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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407350

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407350

jeudi 15 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407350
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantKIMIKO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante syrienne, qui demandait l'annulation du refus implicite de lui délivrer une carte de résident de dix ans en qualité de parent d'enfant français. La requérante soutenait être dispensée de justifier de sa maîtrise de la langue française pour des raisons de santé. Le tribunal a jugé que, bien que cette dispense soit établie, Mme B... n'apportait pas la preuve qu'elle remplissait les autres conditions posées par l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment celle de continuer à satisfaire aux conditions d'obtention de son précédent titre de séjour.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juillet 2023 et le 19 février 2025, Mme A... B..., représentée par Me Michel, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite du 31 juillet 2023 refusant de lui délivrer une carte de résident ;

2°) d’enjoindre au préfet du Nord de délivrer à Mme B... un titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions d’astreinte et de délai ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros, à verser à Me Michel, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient qu’elle remplissait les conditions pour la délivrance d’une carte de résident en ce qu’elle était dispensée de la production d’un justificatif de maîtrise de langue française.


La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n’a pas produit de mémoire en défense mais des pièces enregistrées le 6 février 2025.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 25 mars 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Hamon a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :


1. Mme A... B..., ressortissante syrienne née le 10 octobre 1962, est entrée en France le 21 avril 2013 et a obtenu la protection subsidiaire par décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides du 4 décembre 2013. A l’expiration de sa carte de séjour pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire, Madame B... a obtenu une carte de séjour pluriannuelle « vie privée et familiale » sur le fondement de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, régulièrement renouvelée jusqu’au 14 janvier 2023. Le 21 novembre 2022, elle a sollicité, à titre principal, la délivrance d’une carte de résident de dix ans en qualité de parent d’enfant français, et le renouvellement de son titre de séjour à titre subsidiaire. Elle a été munie en cours d’instance, le 19 septembre 2024 d’un titre de séjour pluriannuel valable du 1er juillet 2024 au 30 juin 2026. Dans le dernier état de ses écritures, Mme B... demande l’annulation de la décision implicite refusant, du fait de la délivrance de ce titre pluriannuel, de lui délivrer un certificat de résident d’une durée de dix ans.


Sur les conclusions à fin d’annulation :


2. Aux termes de l’article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger qui est père ou mère d’un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l’article L. 423-7 ou d’une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu’il continue de remplir les conditions prévues pour l’obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d’une durée de dix ans. / La délivrance de cette carte de résident est subordonnée au respect des conditions d’intégration républicaine prévues à l’article L. 413-7. / (…) ». Aux termes de l’article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10 ou L. 423-16, de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, L. 424-5, L. 424-14 ou L. 426‑19, ainsi que de la carte de résident permanent prévue à l'article L. 426-4 est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. (…) ».

3. Pour soutenir qu’elle remplissait l’ensemble des conditions pour la délivrance d’une carte de résident d’une durée de dix ans qui sont posées par l’article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requérante se borne à faire valoir qu’elle est mère d’enfant français et que son âge et son état de santé la dispensaient de produire un justificatif de sa connaissance de la langue française.

4. Si, par les pièces qu’elle produit, notamment un certificat médical conforme aux prescriptions de l’article R. 413-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme B... établit l’impossibilité pour motifs de santé, et par suite la dispense de l’obligation de passer un test linguistique pour attester de sa connaissance de la langue française, en revanche elle n’établit pas, ni même au demeurant ne soutient, qu’à la date de la décision attaquée elle remplissait les autres conditions posées par l’article L. 423-10 qu’elle invoque, notamment celle de continuer à remplir les conditions qui étaient prévues pour l’obtention de la carte de séjour qui lui avait été délivrée en dernier lieu, alors que la nature de ce titre de séjour n’est ni établie ni même mentionnée, et ne ressort pas des pièces du dossier. Dans ces conditions, par les moyens qu’elle invoque Mme B... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision implicite par laquelle la délivrance d’une carte de résident de dix ans lui a été refusée.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation de Mme B... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction sous astreinte et celles présentes au titre des frais de l’instance.



DÉCIDE :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

















Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au préfet du Nord.

Copie sera adressée au ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 11 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Hamon, présidente,
- Mme Bergerat, première conseillère,
- Mme Barre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2026.


La présidente-rapporteure,

Signé


P. HamonL’assesseure la plus ancienne,


Signé

S. Bergerat
La greffière,

Signé


S. Ranwez
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,
La greffière,




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