mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406058 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juin 2024, M. A D, représenté par Me Wone, demande au juge des référés :
1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référés régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. C, ressortissant camerounais né le 26 novembre 1999, a sollicité auprès du préfet du Nord le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " étudiant " dont la durée de validité expirait le 7 janvier 2024 et, à cette occasion, a demandé son changement de statut au regard du droit au séjour en se prévalant de son activité salariée dans le cadre d'un emploi à durée indéterminée. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de cette demande de renouvellement de titre de séjour.
3. Il résulte de l'instruction que, si M. C a formé sa demande de renouvellement de titre de séjour le 2 novembre 2023, cette demande était incomplète à la date du 8 avril 2024 comme l'établit le courrier du même jour adressé à l'intéressé par les services de la préfecture du Nord et demandant à M. C la production, notamment, de son contrat de travail et de son autorisation de travail. Le requérant ne justifie pas avoir communiqué au préfet du Nord ces documents en produisant un accusé de réception postal du 25 mars 2024, antérieur au courrier des services de la préfecture du Nord précité. Dans ces conditions, faute d'établir le caractère complet de sa demande de titre de séjour, auquel est subordonné la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, la mesure sollicitée par M. C se heurte à une contestation sérieuse.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence et l'utilité de la mesure sollicitée, qu'il y a lieu de rejeter la requête M. C, y compris sa demande présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D .
Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord
Fait à Lille, le 5 novembre 2024
Le juge des référés,
signé
Y. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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