Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2405631
lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405631 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés le 2 juin 2024, le 6 juin 2024 et le 19 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Bernier, demande au juge des référés :
1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la délibération du jury parcours accès spécifique santé - licence accès santé (PASS-LAS) de l'université de Lille relative aux résultats du premier groupe d'épreuves du concours de médecine au titre de l'année universitaire 2022-2023 par laquelle elle a été classée en 90ème position, ainsi que la décision du 1er décembre 2023 par laquelle le président de l'université de Lille a rejeté son recours gracieux contre cette délibération et la décision implicite par laquelle le président de l'université de Lille a refusé de lui communiquer les documents de nature à lui permettre de former utilement un recours contre la décision en cause;
2°) d'enjoindre à l'université de Lille, avant dire droit, de communiquer les éléments permettant de comprendre la méthode de classement des différents candidats au premier groupe d'épreuves et notamment les modalités d'appréciation des étudiants pour le premier groupe d'épreuves et les éléments pris en compte pour établir le classement des étudiants pour le premier groupe d'épreuves (notes, sous-notes, et pondérations), les modalités de calcul des quantiles et leur prise en compte pour établir le classement des étudiants pour le premier groupe d'épreuves ainsi que les modalités de fixation de la " note " qui apparait dans les tableaux de l'Université et les conditions de leur prise en compte pour le classement des étudiants pour le premier groupe d'épreuves ;
3°) d'enjoindre au président de l'université de Lille, à titre principal de l'admettre en médecine ou en odontologie au titre de l'année 2023-2024 ou, subsidiairement, de pouvoir repasser les épreuves des premier et second groupes d'épreuves au titre de l'année universitaire 2024-2025 et, très subsidiairement, de lui permettre de repasser les épreuves orales du premier groupe après organisation d'un module de préparation ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Lille la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- la copie de la requête de Mme A tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Mme A, étudiante à l'université de Lille, demande au juge des référés, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la délibération du jury parcours accès spécifique santé - licence accès santé (PASS-LAS) de l'université de Lille relative aux résultats du premier groupe d'épreuves du concours de médecine au titre de l'année universitaire 2022-2023 par laquelle elle a été classée en 90ème position, ainsi que la décision du 1er décembre 2023 par laquelle le président de l'université de Lille a rejeté son recours gracieux contre cette délibération et la décision implicite par laquelle le président de l'université de Lille a refusé de lui communiquer les documents de nature à lui permettre de former utilement un recours contre la décision en cause.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision, d'apprécier et de motiver l'urgence, compte tenu de l'incidence immédiate sur la situation concrète de l'intéressé. Sauf dans le cas où la nature de la décision dont la suspension est demandée est de nature à faire naître une présomption d'urgence, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la délibération du jury parcours accès spécifique santé - licence accès santé (PASS-LAS) de l'université de Lille, intervenue en tout état de cause au cours de l'année 2023, ainsi que de la décision du 1er décembre 2023 rejetant le recours gracieux contre cette délibération et intervenue, pour sa part, sept mois avant l'introduction du présent recours en référé, Mme A fait état en premier lieu, des divers troubles dans ses conditions d'existence que provoquent son inscription actuelle en filière de kinésithérapie, en deuxième lieu la circonstance que le prononcé des injonctions qu'elle sollicite n'est pas de nature à porter atteinte à un intérêt public qui s'attacherait au maintien des effets de la décision contestée et, en troisième et dernier lieu, à l'imminence de la publication des résultats de 2ème année de LAS pour l'année universitaire 2023-2024 et de la possibilité consécutive pour elle d'obtenir son inscription dans la filière désirée au titre de l'année suivante. Toutefois, et à supposer que la suspension de l'exécution de la délibération attaquée, qui aurait pour effet, d'une part, de remettre en cause les décisions d'admission notifiées aux étudiants admis à l'occasion de cette délibération et attenter ainsi à leurs situations acquises et d'autre part de rendre nécessaire l'organisation de nouvelles épreuves orales et l'établissement d'un nouveau classement ne soit pas de nature à compromettre l'intérêt public d'une telle manière qu'elle ferait obstacle à la constatation d'une situation d'urgence, cette dernière réside essentiellement, dans les circonstances de l'espèce, dans le manque de diligence de Mme A elle-même à saisir le juge des référés alors que, sans préjudice du défaut de communication de la délibération litigieuse, il lui était loisible de saisir le juge des référés depuis la notification de la décision de rejet du recours gracieux de la requérante en date du 1er décembre 2023 soit, ainsi qu'il a été dit, sept mois avant l'introduction du présent recours. Ainsi, la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de Mme A, y compris sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée pour information au président de l'université de Lille.
Fait à Lille, le 24 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
Y. C
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2405631
Décisions similaires
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026