Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406124
jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406124 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, Mme B D conteste devant le juge des référés la décision du directeur du service interacadémique des examens et des concours refusant sa demande d'aménagements en vue des épreuves du brevet 2024 pour sa fille A C et demande au juge des référés de prendre toute mesures utiles en vue de permettre à sa fille de bénéficier de tels aménagements.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. E, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes enfin de l'article L 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L.522-1 ".
2. Mme D conteste une décision du directeur du service interacadémique des examens et des concours refusant des aménagements aux épreuves du brevet 2024 pour sa fille A C. Toutefois, la requérante n'invoque aucun fondement légal à sa requête de nature à permettre au juge des référés de savoir lequel des pouvoirs que lui confèrent les dispositions citées au point 1 de la présente ordonnance il lui appartient de mettre en œuvre. En tout état de cause, à supposer d'une part, que la requérante puisse être regardée comme invoquant les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, l'imminence des épreuves du brevet, qui aux termes mêmes de la requête de Mme D devant débuter le lendemain de la saisine par ses soins du tribunal, ne permet pas au juge des référés de satisfaire aux exigences de la procédure contradictoire qui, aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative, " sont adaptées à celle de l'urgence ", et en particulier de convoquer une audience pour se prononcer en temps utile, avant le début des épreuves litigieuses, sur la demande de Mme D, de sorte qu'il n'y a pas lieu de statuer sur cette demande qui ne peut qu'avoir perdu son objet à compter du lendemain de l'enregistrement de la présente requête. D'autre part, Mme D n'est pas davantage fondée à solliciter qu'il soit enjoint à l'administration d'accorder à sa fille les mesures d'adaptation réclamées, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, dans la mesure où cette mesure ferait obstacle à une décision administrative, qui, au surplus, n'a pas été produite par la requérante et qu'une telle circonstance fait obstacle à ce que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qu'il tire de l'application de cet article L. 521-3 du code de justice administrative.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme D, doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D.
Fait à Lille, le 20 juin 2024.
Le juge des référés,
Signé
Y. E
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Décisions similaires
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026