lundi 29 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2407827 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mai 2024, M. A B demande au juge des référés la " suppression " ou " l'annulation " de la décision du 24 mai 2024 par laquelle le président de l'université de Lille a rejeté son recours gracieux contre la décision du 1er mars 2024 par laquelle il a refusé de faire droit à sa demande de maintien en fonctions au-delà de la limite d'âge.
Vu :
- la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision attaquée ;
- l'ordonnance n°2405306 du juge des référés du 28 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. " En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. M. B demande au juge des référés la " suppression " ou " l'annulation " de la décision du 24 mai 2024 par laquelle le président de l'université de Lille a rejeté son recours gracieux contre la décision du 1er mars 2024 par laquelle il a refusé de faire droit à sa demande de maintien en fonctions au-delà de la limite d'âge.
3. Il résulte de la mission impartie au juge des référés par l'article L. 511-1 du code précité que celui-ci ne peut, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B sont manifestement irrecevables.
4. Par ailleurs, si M. B produit à l'appui de la requête la décision du 27 mai 2024 de la section disciplinaire du conseil académique de l'université de Lille rejetant les poursuites engagées à son encontre, il ne précise pas la portée de la production de cette décision, favorable à son égard, à l'encontre de laquelle il n'a donc pas d'intérêt à faire appel, procédure qui ne relèverait pas du tribunal administratif.
5. Enfin, aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / () / Lorsque l'acte attaqué est de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique ou individuelle, ou à porter gravement atteinte aux principes de laïcité et de neutralité des services publics, le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué à cet effet en prononce la suspension dans les quarante-huit heures. La décision relative à la suspension est susceptible d'appel devant le Conseil d'Etat dans la quinzaine de la notification. En ce cas, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat ou un conseiller d'Etat délégué à cet effet statue dans un délai de quarante-huit heures ".
6. Si M. B qualifie à plusieurs reprises sa requête de demande de déféré-laïcité, il fait référence à l'un des motifs pour lesquels le préfet, à l'appui d'un déféré contre un acte d'une collectivité territoriale, peut en demander la suspension. Toutefois, le tribunal n'est pas l'autorité préfectorale et ne peut donc former de déféré, l'université n'est pas une collectivité territoriale et il ne ressort ni des pièces du dossier ni même des termes de la requête que la décision en cause ait un rapport avec la laïcité dont il n'est même pas allégué qu'elle aurait subi une atteinte de la part de l'université de Lille.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie pour information en sera adressée à l'université de Lille.
Fait à Lille, le 29 juillet 2024.
Le juge des référés,
signé
J.M. RIOU
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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