Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406760

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406760
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 juin 2024, M. A D B, représenté par Me Doré, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de renouvellement de sa carte de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de résident, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de finaliser l'instruction de sa demande dans le délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente et dans le délai de 24 heures une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans le cas où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée, de mettre cette somme à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de renouvellement de sa carte de séjour au titre de la protection subsidiaire porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée, à sa liberté d'aller et venir et à son droit de travailler ;

- la décision de refus de renouvellement de son titre de séjour a été prise par une autorité incompétente ;

- en application des dispositions combinées des articles R. 311-4, R. 431-10 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet était tenu de lui remettre un récépissé ;

- il remplit les conditions posées à l'article L. 424-13 de ce code et doit se voir délivrer une carte de résident ou à tout le moins une carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 424-9 du même code ;

- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La présente requête a été communiquée au préfet du Nord, qui a produit des pièces.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2406757 enregistrée le 28 juin 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 12 juillet 2024 :

- le rapport de M. C ;

- les observations de Me Doré, représentant M. B, qui précise se désister des conclusions aux fins de suspension et d'injonction et maintenir le surplus des conclusions de la requête ;

- et les observations de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord, qui prend acte du désistement et conclut au rejet du surplus des conclusions de la requête, en précisant que la décision renouvelant la carte de séjour du requérant prévoit une période de validité débutant avant l'introduction de la requête.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".

2. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension :

3. Le désistement, lors de l'audience publique, de M. B de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1990.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête présentée par M. B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D B, à Me Doré et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 16 juillet 2024 .

Le juge des référés,

Signé

E. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,