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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407584

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407584

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407584
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantVERGNOLE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A, ressortissant guinéen bénéficiaire de la protection subsidiaire, pour suspendre la décision implicite de refus de renouvellement de son titre de séjour. Le juge a constaté que le préfet du Nord avait délivré à l'intéressé une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 15 août 2024, rendant les conclusions de la requête sans objet. En conséquence, il n'a pas été statué sur la demande de suspension. L'État a été condamné à verser 800 euros à l'avocat de M. A au titre des frais d'instance, sous réserve de l'obtention définitive de l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Vergnole, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite du 3 décembre 2023 par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa demande de titre de séjour, dans le délai de quinze jours suivant l'ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de se prononcer explicitement sur sa demande de titre de séjour dans le même délai et sous la même astreinte, et de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais engagés pour l'instance et non compris dans les dépens à Me Vergnole, par application des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la présomption d'urgence trouve pleinement à s'appliquer en situation de demande de renouvellement de titre de séjour ;

- l'urgence est établie dès lors que, la décision dont il est demandé la suspension a des conséquences suffisamment graves et illégales sur sa situation, dès lors que du fait de l'irrégularité de sa situation, il est dans l'impossibilité de justifier de son droit au séjour, la situation de précarité administrative dans laquelle il est placé, a causé la perte de son emploi, l'interruption de ses revenus et la perte de son aide personnalisée au logement et de sa prime d'activité.

- la décision contestée est entachée d'une illégalité externe en ce que la décision implicite contestée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les articles L.424-9 et L.433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- la requête enregistrée le 19 juillet 2024 sous le numéro 2407584 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Féménia, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A ressortissant guinéen bénéficie depuis 2019 de la protection subsidiaire. Il a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " valable jusqu'au 12 septembre 2023. Il a sollicité le 3 août 2023 le renouvellement de son titre de séjour. Il a alors été muni de plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière est valable jusqu'au 15 août 2024. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

4. Il résulte de l'instruction, que le préfet du Nord a délivré à M. A une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour valable du 16 mai 2024 au 15 août 2024. Par suite, les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont désormais privées d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais d'instance :

5. M. A a été provisoirement admis, ainsi qu'il a été dit, au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, le versement d'une somme de 800 euros au titre des frais que M. A devrait y exposer, soit en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au bénéfice de Me Vergnole, avocate, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle serait accordé à M. A et sous réserve alors que Me Vergnole renonce à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au bénéfice de M. A, dans le cas où le bénéfice définitif de l'aide juridictionnelle lui serait refusé.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a plus de lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 800 euros à Me Vergnole dans les conditions mentionnées au point 5.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Vergnole et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 10 octobre 2024.

Le juge des référés,

signé

J. FEMENIA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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