lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2406873 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et son décret d'application n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 25 novembre 2021, le tribunal judiciaire de Lille a condamné M. B à rembourser à hauteur de la somme de 3 659,59 euros le montant des loyers et charges impayés par ce dernier à Partenord Habitat, bailleur de l'intéressé. M. B n'ayant pas procédé au remboursement de cette dette locative, le préfet du Nord, par une décision du 22 mai 2024, a octroyé le concours de la force publique pour l'exécution de ce jugement. M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
3. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour établir l'urgence de sa demande, M. B soutient que la décision dont il demande la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est susceptible d'être exécutée à bref délai alors que le juge de l'exécution devait statuer le 12 juillet 2024 en vue de lui accorder des délais supplémentaires avant l'exécution de son expulsion, qu'il est dans l'impossibilité de se reloger par ses propres moyens dans la mesure où ses revenus d'existence ne sont constitués que par le revenu de solidarité active et qu'enfin, cette expulsion compromettrait l'exercice de la garde alternée de son fils mineur. Toutefois, ainsi qu'il a été relevé par le juge des référés de ce tribunal par une ordonnance n° 2406110 du 14 juin 2024, rejetant une précédente demande de M. B ayant le même objet que la présente requête, le requérant n'établit pas avoir été dans l'impossibilité de régulariser sa situation qui perdure depuis le jugement du tribunal d'instance de Lille rendu le 25 novembre 2021, alors même qu'il n'a que tardivement engagé des démarches en vue de son admission dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale et de son engagement auprès de France Travail dans un projet personnalisé d'accès à l'emploi. Enfin, si M. B justifie désormais être le père d'un enfant mineur né en 2016, il n'établit pas, en produisant le seul livret de famille mentionnant cet enfant, exercer un droit de garde alternée sur ce dernier, ni même contribuer régulièrement à son entretien et à son éducation. Dans ces conditions, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre à titre provisoire M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle ni de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Ekwalla-Mathieu.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 9 septembre 2024
Le juge des référés,
Signé,
Y. C
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°2406873
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026