Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 juin 2024, le 25 juin 2025, le 7 juillet 2025 et le 2 octobre 2025 ainsi qu’un mémoire récapitulatif produit, en application de l’article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 25 août 2025, M. B... D... et Mme C... A... épouse D..., représentés par l’AARPI Ogmios Avocats, demandent au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le maire de la commune du Maisnil a délivré à la SAS Cafres Invest un permis de construire douze maisons et une crèche sur une unité foncière cadastrée section A nos 496, 497 et 548 située 19 rue de l’Église sur le territoire communal, ensemble la décision du 11 avril 2024 portant rejet de leur recours gracieux ;
2°) d’annuler l’arrêté du 17 juin 2025 par lequel la maire de la commune du Maisnil a délivré à la SAS Cafres Invest un permis modificatif à ce projet de construction ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Maisnil la somme de 6 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
En ce qui concerne l’arrêté du 18 janvier 2024 :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu sur la base d’un dossier incomplet en raison, d’une part, d’une incohérence entre les divers plans représentant la crèche ainsi que, d’autre part, d’une insuffisance, d’ailleurs constitutive d’une fraude, dans la description de l’état initial de la végétation présente sur l’unité foncière d’emprise du projet ;
- il n’a pas été précédé d’un projet de constitution d’une association syndicale des acquéreurs en méconnaissance de l’article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions du III de la Section 2 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du plan local d’urbanisme (PLU) du Maisnil, s’agissant des dispositions générales relatives à la hauteur relative des lots nos 2, 3, 4, 7, 8, 9 et 10 ;
- les constructions projetées sur lots nos 11 et 12 méconnaissent les dispositions de la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement du PLU du Maisnil relatives aux règles applicables à l’implantation des constructions par rapport aux voies en zone UVD1.1.1 ;
- la crèche ainsi que les constructions projetées sur les lots nos 1 et 12 ne s’implantent pas dans l’alignement du bâtiment de l’école qui jouxte la zone en méconnaissance de l’orientation d’aménagement et de programmation (OAP) de projet urbain dite « Site Rue de l’Église » ; elles ne s’implantent pas davantage conformément aux règles applicables à l’implantation des constructions par rapport aux voies en zone UVD1.1.1 édictées à la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement du PLU du Maisnil ;
- la crèche ainsi que les constructions envisagées sur les lots nos 10 et 11 méconnaissent les règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives latérales applicables à la zone UVD1.1.1 issues de la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement du PLU du Maisnil ;
- les constructions envisagées sur les lots nos 7 et 8 méconnaissent les règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives non latérales applicables à la zone UVD1.1.1 issues de cette même Section II ;
- en tout état de cause, la crèche, à supposer qu’elle jouxte une emprise publique, méconnaît les règles d’implantation des constructions par rapport à une telle emprise telles qu’elles résultent du B du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil ;
- le projet méconnaît le A du III du Chapitre 4 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil fixant un nombre de places minimum exigé pour le stationnement des vélos ;
- il méconnaît les dispositions relatives aux zones de rencontre ainsi qu’au cheminement modes doux du II de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier du règlement de ce plan ;
- il méconnaît les dispositions de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- la desserte de l’opération par le réseau de distribution d’électricité est impossible dès lors que la société pétitionnaire ne dispose d’aucun droit sur leur parcelle.
En ce qui concerne l’arrêté du 17 juin 2025 :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est intervenu sur la base d’un dossier incomplet en raison d’une insuffisance, d’ailleurs constitutive d’une fraude, dans la description de l’état initial de la végétation présente sur l’unité foncière d’emprise du projet ;
- il n’a pas été précédé d’un projet de constitution d’une association syndicale des acquéreurs en méconnaissance de l’article R. 431-24 du code de l'urbanisme ;
- les constructions projetées sur lots nos 11 et 12 méconnaissent les dispositions de la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la Métropole européenne de Lille (MEL) relatives aux règles applicables à l’implantation des constructions par rapport aux voies en zone UVD1.1 ;
- la crèche ainsi que les constructions projetées sur les lots nos 1 et 12 ne s’implantent pas dans l’alignement du bâtiment de l’école qui jouxte la zone en méconnaissance de l’OAP de projet urbain « Site Rue de l’Église » ; elles ne s’implantent pas davantage conformément aux règles applicables à l’implantation des constructions par rapport aux voies en zone UVD1.1 édictées à la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL ;
- les constructions envisagées sur les lots nos 7 et 8 méconnaissent les règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives non latérales applicables à la zone UVD1.1 issues de la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL ;
- en tout état de cause, la crèche, à supposer qu’elle jouxte une emprise publique, méconnaît les règles d’implantation des constructions par rapport à une telle emprise telles qu’elles résultent du B du I de la Section III du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL ;
- les constructions projetées sur les lots nos 1 et 2 méconnaissent les dispositions du III de la Section III, du Chapitre 2, du Titre 2, de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL relatives à l’implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété combinées avec celles de la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL applicables à la zone UVD1.1.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 mars, 26 juin, 17 juillet et 19 septembre 2025 et le 6 février 2026 ainsi qu’un mémoire récapitulatif produit, en application de l’article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 15 septembre 2025, la SAS Cafres Invest, représentée par la société Édifices Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu’une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme D... ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2025, la commune du Maisnil, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme D... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l’arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d’urbanisme et les règlements des plans locaux d’urbanisme ou les documents en tenant lieu ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,
- les conclusions de M. Frindel, rapporteur public,
- les observations de Me Jamais de l’AARPI Ogmios Avocats, représentant les époux D...,
- et les observations de Me Hermary de la société Édifices Avocats, représentant la SAS Cafres Invest.
