jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Danset-Vergoten, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande tendant au renouvellement de son certificat de résidence algérien ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, ou de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient :
Sur l'urgence, que :
- cette condition est réputée satisfaite s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;
- la décision attaquée porte une atteinte grave et immédiate à sa situation.
Sur le doute sérieux, que :
- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation et est illégale en raison de l'absence de réponse à la demande de communication des motifs ;
- elle méconnaît les dispositions des articles R. 431-5 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation ".
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- la requête n°2407316 enregistrée le 12 juillet 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 24 juillet 2024 à 14h45, en présence de M. Potet, greffier, M. Riou, juge des référés, a lu son rapport et entendu Me Rimetz substituant Me Danset-Vergoten, représentant M. A, qui reprend ses conclusions, en y ajoutant des conclusions à fin d'injonction de donner un rendez-vous à l'intéressé pour retirer son titre et ses moyens en soulignant qu'il n'a pas jamais reçu de convocation pour retirer son titre de séjour, que ce soit le 16 janvier 2024 comme le soutient le préfet ou, à sa demande, après son courriel du 26 mai 2024 et Me Kerrich, représentant le préfet du Nord qui conclut au rejet de la requête en précisant que le certificat de résidence algérien accordé le 12 décembre 2023, pour une durée d'un an du 23 novembre 2023 au 22 novembre 2024, a été fabriqué le 22 décembre 2023 et aurait dû être retiré par M. A, convoqué à cette fin le 16 janvier 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1972, est entré en France le 30 mai 2013. Il a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien valable du 23 novembre 2022 au 22 novembre 2023. Il en a sollicité le renouvellement et s'est vu délivrer un récépissé valable du 8 novembre 2023 au 22 mai 2024. Sa demande de renouvellement de récépissé a, par la suite, été clôturée, au motif que son titre de séjour aurait été fabriqué. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ".
3. Au cas d'espèce, en raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du courriel du 26 mai 2024 adressé à la préfecture du Nord, qu'au plus tard à cette date M. A avait connaissance qu'une décision favorable avait été prise sur sa demande de renouvellement de son certificat de résidence algérien. Si la circonstance qu'il ne soit pas, au jour de la présente ordonnance, en possession de ce titre est regrettable, quelle qu'en soit la cause, l'existence même de cette décision favorable, prise le 12 décembre 2023, lui accordant un certificat de résidence d'une durée d'un an n'est pas contestée par le requérant et est confirmée par le conseil du préfet en défense, qui produit la copie d'écran en attestant. Dans le cadre de la présente instance de référé, fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative, les conclusions qui tendent à la suspension d'une décision implicite de rejet inexistante étaient privées d'objet dès leur introduction et ne peuvent donc qu'être rejetées.
6. Si M. A présente à l'audience des conclusions à fin d'injonction de fixer un rendez-vous destiné au retrait du titre en cause, la présente ordonnance n'implique aucune mesure d'exécution, ce qui ne fait pas obstacle à ce que le titre accordé il y a plus de sept mois soit effectivement délivré à l'intéressé.
7. Il résulte de ce qui précède qu'à l'exception de la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire, la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Danset-Vergoten et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J.M. Riou
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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