lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407369 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Doré, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour présentée le 17 mai 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, de lui délivrer une carte de résident, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard, ou à défaut, de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 15 juillet 2024 sous le n° 2407405 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chevaldonnet, vice-président, pour statuer
sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, l'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision et que l'urgence le justifie. L'article R. 522-1 du même code dispose par ailleurs que la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
2. D'autre part, l'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans instruction ni audience, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.
3. En l'espèce, la décision contestée a pour objet de refuser à M. B la délivrance d'un premier titre de séjour à la suite de la demande formulée par l'intéressé le 17 mai 2023 en sa qualité de bénéficiaire du statut de réfugié. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, le requérant invoque l'impossibilité de poursuivre l'exécution du contrat de travail qui le lie à la société Samsic. Toutefois, il ne produit aucun contrat de travail en cours de validité à la date de la présente ordonnance dont l'exécution aurait été interrompue en raison de sa seule situation administrative. Ses allégations quant à l'existence d'une précarité financière, en raison notamment de son impossibilité de bénéficier des minima sociaux, ne sont quant à elles pas étayées. De même, si en raison de la décision contestée, M. B se trouve en situation irrégulière au regard de la législation sur le séjour des étrangers en France, cette circonstance ne caractérise pas une situation qui préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts. Enfin, si l'intéressé se prévaut de l'impossibilité de se déplacer hors de France et de passer les examens du permis de conduire, il ne fait état d'aucun élément lui imposant de se rendre hors du territoire français ni de la nécessité de disposer d'un titre de conduite, à brève échéance. Ainsi, M. B ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai de la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour litigieux.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. B, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A B et à Me Doré.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
B. Chevaldonnet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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