Considérant ce qui suit :
Le 31 juillet 2023, la SAS Cafres Invest a déposé une demande de permis de construire douze maisons et une crèche sur une unité foncière cadastrée section A nos 496, 497 et 548 située 19 rue de l’Église sur le territoire de la commune du Maisnil. Par un arrêté du 18 janvier 2024, le maire de cette commune a délivré le permis sollicité. Un permis modificatif, sollicité par la SAS Cafres Invest le 20 mars 2025, lui a été accordé, en cours d’instance, par un arrêté du 17 juin 2025. Par la présente requête, M. et Mme D..., qui se prévalent de leur qualité de voisins immédiats à ce projet, demandent l’annulation de l’arrêté du 18 janvier 2024, ensemble la décision du 11 avril 2024 portant rejet de leur recours gracieux, ainsi que l’arrêté du 17 juin 2025.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
Lorsqu'une autorisation d’urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l’autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l’utilisation du sol qui était méconnue par l’autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l’effet d’un changement dans les circonstances de fait de l’espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l’autorisation initiale.
En ce qui concerne l’arrêté du 18 janvier 2024 :
S’agissant du moyen tiré de l’insuffisance de motivation :
Aux termes de l’article L. 424-3 du code de l'urbanisme : « Lorsque la décision rejette la demande (…), elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l’intégralité des motifs justifiant la décision de rejet (…), notamment l’ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l’article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu’elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d’urbanisme applicables ». En outre, l’article R. 424-5 du même code prévoit que : « (…) Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. / Il en est de même lorsqu'une dérogation ou une adaptation mineure est accordée ». Dans les cas prévu au d) et au e) de l’article A. 424-3 du code de l'urbanisme où la décision est assortie de prescriptions et accorde une dérogation ou une adaptation mineure, l’article A. 424-4 de ce code dispose que « l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision ».
Il résulte de ces dispositions qu’une décision accordant un permis de construire assortie de prescriptions spéciales n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables qui doivent être motivées au sens des dispositions du code des relations entre le public et l’administration. Si une décision délivrant une autorisation d’urbanisme assortie de prescriptions spéciales doit être motivée en vertu des dispositions précitées de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme, la motivation exigée par ces dispositions peut résulter directement du contenu même des prescriptions qu’elle contient.
D’une part, il ressort de la rédaction des articles 2 à 4 de l’arrêté du 18 janvier 2024 que le permis de construire initial est délivré à la SAS Cafres Invest sous réserve du respect de prescriptions contenues dans l’avis des services de la MEL ainsi que de ceux de la commission de sécurité. La motivation, certes par référence, de ces prescriptions résulte du contenu même de ces avis respectivement rendus le 16 janvier 2024 et le 5 décembre2023 et dont les époux D... ne contestent pas qu’ils ont été effectivement annexés à l’arrêté attaqué. Ce faisant, les prescriptions en cause satisfont à l’exigence de motivation prescrite par les dispositions du code de l’urbanisme, quand bien même le maire n’a pas explicité les raisons ayant conduit à les édicter.
D’autre part, l’arrêté du 18 janvier 2024 n’a ni pour objet ni pour effet d’accorder une dérogation ou une adaptation mineure aux règles et servitudes définies par le plan local d’urbanisme (PLU). Il s’ensuit que les époux D... ne peuvent utilement se prévaloir, dans cette mesure, de l’insuffisante motivation de l’arrêté attaqué.
S’agissant du moyen tiré de l’incomplétude du dossier :
Les articles R. 431-4 et suivants du code de l’urbanisme fixent la liste des pièces composant un dossier de demande de permis de construire que le pétitionnaire doit fournir au service instructeur. A cet égard, l’article R. 431-8 de ce code dispose que : « Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / (…) / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants (…) / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer (…) ». En outre, aux termes de l’article R. 431-9 du même code : « Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu ».
Premièrement, il ressort des pièces du dossier que par les pièces complémentaires déposées le 2 octobre 2023, au nombre desquelles figurent la planche PC39-40 « Plan crèche Accessibilité et sécurité » ainsi que la planche PC2 « Plan de masse », la société pétitionnaire a, notamment, entendu modifier l’implantation de la crèche telle qu’elle apparaissait initialement sur l’ensemble des plans produits à la date du dépôt du 31 juillet 2023 et auxquelles ces nouvelles planches se substituent. Par suite, aucune incohérence quant à l’implantation de ce bâtiment n’a pu induire les services instructeurs en erreur et partant, les empêcher d’apprécier la conformité de ces projets à la réglementation d’urbanisme applicable. Par ailleurs, la notice, corroborée par l’ensemble des plans de façades, indique les matériaux et couleurs employés pour l’ensemble des constructions et en particulier la crèche, laquelle sera couverte de tuiles en terre cuite de ton rouge-ocre et verra ses façades, habillées de briques ton rouge, issues de la région, ainsi que de bardage bois, dotées de larges baies vitrées en ton gris moyen.
