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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407775

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407775

mercredi 18 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407775
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDORE

Résumé IA

**Sujet principal** : Demande d'annulation d'une décision implicite de rejet concernant le renouvellement d'une carte de résident, et demande d'injonctions associées. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Lille (formation de jugement). **Solution retenue** : Le tribunal donne acte du désistement du requérant, M. A..., et ne statue donc pas sur le fond. Ce désistement est réputé en raison de l'absence de réponse du requérant à une demande de confirmation du maintien de sa requête, l'état du dossier ayant permis de s'interroger sur son intérêt à agir. **Textes appliqués** : Les articles R. 612-5-1, R. 611-8-2 et R. 611-8-6 du code de justice administrative, relatifs à la procédure de désistement et aux notifications électroniques. Le tribunal relève également qu'aucune décision implicite de rejet n'est intervenue, la procédure ayant été clôturée en raison d'un dossier incomplet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2024, M. B... A..., représenté par Me Doré, demande au tribunal :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de renouvellement de sa carte de résident ;

2°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une carte de résident et de lui délivrer, dans l’attente, une attestation de prolongation d’instruction, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


La requête a été communiquée au préfet du Nord qui n’a pas produit de mémoire.



Par une lettre du 26 décembre 2024, adressée au moyen de l’application Télérecours, M. A... a été informé qu’à défaut de réception de la confirmation du maintien de ses conclusions dans un délai d’un mois, il serait réputé s’en être désisté en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.



M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 septembre 2024



Vu :
l’ordonnance n° 2407772 du 13 août 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Lille ;
les autres pièces du dossier.


Vu :
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; / (…) ». Aux termes de l’article R. 612-5-1 de ce code : « Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction, peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions ».

Aux termes de l’article R. 611-8-2 du code de justice administrative : « Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier ». Aux termes de l’article R. 611-8-6 du même code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. Sauf demande contraire de leur part, les parties sont alertées de toute nouvelle communication ou notification par un message électronique envoyé à l'adresse choisie par elles (…) ».

Le refus d’enregistrer une demande de délivrance ou de renouvellement d’un titre de séjour au motif, pris du caractère incomplet du dossier, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir lorsque le dossier est effectivement incomplet, en l’absence de l’un des documents mentionnés à l’article R. 431-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou lorsque l’absence d’une pièce mentionnée à l’annexe 10 à ce code, auquel renvoie l’article R. 431-11 du même code, rend impossible l’instruction de la demande.

M. A... conteste le refus implicite né du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de renouvellement de sa carte de résident. Il résulte de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lille du 13 août 2024, rendue sous le numéro 2407772, que le refus de faire droit à sa demande de renouvellement de sa carte de résident découle du caractère incomplet de son dossier de demande, tenant notamment au défaut de communication d’une attestation d’hébergement régulière, de sorte qu’une décision de clôture de l’instruction de sa demande est intervenue le 12 mai 2024. Ainsi, aucune décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour n’est intervenue. Par conséquent, l’état du dossier permettait de s’interroger sur l’intérêt que la présente requête présentait pour son auteur.



En application des dispositions de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, une demande de maintien de requête a été adressée à M. A... le 26 décembre 2024 par l’intermédiaire de l’application Télérecours dont il est réputé avoir eu connaissance le 30 décembre 2024 à 13h16, date certifiée par l’accusé de mise à disposition délivré par cette application. Ce courrier comportait la mention selon laquelle, à défaut de réception de la confirmation du maintien de ses conclusions dans le délai imparti d’un mois, M. A... serait réputé s’être désisté de l’ensemble de ses conclusions. N’ayant pas expressément confirmé le maintien de ses conclusions dans le délai qui lui était imparti, M. A... est réputé s’être désisté de l’ensemble des conclusions de sa requête. Dès lors, il y a lieu de donner acte de ce désistement.


O R D O N N E :


Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. A....

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet du Nord.

Copie pour information sera adressée au ministre de l’intérieur.


Fait à Lille, le 18 février 2026.




Le président,

signé

O. Cotte

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière,

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