lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407595 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Bouhajja, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande de titre de séjour en qualité de membre de la famille d'une ressortissante communautaire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord, à titre provisoire, de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de huit jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où il se trouve en situation irrégulière et ne peut se rendre auprès de sa mère malade en Tunisie, sans pouvoir en outre changer son permis de conduire ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il se trouve en situation irrégulière et ne peut pas déposer sa demande de titre de séjour ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors qu'aucune décision implicite de rejet n'est encore intervenue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référés régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. B, ressortissant tunisien né le 12 juillet 1988, est titulaire d'un visa de type C en qualité de membre de famille d'un ressortissant européen, son épouse étant néerlandaise, valable du 5 janvier 2024 au 4 janvier 2025. Il déclare subir un blocage informatique pour la validation de son visa pour la présentation d'une demande de titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante communautaire. Il a déposé cette demande par courrier reçu par le préfet du Nord le 22 mai 2024. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande et de lui délivrer un récépissé.
3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache selon lui à l'intervention de la mesure sollicitée, M. B se borne à invoquer l'expiration de son visa, pourtant valable jusqu'au 4 janvier 2025, l'incapacité dans laquelle il se trouverait de rejoindre temporairement son pays d'origine, dont il ne justifie pas, et l'impossibilité d'échanger son permis de conduire tunisien. Toutefois, ces circonstances ne suffisent pas à caractériser une situation d'urgence qui justifierait la mesure sollicitée. Ainsi, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne saurait, dans les circonstances de l'espèce, être regardée comme remplie.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Une copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 22 juillet 2024.
Le juge des référés,
Signé,
J.M. Riou
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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