Deuxièmement, il ressort des écritures de la commune en défense que les sept arbres de haute tige présents sur l’unité foncière d’emprise du projet ont dû faire l’objet d’un abattage, préalablement au dépôt du dossier de permis de construire, afin qu’il soit procédé à des fouilles archéologiques ordonnées par les services de la préfecture. Par suite, en repérant sur un plan les sept arbres que comptait le site jusqu’en 2022, en indiquant que ces derniers étaient déjà abattus à la date de la demande d’autorisation d’urbanisme et en précisant que vingt-et-un seraient plantés dans le cadre du projet, la notice architecturale modifiée comporte une description suffisante de la végétation et des éléments paysagers existants et à créer sur l’unité foncière d’emprise du projet, laquelle a permis aux services instructeurs de vérifier le respect par le projet des dispositions du PLU applicable relatives aux espaces libres et aux plantations. Il s’ensuit que la fraude alléguée sur ce point par les requérants n’est pas démontrée par les pièces du dossier.
Troisièmement, aux termes de l’article R. 431-24 du code de l'urbanisme : « Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division et, lorsque des voies ou espaces communs sont prévus, le projet de constitution d'une association syndicale des acquéreurs à laquelle seront dévolus la propriété, la gestion et l'entretien de ces voies et espaces communs à moins que l'ensemble soit soumis au statut de la copropriété ou que le demandeur justifie de la conclusion avec la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale compétent d'une convention prévoyant le transfert dans leur domaine de la totalité des voies et espaces communs une fois les travaux achevés ».
Il est constant, ainsi qu’en témoigne la rubrique n° 5.2 du formulaire CERFA de demande de permis de construire, que le projet en cause implique une division en propriété ou en jouissance avant l’achèvement des constructions. A ce titre, la société pétitionnaire a annexé à son dossier de demande de permis de construire modificative un projet de constitution d’une association syndicale des futurs propriétaires qui, dans sa dernière version du 3 juin 2025, tire toutes les conséquences des évolutions du projet en termes de contenance des lots et de nombre de voix attribuées à chaque propriétaire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article R. 431-24 du code de l'urbanisme doit, en tout état de cause, être écarté comme inopérant.
Il résulte des cinq points qui précèdent que le moyen tiré de l’incomplétude du dossier doit être écarté, dans l’ensemble de ses branches.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles de hauteur relative des constructions :
Le III de la Section 2, du Chapitre 2, du Titre 2, de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil dispose, s’agissant des dispositions générales relatives à la hauteur relative des constructions, que : « La différence de niveau (H) entre tout point d’un bâtiment et tout point de l’alignement opposé ne doit pas excéder la distance comptée horizontalement (L) entre ces deux points (H=L). / Pour le calcul de cette distance, il est tenu compte de la largeur d’emprise de la voie existante ou de la largeur de la voie prévue au Plan Local d’Urbanisme et du retrait de la construction par rapport à l’alignement (ou à la marge de recul inscrite au plan) ou à la limite de la voie privée. / Lorsque la voie automobile ou piétonnière est d’une largeur inférieure ou égale à 3 mètres, la hauteur relative maximum est fixée à 3.50 mètres / Un dépassement égal au 1/10 de la largeur de la voie et au maximum d'1 mètre est admis lorsque la hauteur calculée comme il est indiqué ci-dessus ne permet pas d'édifier un nombre entier d'étages droits. La même tolérance est admise pour les murs pignons, cheminées, saillies du type balcons, lucarnes etc... ».
Si les requérants font valoir le recul insuffisant des constructions prévues sur les lots nos 2, 3, 4, 7, 8, 9 et 10 par rapport à la voie interne au projet créée pour desservir les différents lots, laquelle doit être regardée comme la « voie prévue au plan local d’urbanisme » au sens des dispositions citées au point précédent du PLU du Maisnil, il ressort toutefois du rapprochement de l’ensemble des plans de masse et de coupe que la hauteur des constructions envisagées sur ces lots a été réduite par le permis de construire modificatif délivré le 17 juin 2025, dont la légalité s’apprécie au regard des dispositions du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la MEL entré en vigueur postérieurement à la délivrance du permis de construire initial. A cet égard, le III de la Section II du Chapitre 2 du Titre 2 du Livre I de ce plan dispose qu’il est désormais tenu compte pour la détermination de cette hauteur relative, non plus de « la voie existante ou de la largeur de la voie prévue au Plan Local d’Urbanisme » mais « la voie existante ou de l’emprise publique ». Par suite, et alors que la voie interne au projet ne correspond ni à une voie existante, ni à une emprise publique, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions générales relatives à la hauteur relative des constructions du règlement du PLU du Maisnil doit, en application du principe énoncé au point 2, être écarté comme inopérant.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions par rapport aux voies ouvertes à la circulation publique :
En premier lieu, le a du 1 du A du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil dispose, s’agissant de l’implantation des constructions par rapport aux voies ouvertes à la circulation publique, que : « Dans le cas d'un lotissement, les dispositions relatives à l’implantation des constructions par rapport aux voies précisées aux livres 2 et 3, s’appliquent par rapport aux voies existantes et nouvelles ouvertes à la circulation créées dans le cadre du lotissement, sauf dans le tissu 8 ». Le glossaire annexé à ce règlement définit les « voies et voies nouvelles ouvertes à la circulation » comme : « tous les types de voies, quel que soit leur statut (public ou privé) ouvertes à la circulation publique de façon permanente et comprenant la partie de la chaussée ouverte à la circulation des véhicules motorisés ainsi que les espaces qui les accompagnent (notamment les places de stationnement, les itinéraires cyclables, l’emprise réservée au passage des piétons, les fossés et talus la bordant) ».
D’une part, l’article R. 151-21 du code de l'urbanisme, dont le principe est repris à la Section 1 du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil, dispose, en son alinéa 3, que : « Dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, l'ensemble du projet est apprécié au regard de la totalité des règles édictées par le plan local d'urbanisme, sauf si le règlement de ce plan s'y oppose ». Il résulte de ces dispositions que, dans les cas ainsi mentionnés, les règles d’un plan local d’urbanisme ou d’un document en tenant lieu doivent faire l’objet d’une appréciation d’ensemble, sauf si elles en disposent autrement ou s’y opposent du fait même de leur objet.
