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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2406942

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2406942

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2406942
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête de M. B contestant le refus d'autorisation de mise en location de son logement à Cambrai. Les conclusions indemnitaires du requérant ont été jugées manifestement irrecevables, faute pour lui d'avoir produit une décision préalable de l'administration sur sa réclamation, malgré une demande de régularisation restée sans suite (articles R. 222-1 4° et R. 421-1 du code de justice administrative). Les conclusions en annulation ont été rejetées comme inopérantes, les arguments avancés (disponibilité des garde-corps, coût des travaux) étant sans influence sur la légalité de la décision fondée sur des non-conformités (article R. 222-1 7°).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le président de la communauté d'agglomération de Cambrai a refusé sa demande d'autorisation préalable tendant à la mise en location de son logement situé 41 rue des Anglaises à Cambrai ;

2°) de condamner la communauté d'agglomération de Cambrai à lui verser une somme équivalente à 590 euros par mois de location perdu à compter du mois de mai 2024, à défaut d'enjoindre à la commune de procéder au rachat de son bien pour un montant de 179 000 euros.

Par une lettre en date du 4 juillet 2024, le tribunal a invité M. B à régulariser sa requête en produisant, dans un délai d'un mois, la décision portant rejet de sa réclamation indemnitaire ou, à défaut, le justificatif du dépôt d'une telle réclamation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative

: " Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. "

2. D'une part, aux termes des dispositions de l'article R421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle (). ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, des conclusions tendant au versement d'une somme d'argent sont irrecevables.

3. En l'espèce, M. B demande notamment au tribunal de condamner la communauté d'agglomération de Cambrai à lui verser une somme correspondant aux loyers qu'il n'a pu percevoir depuis mai 2024. Cette requête ne comportant toutefois pas de décision émanant de la communauté d'agglomération de Cambrai se prononçant sur la réclamation préalable à fin d'indemnisation formulée par l'intéressé ou, à défaut, le justificatif de dépôt d'une telle réclamation, M. B a été invité, par un courrier du 4 juillet 2024 dont il a accusé réception le 12 juillet suivant, à régulariser sa requête dans un délai d'un mois en produisant la décision rejetant sa réclamation indemnitaire ou, à défaut, une copie de celle-ci ainsi que la preuve de sa réception par la communauté d'agglomération. Ce courrier comportait également la mention suivant laquelle, à défaut de régularisation dans le délai imparti, ses conclusions pourraient être rejetées par ordonnance comme étant manifestement irrecevables. Le requérant n'a cependant produit aucun des éléments sollicités. En l'absence de décision expresse ou implicite de la communauté d'agglomération de Cambrai rejetant une réclamation indemnitaire de M. B, ses conclusions tendant à la condamnation de cette commune au versement d'une somme d'argent sont manifestement irrecevables. Elles doivent, par suite, être rejetées en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. D'autre part, M. B demande également au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2024 par lequel le président la communauté d'agglomération de Cambrai a refusé sa demande d'autorisation préalable tendant à la mise en location de son logement situé

41 rue des Anglaises à Cambrai. Pour justifier sa décision, ce dernier s'est fondé sur la circonstance que le logement présentait une superficie et une hauteur insuffisante dans la pièce de service comprenant une cabine de douche, un lavabo et un WC sans ventilation réglementaire, ainsi que sur la non-conformité des espacements du barreaudage du garde-corps de l'escalier menant à l'étage et de celui du garde-corps du palier. A l'appui de ses conclusions le requérant se borne à soutenir que les garde-corps litigieux sont disponibles en vente libre, qu'ils sont installés dans une configuration similaire à celle qu'il est possible de retrouver au sein d'espaces publics et que les travaux nécessaires à la mise en conformité de la salle de bain représentent un coût important. Toutefois, ces considérations ne sont pas de nature à exercer une influence sur la légalité de la décision attaquée.

5. Par suite, la requête de M. B ne comportant que des conclusions irrecevables et des moyens inopérants, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du 4° et du 7° de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la communauté d'agglomération de Cambrai.

Fait à Lille, le 11 octobre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

Signé

J. FÉMÉNIA

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière

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