Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2405847
mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2405847 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. A B, représenté par Me Zaïri, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de condamner l'État au paiement d'une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et jusqu'à la délivrance d'une nouvelle autorisation provisoire de séjour ;
3°) de condamner l'État au paiement d'une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et jusqu'à la date d'exécution de l'ordonnance du 29 février 2024 ;
4°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 900 euros d'astreinte à parfaire ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- il se trouve dans une situation précaire, son stage ayant été suspendu ; il est exposé à une menace de suspension de ses droits par la banque et la caisse d'allocations familiales ;
- en dépit de ses multiples relances, la préfecture n'a pas exécuté l'ordonnance n° 2401463 du 29 février 2024 ;
- son récépissé a expiré le 4 juin 2024 et le délai de deux mois imparti par l'ordonnance a expiré le 29 avril 2024.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lemaire, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 26 juin 2024 à 9 heures 45.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Blanc, greffier d'audience :
- le rapport de M. Lemaire, juge des référés,
- et les observations de Me Hacker, représentant la SELARL Centaure Avocats, avocat du préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête ; elle soutient qu'elle est dépourvue d'objet, M. B ayant bénéficié d'une autorisation provisoire de séjour valable du 5 mars 2024 au 4 juin 2024 et sa demande de délivrance d'un titre de séjour ayant été rejetée par une décision du préfet du Nord en date du 29 mars 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance en date du 29 février 2024, notifiée le 1er mars 2024, le juge des référés du tribunal de céans, saisi par M. B, ressortissant marocain, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a notamment suspendu l'exécution de la décision en date du 29 juin 2023 par laquelle le préfet du Nord avait refusé de délivrer à celui-ci un titre de séjour et enjoint à cette autorité de procéder au réexamen de la situation de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification et sous la même astreinte.
2. Il résulte de l'instruction qu'en exécution de cette ordonnance, dans les délais prescrits par le juge des référés, le préfet du Nord a délivré à M. B une autorisation provisoire de séjour valable à compter du 5 mars 2024 et, après avoir réexaminé sa situation, abrogé cette autorisation et refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité par des décisions en date du 29 mars 2024, régulièrement notifiées à l'adresse de l'intéressé le 4 avril suivant. Dans ces conditions, M. B n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que l'ordonnance du juge des référés en date du 29 février 2024 n'a pas été exécutée et, par suite, à demander la condamnation de l'État au paiement de sommes au titre des astreintes prévues par cette ordonnance.
3. Il résulte de ce qui précède, et en tout état de cause, que les conclusions à fin de condamnation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et celles qu'il a présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée, relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Zouheir Zaïri et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 26 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. LEMAIRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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