En l’espèce, les dispositions du règlement du PLU du Maisnil relatives à l’implantation des constructions par rapports aux voies telles que définies par le glossaire de ce règlement s’opposent, par leur objet même, à ce que le respect de ces règles d’implantation fasse l’objet de l’appréciation d’ensemble prévue par les dispositions de l’article R. 151-21 du code de l’urbanisme.
D’autre part, la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement du PLU du Maisnil prévoit, à propos des règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux voies applicables à la zone UVD1.1.1, que : « Sur les unités foncières riveraines d’une voie ouverte à la circulation, les constructions doivent être implantées : / - soit à l’alignement ou à la limite en tenant lieu. / - soit observer un retrait de 3 mètres maximum par rapport à l’alignement ou à la limite en tenant lieu. / Les constructions doivent s’implanter afin de constituer un front bâti. / Cette obligation ne s’applique pas : / - aux unités foncières dont la partie riveraine de la voie ouverte à la circulation ou d’une emprise publique est d’une largeur inférieure ≤ à 4 5 mètres ou supérieure à 12 mètres ; / - pour créer des percées visuelles entre deux constructions ; / - pour permettre la création d’accès ou de voies nouvelles ouvertes à la circulation / Les constructions en 2nd rang peuvent être implantées en retrait dès lors que le front bâti est constitué ».
Le 9 du A du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier de ce règlement, dans sa rédaction issue de la délibération du 17 décembre 2021, dispose, s’agissant des unités foncières bordées de plusieurs voies, que : « En cas d’unités foncières bordées de plusieurs voies, les dispositions des livres 2 et 3 ne s’appliquent pas. / Sur les unités foncières bordées de plusieurs voies ouvertes à la circulation, les constructions doivent s’implanter : / - soit à l’alignement ou à la limite en tenant lieu ; /- soit en observant un retrait de 5 mètres minimum par rapport à la voie ouverte à la circulation ou à la limite en tenant lieu ; /- soit en s’alignant sur les constructions existantes sur une des voies ».
Il ressort des pièces du dossier que les lots nos 11 et 12 sont longés sur plusieurs de leurs façades par la voie principale créée dans le cadre du projet de sorte qu’ils doivent être regardés comme étant « bordés de plusieurs voies » au sens des dispositions citées au point précédent. Il s’ensuit que les constructions que ces lots supportent doivent, par exception aux dispositions des livres 2 et 3 du règlement du PLU du Maisnil, observer un retrait minimal de cinq mètres par rapport à la voie nouvelle ouverte à la circulation créée dans le cadre du lotissement. A cet égard, si l’étude de la planche PC2 « Plan de masse » fait apparaître que la façade sud-est de ces constructions s’implante à 9,13 mètres de cette voie, cette même planche révèle toutefois que la façade nord-est du lot n° 11 et la façade sud-ouest du lot n° 12 observent un retrait respectif de 4,01 mètres et 4,65 mètres par rapport à ladite voie. Il s’ensuit que ces deux lots méconnaissent les dispositions du 9 du A du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil, seules applicables à la date de délivrance de l’arrêté du 18 janvier 2024.
Néanmoins, il ressort des pièces du dossier que ces dispositions, méconnues par le permis de construire initial, ont été modifiées, dans l’intervalle entre l’édiction de l’arrêté du 18 janvier 2024 et celle de l’arrêté du 17 juin 2025. Ainsi, les dispositions du a du 3 du A du I de la Section III du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL disposent, dans leur version issue de la délibération du 28 juin 2024, que « En cas d’unités foncières bordées de plusieurs voies ouvertes à la circulation publique, (…) les dispositions des sous-articles "Règles d’implantation" du livre 3 ne s’appliquent pas. (…) ». Le projet modifié étant conforme aux dispositions du PLUi en vigueur à la date de délivrance de l’arrêté du 17 juin 2025 qui ne prescrit aucune règle de prospect dans un tel cas de figure, il s’ensuit qu’en application du principe cité au point 2, les époux D... ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance par les lots nos 11 et 12 des règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux voies ouvertes à la circulation publique.
En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 152-1 du code de l'urbanisme : « L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ». Il résulte de ces dispositions qu’une autorisation d’urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu’elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) d’un plan local d’urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs. La compatibilité d’une autorisation d’urbanisme avec les OAP d’un PLU s’apprécie en procédant à une analyse globale des effets du projet sur l’objectif ou les différents objectifs d’une OAP, à l’échelle de la zone à laquelle ils se rapportent.
En l’espèce, l’unité foncière d’emprise de l’opération de construction se situe dans le périmètre de l’OAP de projet urbain intitulée « Site Rue de l’Église » dont l’orientation 5.3 prévoit, en ce qui concerne l’implantation des constructions par rapport à la voirie, que « (…) / Les constructions donnant rue de l’Eglise devront respecter un retrait conformément aux dispositions générales pour ménager la qualité paysagère du site et son intégration. Ce retrait devra être dans l’alignement du bâtiment de l’école qui jouxte la zone ». L’étude de la planche PCM2 « Plan Masse » révèle que la crèche projetée s’implante dans la trajectoire de l’alignement de l’établissement scolaire située en limite nord-ouest du projet. En outre, la circonstance avancée par les époux D... que la construction envisagée sur le lot n° 1, qui observe un retrait parallèle par rapport à la rue de l’Église, n’adopte pas un alignement dans la trajectoire stricte de l’école qui s’implante en limite opposée de l’unité foncière ne saurait suffire à caractériser une incompatibilité avec l’OAP en cause, ni davantage à en contrarier l’objectif visant à l’amélioration de la qualité urbaine et paysagère du bourg.
