mercredi 31 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407520 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, Mme C A, agissant pour le compte de son enfant mineure, D B, représentée par Me Lutran, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté la demande de document de circulation pour étranger mineur présentée le 4 mars 2024 au bénéfice de Mme B ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord, de réexaminer la situation de Mme B, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 17 juillet 2024 sous le numéro 2407529 par laquelle Mme A, agissant pour le compte de son enfant mineure Mme D B, demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Chevaldonnet, vice-président, pour statuer
sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, l'article L. 521-1 du code de justice administrative dispose que le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution d'une décision administrative contestée au fond lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de cette décision et que l'urgence le justifie. L'article R. 522-1 du même code dispose par ailleurs que la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit justifier de l'urgence de l'affaire. Il résulte de ces dispositions que l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
2. D'autre part, l'article L. 522-3 du même code permet au juge des référés de rejeter par une ordonnance motivée, sans instruction ni audience, une requête ne présentant pas un caractère d'urgence.
3. En l'espèce, la décision contestée a pour objet de refuser le bénéfice d'un nouveau document de circulation pour étranger mineur à Mme B à la suite de la demande formulée pour l'intéressée le 4 mars 2023. Pour justifier de l'existence d'une situation d'urgence, la mère de Mme B, Mme A invoque la nécessité de se rendre en Russie auprès de sa propre mère qui souffre de problèmes de santé, accompagnée de sa fille. Toutefois, l'intéressée se borne à évoquer de manière sommaire ce projet de voyage sans apporter de précisions sur les dates envisagées, hormis la période estivale, ni par ailleurs établir que l'état de santé de la grand-mère de Mme B se serait dégradé au cours des dernières semaines. De même, il n'est pas établi par les seules pièces produites que le père de Mme B, qui vit séparé de Mme A, ne serait pas en mesure de garder sa fille afin de permettre à Mme A de se rendre seule auprès de sa mère si besoin. Il n'est ainsi pas justifié de l'existence de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour Mmes A et B de bénéficier à bref délai de la suspension de l'exécution du refus de document de circulation pour étranger mineur litigieux.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, agissant pour le compte de son enfant mineure D B, et à Me Lutran.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 31 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
B. Chevaldonnet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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