Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2405894

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2405894
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2024, M. A B, représenté par Me Mercenier, demande au juge des référés :

1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de le convoquer pour la remise de son titre de séjour dans le délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, ou à défaut de lui délivrer une attestation dématérialisée de conformation de décision favorable l'autorisant à travailler, dans le même délai et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de cet article, le juge administratif des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par une urgence particulière, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une autorité administrative aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Ces dispositions législatives confèrent au juge des référés le pouvoir de prendre, dans les délais les plus brefs et au regard de critères d'évidence, les mesures de sauvegarde nécessaires à la protection des libertés fondamentales.

2. D'autre part, l'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans instruction ni audience, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.

3. Enfin, aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre. ".

4. En l'espèce, M. B, ressortissant marocain, entré en France en septembre 2022 sous couvert d'un visa long séjour " étudiant ", a sollicité le 21 septembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour sur la plate-forme Anef. Le 5 mars 2024, une attestation de prolongation d'instruction (API) lui a été délivrée dont la validité expirait le 4 juin 2024. Il a été informé par sms que le titre de séjour sollicité était disponible et qu'il pouvait se présenter le 3 juillet 2024 afin de le retirer. Dans l'attente, les 27 mai et 6 juin 2024, il a sollicité en vain, dans un premier temps, le renouvellement de l'API, puis la délivrance d'une attestation dématérialisée. Pour justifier de l'urgence de sa situation, le requérant soutient que son stage en entreprise, effectué dans le cadre de son master 2 en ingénierie hydraulique et géotechnique à l'école polytechnique universitaire de Lille, a été suspendu depuis le 4 juin 2024 faute de pouvoir présenter un document en cours de validité justifiant de la régularité de son séjour. Toutefois, les éléments produits ne permettent pas d'établir que l'absence de délivrance d'une carte de résident le prive effectivement de la possibilité de poursuivre son stage dont le terme est prévu le 9 août prochain, et n'établit donc pas la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de sauvegarde, dans l'attente de la remise de son titre de séjour. Par suite, la condition d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions présentées par le requérant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions présentées au titre des frais du procès.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A B.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 17 juin 2024.

La juge des référés,

Signé

J. FEMENIA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,