En troisième lieu, le 10 du A du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre II du règlement du PLU du Maisnil dispose que : « Il n’est pas fixé de règles en matière d’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques pour les constructions et les extensions relevant des sous-destinations "locaux et bureaux accueillant du public des administrations publics et assimilés" et "établissements d’enseignement, de santé et d’action sociale" ».
A cet égard, aux termes de l’article R. 151-27 du code de l'urbanisme : « Les destinations de constructions sont : / (…) / 4° Equipements d'intérêt collectif et services publics (…) ». L’article R. 151-28 de ce code dispose que : « Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / (…) / 4° Pour la destination "équipements d'intérêt collectif et services publics" : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, lieux de culte, autres équipements recevant du public (…) ». En outre, aux termes l’article 4 de l’arrêté du 10 novembre 2016 définissant les destinations et sous-destinations de constructions pouvant être réglementées par le règlement national d'urbanisme et les règlements des plans locaux d'urbanisme ou les documents en tenant lieu : « La destination de construction "équipements d'intérêt collectif et services publics" prévue au 4° de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme comprend les six sous-destinations suivantes : locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés, locaux techniques et industriels des administrations publiques et assimilés, établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, salles d'art et de spectacles, équipements sportifs, autres équipements recevant du public. / (…) / La sous-destination "établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale" recouvre les équipements d'intérêts collectifs destinés à l'enseignement ainsi que les établissements destinés à la petite enfance, les équipements d'intérêts collectifs hospitaliers, les équipements collectifs accueillant des services sociaux, d'assistance, d'orientation et autres services similaires (…) ».
La crèche projetée, qui consiste en un « établissement destiné à la petite enfance » au sens de l’article 4 de l’arrêté du 10 novembre 2016, appartient à la sous destination des établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale de sorte qu’elle n’est pas soumise aux règles en matière d’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques conformément aux dispositions citées au point 24.
En quatrième lieu, l’étude de la planche PC2 « Plan Masse » fait apparaître que le lot n° 1 fait exception, du fait de sa largeur de 19,30 mètres sur sa partie riveraine de la rue de l’Église, aux règles d’implantation à l’alignement ou en retrait de trois mètres par rapport à cette voie ouverte à la circulation publique définies par la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement applicables à la zone UVD1.1.1., rappelées au point 18.
En cinquième lieu, ainsi qu’il vient d’être exposé aux points 18 à 21, l’implantation du lot n° 12 est appréciée, non en fonction de l’alignement de l’établissement scolaire ou de l’implantation de la rue de l’Église, mais par rapport à la voie nouvelle ouverte à la circulation créée dans le cadre du lotissement.
En sixième lieu, en se bornant à soutenir qu’aucune construction en second rang ne pouvait s’établir faute de front bâti constitué face à la rue de l’Eglise, les requérants n’assortissent pas cette branche de leur moyen des précisions suffisantes permettant d’en apprécier le bien-fondé.
Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques doit, compte tenu des quinze points qui précèdent, être écarté dans l’ensemble de ses branches.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions par rapport aux emprises publiques :
Le B du I de la Section 3 du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil dispose que : « À l'exception des cas ci-après, les retraits par rapport aux emprises publiques sont soumis aux dispositions générales applicables aux voies ouvertes à la circulation ». A cet égard, le 1 de ce B prévoit, s’agissant des voies fluviales et cours d’eau, que « Les constructions et installations nouvelles doivent respecter un retrait minimum de 10 mètres par rapport à la berge (…) ». Le glossaire annexé à ce règlement définit l’emprise publique comme les « espaces ouverts au public qui ne répondent pas à la notion de voie ni d’équipement public » et précise que : « L’unité foncière d’une construction peut ainsi jouxter, non seulement une voie ou une autre propriété privée, mais également une emprise publique, telle que, notamment, une ligne de métro ou de tramway, un cours d’eau domanial, un canal, un jardin ou parc public, un bâtiment universitaire ou ses dépendances… ».
En l’espèce, il ressort des pièces du dossier qu’une étroite bande de terrain, propriété de la commune, constitutive d’un cours d’eau, l’ancien « Courant de la rue Basse » désormais busé, chemine au droit des parcelles A nos 497 et 548, lesquelles ne sont, par conséquent, pas contigües à l’école primaire municipale implantée sur la parcelle A n° 499. Ce cours d’eau, dont le caractère inaccessible au public n’est pas contredit, ne saurait dès lors constituer une emprise publique soumises aux règles de retrait applicables aux voies ouvertes à la circulation. En tout état de cause, les dispositions du PLU du Maisnil citées au point précédent ne sont pas applicables au cours d’eau cheminant au droit des parcelles d’emprise du projet, lequel, entièrement busé, ne présente pas de berges. Il s’ensuit qu’il y a lieu d’écarter comme inopérant le moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions par rapport aux emprises publiques.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation par rapport aux limites séparatives :
En premier lieu, le A du II de Section 3, Chapitre 2, Titre II, Livre du règlement du PLU du Maisnil dispose, à propos de l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, que : « Les bandes d’implantation prévues aux livres 2 et 3 sont mesurées soit : / - à partir de l’alignement des voies ouvertes à la circulation / - à partir de la limite en tenant lieu lorsqu’il s’agit de la limite de propriété pour les voies privées ouvertes à la circulation ; / - à partir du front bâti constitué lorsqu’il existe ; / - à partir de la marge de recul inscrite au plan ; / - à partir de l'emplacement réservé d'infrastructure inscrit au plan. / Les livres 2 et 3 précisent les modalités d’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ».
