Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2405800

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2405800
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 juin 2024 et le 10 juin 2024, M. D C A demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prononcer l'annulation de l'arrêté du 30 mai 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de maladie d'office du 30 mai 2024 au 29 juin 2024 et l'annulation, ou à tout le moins la suspension, de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le proviseur, chef d'établissement de la cité scolaire Gambetta-Carnot d'Arras (Pas-de-Calais) lui a fait interdiction de paraître dans l'établissement jusqu'à l'intervention de la décision du comité médical sur son aptitude à reprendre le service ;

2°) d'enjoindre au proviseur, chef d'établissement de la cité scolaire Gambetta-Carnot de l'autoriser à participer au groupe de parole prévu le 11 juin 2024 pour les personnels de la cité scolaire.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite compte tenu de l'imminence du groupe de parole prévu le 11 juin 2024 dans le cadre de la prise en charge des personnels administratifs témoins de l'attentat du 13 octobre 2023 et auquel il entend participer ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à diverses libertés fondamentales en raison de l'illégalité manifeste des décisions contestées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Yann Livenais, premier vice-président, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. Di Lello, secrétaire administratif de classe normale de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur, en poste au sein de la cité scolaire Gambetta-Carnot d'Arras (Pas-de-Calais) qui a été le théâtre, le 13 octobre 2023, de l'attaque au couteau d'un ancien élève contre M. B, professeur au sein de cet établissement, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de prononcer d'une part l'annulation de l'arrêté du 30 mai 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Lille l'a placé en congé de maladie d'office du 30 mai 2024 au 29 juin 2024 ainsi que, d'autre part, l'annulation, ou à tout le moins la suspension, de la décision du 5 juin 2024 par laquelle le proviseur, chef d'établissement de la cité scolaire Gambetta-Carnot d'Arras (Pas-de-Calais) lui a fait interdiction de paraître dans l'établissement jusqu'à l'intervention de la décision du comité médical sur son aptitude à reprendre le service.

3. En premier lieu, le caractère nécessairement conservatoire ou provisoire qui s'attache aux mesures ordonnées par le juge des référés, statuant en vertu de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, fait obstacle à ce qu'il prononce l'annulation d'une décision administrative. Ainsi, les conclusions de la requête, tendant à titre principal non à la suspension mais à l'annulation des décisions attaquées, sont manifestement irrecevables au regard de l'office du juge des référés.

4. En second lieu et au surplus, alors qu'il n'est pas contesté que M. Di Lello bénéficie, pendant son congé de maladie d'office, du maintien de son plein traitement et des primes qui y sont associées, sa participation au groupe de parole prévue le 11 juin 2024 pour les personnels de la cité scolaire Gambetta-Carnot au titre de la prise en charge des suites de l'attentat du 13 octobre 2023, pour légitime que soit cette aspiration, ne saurait être regardée comme un motif d'urgence justifiant qu'il soit statué à très bref délais sur ses demandes en application de l'article L. 521-2 susmentionné.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. Di Lello présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. Di Lello est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D C A.

Une copie sera adressée pour information à la rectrice de l'académie de Lille.

Fait à Lille, le 11 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

Y. LIVENAIS

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2405800