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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406532

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406532

vendredi 19 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406532
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juin 2024, M. D A B demande au juge des référés :

1°) statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord de rétablir son droit à la perception du revenu de solidarité active, sous astreinte de 80 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de condamner la caisse d'allocations familiales du Nord à lui verser une somme de 1 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'interruption du versement de la prestation en cause ;

3°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord les dépens de l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. A B, ressortissant libanais né le 23 septembre 1975, a été rendu bénéficiaire du revenu de solidarité active. Son droit à perception de cette allocation a été suspendu à compter du mois de mai 2024, M. A B étant alors en attente de délivrance de la carte de séjour pluriannuelle qu'il peut se voir délivrer de plein droit en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. L'intéressé s'est toutefois vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande, valable jusqu'au 28 août 2024 et lui permettant de justifier, pour la perception du revenu de solidarité active, la régularité de son séjour en France en vertu de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles. M. A B, qui a sollicité auprès de la caisse d'allocations familiales du Nord, chargée de la gestion de ses droits au revenu de solidarité, active, le rétablissement de ses droits à perception de cette allocation, les 3 juin 2024, 12 juin 2024 et 19 juin 2024 demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord de rétablir sans délai son droit à la perception du revenu de solidarité active de condamner la caisse d'allocations familiales du Nord à lui verser une somme de 1 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'interruption du versement de la prestation en cause.

3. D'une part, les mesures que prend le juge des référés ayant un caractère provisoire, ainsi qu'il résulte des termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, il ne peut, sans excéder sa compétence, condamner l'administration au versement d'une indemnité. Par suite, les différentes conclusions indemnitaires présentées par M. A B dans le cadre de la présente instance en référé, au demeurant non précédées d'une demande préalable liant le contentieux, ne peuvent qu'être rejetées.

4. D'autre part, en distinguant les deux procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 mentionnés au point 1, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521- 2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.

5. En faisant état, de manière générale, des difficultés consécutives à l'interruption du versement de son revenu de solidarité active, dont le rétablissement est en cours d'examen par les services de la caisse d'allocations familiale du Nord à la lumière de l'attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour qui lui a été délivrée le 29 mai 2024, sans apporter d'éléments précis et circonstanciés sur sa situation matérielle, notamment sur ss perspectives de logement ou de couverture financière de ses besoins matériels et, le cas échéant, de ceux de son foyer, M. A B ne peut être regardé, en l'état de l'instruction, comme justifiant d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention à très bref délai, d'une décision du juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une telle situation d'urgence ne pouvant être regardée, au demeurant, comme caractérisée du seul fait de l'atteinte aux libertés fondamentales qu'il invoque.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A B, y compris sa demande tendant à la mise à la charge de la caisse d'allocations familiales du Nord des dépens de l'instance, doit être rejetée selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A B et rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B.

Une copie en sera adressée, pour information, au directeur de la caisse d'allocations familiales du Nord.

Fait à Lille, le 19 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

Y. C

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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