Premièrement, la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III de ce règlement dispose, à propos des règles applicables à la zone UVD1.1.1 relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives latérales, que : « Dans une bande [de] 15 mètres de profondeur telle que définie dans les dispositions générales : / - La construction est autorisée à jouxter la limite séparative. / - La construction peut s’implanter en retrait de la limite séparative. Dans ce cas, la distance comptée horizontalement de tout point de cette construction au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d’altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 3 mètres (L≥H/2) (…) ».
Ainsi qu’il a été exposé au point 8, le croisement des pièces annexées au permis de construire initial avec celles composant le dossier de permis de construire modificatif fait apparaître que la SAS Cafres Invest a entendu modifier l’implantation originelle de la crèche, laquelle présente désormais un décroché en retrait de 3 mètres par rapport à la limite séparative latérale, conformément aux dispositions précitées du PLU du Maisnil.
Deuxièmement, la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III de ce règlement prévoit, à propos des règles applicables à la zone UVD1.1.1 relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives latérales, que : « (…) Au-delà d’une bande de 15 mètres de profondeur telle que définie dans les dispositions générales : / - La construction est autorisée à jouxter la limite séparative sans pouvoir excéder une hauteur de 3,50 mètres sur la limite séparative. Au-dessus de cette hauteur et sur une distance horizontale de 3 mètres par rapport à la limite séparative, les toitures doivent être comprises dans un gabarit de 45° par rapport à l’horizontale à partir de la limite concernée ».
Il ne résulte pas de ces dispositions que les constructions d’une hauteur supérieure à 3,5 m devraient disposer d’une toiture entrant dans un gabarit de 45° calculée à compter de 3 mètres de hauteur. Il s’ensuit, alors que les lots nos 10 et 11 présentent, au demeurant, une pente de 38°, que cette branche du moyen doit être écartée comme manquant en fait.
En deuxième lieu, la Section II du Chapitre 1 du Titre 2 du Livre III du règlement du PLU du Maisnil indique, à propos des règles applicables à la zone UVD1.1.1 relatives à l’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives non latérales, que : « Les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives non latérales. La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative non latérale qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres (L≥H/2) (…) ».
La planche PCM5-1 « Façade » fait apparaît que, dans le cadre de sa demande de permis de construire modificatif, la société pétitionnaire a réduit la hauteur des constructions envisagées sur les lots nos 7 et 8, qui s’élèvent à 8,02 mètres au faîtage et à 3,69 mètres à l’égout du toit et dont les façades observent un retrait de 4 mètres de la limite séparative, de façon à respecter la règle de prospect énoncée par les dispositions précitées du PLU du Maisnil.
Il résulte des sept points qui précèdent que le moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation par rapport aux limites séparatives doit être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles relatives au stationnement des vélos :
Le A du III du Chapitre 4 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil, qui fixe un nombre de places minimum exigé pour le stationnement des vélos s’agissant des constructions à destination d’habitation et à sous-destinations de bureau, de locaux et bureaux accueillant du public des administrations publiques et assimilés et d’industrie, ne réglemente pas le stationnement des cycles s’agissant des établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale, sous-destination à laquelle appartient la crèche projetée, qui consiste, ainsi que cela a été dit au point 26, en un « établissement destinés à la petite enfance » au sens de l’article 4 de l’arrêté du 10 novembre 2016. En tout état de cause, les plans de masse annexés au permis de construire modificatif font apparaître qu’un râtelier d’une capacité de trois vélos à destination des usagers de la crèche a vocation à être installé devant ce bâtiment, lequel comprend également en son sein un local permettant d’accueillir les vélos des employés. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu’être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’aménagement des voies ouvertes à la circulation :
D’une part, le point 2 du A du II de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil dispose que « En cas d’aménagement d’une zone de rencontre, l’emprise globale de la voie nouvelle pourra être réduite à 7 mètres, qu’elle soit à double sens, sens unique ou en impasse ». A cet égard, le D du I de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier de ce règlement définit la zone de rencontre comme « une voie à priorité piétonne » sur l’emprise de laquelle « Les vélos et les véhicules motorisés sont autorisés à y circuler à une vitesse de 20 km/h maximum afin de pouvoir céder la priorité aux piétons à tout moment ». Il poursuit en indiquant « [qu’]Une zone de rencontre est aménagée de façon spécifique (pas de bordures franches, peu de marquages routiers, ruptures dans les trajectoires des véhicules motorisés etc...) afin de créer un espace de circulation clairement différent des voies traditionnelles et où la mixité entre usagers transparait le plus possible ».
La planche PCM2 intitulée « Plan de masse » indique que la zone de rencontre aménagée sur l’unité foncière du projet, laquelle n’a pas à être dotée d’aménagements spécifiques pour la circulation des piétons ou des cyclistes, présente une largeur suffisante de sept mètres de large, de même que l’aire de retournement située en cœur d’îlot. Les requérants, qui se prévalent en des termes généraux du sous-dimensionnement de cette aire de retournement pour être pratiquée par les engins de secours, n’apportent aucun élément concret au soutien de cette assertion.
