire manquer le début des cours en septembre 2024, ne permet pas, en l'absence de circonstances particulières propres à l'intéressée, de caractériser l'existence d'une situation d'urgence. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction, selon la formule prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Une copie sera adressée pour information au président de l'université d'Artois.
Fait à Lille, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J. ROBBE
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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