Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2405853

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2405853
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. B, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) la suspension de la décision du ministre de l'intérieur et des outre-mer notifiée le 29 mai 2024 et prononçant la mise en attente de sa demande de radiation des cadres de la police, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'accepter sa demande de radiation des cadres de la police.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision litigieuse crée une incertitude relative à son départ à la retraite prévu le 1er septembre 2024, que l'inertie de l'administration perturbe l'organisation de son départ à la retraite, affecte sa confiance dans les institutions, provoque un stress, pour lui et ses proches, et entraine des difficultés financières.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la copie de la requête présentée par M. B aux fins d'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. B, fonctionnaire de police, déclare avoir formulé, le 10 mars 2023, sur la plateforme " ENSAP ", une demande de départ à la retraite. Par courriel du 23 mai 2024, adressé au Bureau des ressources humaines du Secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur de la Zone Nord (SGAMI-Nord), il a sollicité l'état d'avancement de son dossier. Par courriel du 29 mai 2024, le Bureau des ressources humaines du SGAMI-Nord l'a informé que, sur instruction du bureau des affaires disciplinaires de la direction des ressources humaines, des finances et des soutiens (DRHFS) du ministère et l'intérieur et des outre-mer, son dossier a été mis en attente car celui-ci fait l'objet de poursuites disciplinaires. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de la décision du SGAMI-Nord de mettre en attente sa demande de radiation des cadres de la police et d'enjoindre au SGAMI-Nord d'accepter sa demande de radiation des cadres de la police.

3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse, M. B soutient que son départ à la retraite est prévu le 1er septembre 2024 et que l'inertie de l'administration perturbe l'organisation de son départ à la retraite, provoque un stress et entraine des difficultés financières. Toutefois, et alors que M. B n'apporte à l'appui de ses allégations aucun élément permettant d'établir que la décision attaquée, qui le maintient en activité professionnelle, aurait des incidences sur sa situation financière, les circonstances dont il se prévaut ne sont pas de nature, à elles seules, à caractériser l'existence d'une situation d'urgence nécessitant une intervention du juge des référés sans attendre le jugement au fond. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée en l'espèce comme étant remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision, qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.

Fait à Lille, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

signé

Y. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,