D’autre part, le B du II de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil dispose que « Tout cheminement modes doux doit être adapté aux exigences de sécurité. / Il doit comprendre au minimum une allée ouverte à la circulation des piétons et des cyclistes large d’au moins 3 mètres (largeur praticable) et libre de tout obstacle, dans une emprise global de 4 mètres, en intégrant, dans la mesure du possible, une bande végétalisée. / L’affectation à une seule typologie d’usagers (piétons, cyclistes,…) peut exceptionnellement être acceptée en tenant compte de l'environnement préexistant. Dans ce cas, la largeur praticable peut être réduite à 2 mètres, libre de tout obstacle. / Sous réserve de bonnes conditions de sécurité et selon les usages attendus, l’emprise globale pourra être réduite ponctuellement à 2 mètres. / La création de cheminement modes doux en impasse est interdite : il doit impérativement présenter un tenant et un aboutissant sur des espaces ouverts à la circulation des modes doux ou ayant vocation à le devenir ». Les cheminements modes doux sont définis au C du I de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier de ce règlement comme « les liaisons, publiques ou privées, ouvertes à la circulation des piétons et/ou des cyclistes reliant des espaces ouverts à la circulation des modes doux ou ayant vocation à le devenir. Les liaisons cumulant les fonctions de voies de service et de cheminements modes doux sont incluses dans cette définition. / Les trottoirs ne sont pas des cheminements modes doux ».
En l’espèce, il ressort des pièces annexées au dossier de permis de construire, et en particulier de la notice architecturale, qu’un cheminement modes doux, prenant la forme d’une percée piétonne perpendiculaire à la rue de l’Église « longe[ant] la crèche et se prolonge[ant] vers les nouvelles maisons en cœur de site » est prévu au projet. L’étude attentive de la planche PCM2 intitulée « Plan de masse » témoigne, d’une part, que les trois portions de ce cheminement, exclusivement dédié aux piétons, mises en évidence par les requérants à l’est de la crèche ainsi qu’entre les lots nos 10 et 11, ont été élargies dans le cadre du permis de construire modifié pour atteindre une largeur praticable de deux mètres et que, d’autre part, cet aménagement permettra, en compatibilité avec les orientations de l’OAP de projet urbain du « Site Rue de l’Église », la connexion directe du lotissement avec les « espaces verts de la commune situés à l’arrière de l’école ».
Il résulte des quatre points qui précèdent que le moyen tiré de la méconnaissance des règles d’aménagement des voies ouvertes à la circulation doit être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
Aux termes de l’article R. 111-2 du code de l'urbanisme : « Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ».
L’opération projetée est, eu égard à ce qui vient d’être exposé aux points 43 et 45, conforme aux dispositions du II de la Section I du Titre 3 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLU du Maisnil relatives aux zones de rencontre ainsi qu’au cheminement modes doux. En se bornant à se prévaloir de ce que l’aire de retournement est « très étriquée », les requérants, qui n’établissent pas son sous-dimensionnement, ainsi qu’il a été dit, ne démontrent pas l’existence d’une atteinte portée par le projet à la sécurité publique. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu’être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles relatives à la desserte par les réseaux :
L’article A. 424-8 code de l'urbanisme dispose que : « (…) Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ».
Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l’avis rendu le 10 novembre 2023 par la société Enedis, que l’opération en cause nécessite une extension de réseau de distribution d’électricité. Si les requérants soutiennent qu’une telle desserte s’avère impossible au motif que la dérivation souterraine « semble travers[er] leur terrain » sur lequel le pétitionnaire ne dispose d’aucun droit, il résulte toutefois des dispositions précitées de l’article A. 424-8 du code de l'urbanisme que les autorisations d’urbanisme, délivrées sous réserve des droits des tiers, ont pour seul objet d’assurer la conformité du projet autorisé aux dispositions d’urbanisme en vigueur. En tout état de cause, il apparaît, à la lecture du plan avant travaux annexé à l’avis de la société Enedis, que les travaux à la charge financière de la société pétitionnaire consistent en la réalisation, depuis le réseau existant, « d’une dérivation souterraine puis [d’une] extension de 60m de SBT jusqu’à l’entrée du lotissement », cette dernière étant réalisée « à l’intérieur du terrain d’assiette du projet ». Dès lors, le moyen relatif à la desserte du projet par le réseau de distribution d’électricité doit être écarté.
En ce qui concerne l’arrêté du 17 juin 2025 :
S’agissant du moyen tiré de l’insuffisance de motivation :
L’arrêté du 17 juin 2025, qui n’accorde aucune dérogation ou adaptation mineure aux règles et servitudes définies par le PLUi applicable, est assorti de diverses prescriptions, dont les motifs résultent directement de leur contenu. Par suite, cet arrêté satisfait à l’exigence de motivation prescrite par les dispositions du code de l’urbanisme et principes énoncés aux points 3 et 4 du présent jugement.
