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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407446

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407446

lundi 22 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407446
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Girsch, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de carte de résident présentée le 30 juin 2021 ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord, de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour et d'édicter une décision expresse quant à son droit au séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour pendant la durée de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 16 juillet 2024 sous le n° 2407443 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Chevaldonnet, vice-président, pour statuer

sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, l'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision et que l'urgence le justifie. L'article R. 522-1 du même code dispose par ailleurs que la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

2. D'autre part, l'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans instruction ni audience, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.

3. En l'espèce, la décision contestée a pour objet de refuser à M. A la délivrance d'un premier titre de séjour à la suite de la demande formulée par l'intéressé le 30 juin 2021 en sa qualité de bénéficiaire du statut de réfugié. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, le requérant invoque les difficultés qu'il rencontre en raison de la situation d'irrégularité dans laquelle l'inertie de l'administration le maintient. Toutefois, en l'état des seuls éléments versés au dossier, la circonstance que les aides et allocations sociales perçues par M. A ont pu faire l'objet de versements intermittents ou fractionnés en raison de sa situation administrative ne caractérise pas l'existence d'une situation qui préjudicie de manière grave et immédiate à ses intérêts. Il en est de même en ce qui concerne la circonstance qu'il se trouve en situation irrégulière au regard de la législation sur le séjour des étrangers en France en raison de la décision litigieuse. Si l'intéressé invoque en outre une impossibilité de travailler, il ne fait état d'aucune pièce justifiant d'une possibilité d'occuper un emploi à brève échéance. Ainsi, M. A ne justifie pas de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai de la suspension de l'exécution du refus de titre de séjour litigieux.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. B A et à Me Girsch.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 22 juillet 2024.

Le juge des référés,

signé

B. Chevaldonnet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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