Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406669
mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406669 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, Mme A B, représenté par Me Fourdan, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née le 14 janvier 2024 du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de carte de résidente en qualité de membre de la famille de réfugié ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa situation et de prendre une décision expresse dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente et dans le délai de deux jours, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en ce que le caractère effectif de la protection internationale accordée à sa fille est compromis par le refus en litige et que ce refus la place dans une situation de précarité administrative et financière ;
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, le préfet du Nord, représenté par le cabinet Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requérante s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande et ne peut ainsi se prévaloir d'une décision implicite de rejet de cette dernière ce qui rend irrecevable sa requête ;
- l'urgence n'est pas établie dès lors que l'attestation de prolongation d'instruction délivrée à la requérante lui permet de travailler et de se déplacer librement, et que la famille bénéficie d'un hébergement ;
-les moyens sont inopérants ou ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2406671 enregistrée le 26 juin 2024 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 :
- le rapport de M. C ;
- les observations de Me Fourdan, représentant Mme B, qui précise se désister des conclusions aux fins de suspension et d'injonction et maintenir le surplus des conclusions de la requête ;
- et les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui prend acte du désistement et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
3. Le désistement, lors de l'audience publique, de Mme B de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais liés au litige :
4. Mme B étant admise, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fourdan, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fourdan de la somme de 1 000 euros..
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte à Mme B du désistement de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Fourdan renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Fourdan, avocate de Mme B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Fourdan et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 16 juillet 2024 .
Le juge des référés,
Signé
E. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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