S’agissant du moyen tiré de l’incomplétude du dossier :
Pour les mêmes motifs que ceux évoqués aux points 9 et 11, les moyens tirés de l’insuffisance dans la description de l’état initial de la végétation présente sur l’unité foncière d’emprise du projet, de la fraude alléguée par les époux D... du fait de cette description insuffisante ainsi que de la méconnaissance des dispositions de l’article R. 431-24 du code de l'urbanisme doivent être écartés.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions par rapport aux voies ouvertes à la circulation publique :
D’une part, ainsi qu’il a été dit au point 21, le projet tel que modifié est conforme aux dispositions du a du 3 du A du I de la Section III du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL s’agissant du retrait observé par les lots nos 11 et 12 par rapport à la voie nouvelle ouverte à la circulation créée dans le cadre de l’opération de construction. Dans ces conditions, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
D’autre part, la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL prévoit, à propos des règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux voies applicables à la zone UVD1.1, que : « Sur les unités foncières riveraines d’une voie ouverte à la circulation, les constructions doivent être implantées : / - soit à l’alignement ou à la limite en tenant lieu. / - soit observer un retrait de 3 mètres maximum par rapport à l’alignement ou à la limite en tenant lieu. / Les constructions doivent s’implanter afin de constituer un front bâti. / Cette obligation ne s’applique pas : / - aux unités foncières dont la partie riveraine de la voie ouverte à la circulation ou d’une emprise publique est d’une largeur inférieure ≤ à 5 mètres ou supérieure à 12 mètres ; / - pour créer des percées visuelles entre deux constructions ; / - pour permettre la création d’accès ou de voies nouvelles ouvertes à la circulation. / Les constructions en 2nd rang peuvent être implantées en retrait dès lors que le front bâti est constitué ». En outre, le d du 2 du A du I de la Section III du Chapitre 2 du Titre 2 des dispositions générales de ce plan ajoute que : « Il n’est pas fixé de règles en matière d’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques pour les constructions et les extensions relevant des sous-destinations "locaux et bureaux accueillant du public des administrations publics et assimilés" et "établissements d’enseignement, de santé et d’action sociale" ».
Eu égard à ce qui a été exposé aux points 23 à 29, le moyen tiré de la méconnaissance, par les lots nos 1 et 12 ainsi que la crèche, des règles d’implantation des constructions par rapport aux voies ouvertes à la circulation publique doit être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation par rapport aux limites séparatives :
D’une part, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, ainsi qu’il a été dit au point 32, de la méconnaissance par la crèche des dispositions du B du I de la Section III du Chapitre 2 du Titre 2 de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL relatives à l’implantation des constructions par rapport aux emprises publiques.
D’autre part, la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL prévoit, à propos des règles relatives à l’implantation des constructions par rapport aux voies applicables à la zone UVD1.1, que « Les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives non latérales. La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative non latérale qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à 4 mètres (L≥H/2) (…) ».
Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 39, le moyen tiré de la méconnaissance par les constructions envisagées sur les lots nos 7 et 8 des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
S’agissant du moyen tiré de la méconnaissance des règles d’implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété :
Le III de la Section III, du Chapitre 2, du Titre 2, de la Partie I du Livre Ier du règlement du PLUi de la MEL dispose que : « L’implantation des constructions non contiguës les unes par rapport aux autres sur une même unité foncière dès lors qu’elle est réglementée, est précisée dans les dispositions des livres 2, 3 et 4. / Les règles de retraits et de gabarits s’appliquent en tout point d’une construction ». A ce titre, la Section II du Chapitre 1.1 du Titre intitulé « Territoire de dynamique urbaine des villes et villages durables – UVD » du Livre III du règlement du PLUi de la MEL prévoit, à propos des règles relatives à l’implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété applicables à la zone UVD1.1, que : « L’implantation des constructions non contiguës les unes par rapport aux autres sur une même propriété doit respecter un retrait au moins égal à la moitié de la hauteur (H) de tout point de la construction la plus haute (L≥H/2), avec un minimum de 4 mètres. / La distance entre une annexe non contigüe et une autre construction n’est pas réglementée ».
Le Titre 1 du Livre V correspondant à l’annexe réglementaire de ce règlement dispose en son paragraphe relatif aux constructions distinctes et non contigües que : « Ces prescriptions ne peuvent trouver à s’appliquer que dans la mesure où le terrain est destiné à supporter effectivement plusieurs constructions distinctes. / Si la construction nouvelle est adossée à une construction existante, il y a bien contiguïté excluant les règles d’implantation sur une même propriété des constructions distinctes, bien qu’il n’ait pas été prévu de communication entre les deux bâtiments. / En présence d’un projet comportant plusieurs éléments de construction, il convient d’apprécier l’unité architecturale de l’ensemble. / Ainsi, seront considérés comme distincts, deux bâtiments réunis par un simple élément architectural, un auvent ou un passage même couvert. La présente règle aura donc vocation à s’applique (…) ». Enfin, il résulte de cette même annexe, dans son paragraphe dédié à l’application aux opérations groupées que : « Au sein d’une opération groupée, l’implantation des constructions est régie par les dispositions relatives à l’implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété ».
En l’espèce, le rapprochement entre la planche PCM2 « Plan Masse » et la planche PCM5-3 « Façades » témoigne de ce que le lot n° 1 est composé d’une maison et d’un garage clos sur lequel s’adosse la construction projetée sur le lot n° 2. Ces deux lots présentant alors une contigüité excluant l’application des règles d’implantation sur une même propriété des constructions distinctes, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance par le projet des dispositions du PLUi de la MEL citées au point 59.
Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. et Mme D... doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de laisser à la charge des parties les frais non compris dans les dépens qu’elles ont chacune exposés dans le cadre de la présente instance.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SAS Cafres Invest sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... D..., représentant unique, à la commune du Maisnil et à la SAS Cafres Invest.
Délibéré après l’audience du 12 février 2026, à laquelle siégeaient :
- Mme Féménia, présidente,
- Mme Beaucourt, conseillère,
- M. Boileau, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mars 2026.
La rapporteure,
Signé
P. Beaucourt
La présidente,
Signé
J. Féménia
La greffière,
Signé
C. Capizzi
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,