jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407295 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Dore, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de prononcer la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ou, à défaut, de finaliser l'instruction de sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de cinq cents euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre subsidiaire, de lui délivrer un document provisoire de séjour comportant une autorisation de travail, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et d'instruire sa demande de carte de séjour pluriannuelle dans un délai de dix jours sous astreinte de trois cents euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 contre renonciation de la part de ce conseil au bénéfice de l'indemnité versée au titre de l'aide juridictionnelle ;
6°) en cas de refus de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser directement au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'atteinte grave et manifestement illégale portée à son droit au respect de la vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et venir et à sa liberté de travailler ;
- il justifie de plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée ;
- il n'est pas établi que la décision contestée ait été prise par une personne qui était compétente pour ce faire ;
- la décision contestée méconnaît les articles R. 311-4, R. 431-10 et R. 431-5-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles L. 424-9, L. 561-1 et R. 424-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors qu'il a droit à la délivrance du titre de séjour sollicité.
Par des pièces et un mémoire en défense, enregistrés les 23 juillet 2024 et 24 juillet 2024, le préfet du Nord, représenté par le cabinet Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête, qui est dirigée contre une décision inexistante, est irrecevable ;
- l'urgence alléguée n'est pas établie ;
- les moyens soulevés ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fabre, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juillet 2024 à 15 h 00 :
- le rapport de M. Fabre, juge des référés ;
- les observations de Me Dore représentant M. A et celles de Me Kerrich, représentant le préfet du Nord.
A l'audience publique, les parties concluent aux mêmes fins et selon la même argumentation que dans leurs écritures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 11 septembre 1999 en Afghanistan, de nationalité afghane, s'est vu reconnaître le bénéfice de la protection subsidiaire par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 septembre 2023. Le 9 octobre 2023, il a sollicité du préfet du Nord la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire. Par une décision, dont le requérant demande la suspension d'exécution, le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension d'exécution :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ".
5. Il résulte de l'instruction que, le 22 juillet 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet du Nord a délivré à l'intéressé une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour, valable jusqu'au 21 janvier 2025. Par suite, le requérant se trouve désormais en situation régulière sur le territoire français, il est autorisé à travailler et il n'est ni soutenu ni allégué que cette attestation ne lui permettrait pas de bénéficier de ses droits sociaux. Dans ces conditions, la condition d'urgence, n'est pas remplie.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension d'exécution présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Dore.
Copie en sera transmise pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
X. FABRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026